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Les fonds en euros sont-ils réellement garantis ?

Les fonds en euros sont-ils réellement garantis ?

Le fonds en euros est souvent présenté comme un placement sans risque, avec une garantie du capital qui séduit les épargnants prudents. Mais cette promesse est-elle aussi solide qu’elle en a l’air ? En réalité, la garantie repose sur des mécanismes précis, encadrés, mais parfois mal compris.

Qu’est-ce qu’un fonds en euros ?

Le fonds en euros est un support d’investissement disponible dans les contrats d’assurance-vie et dans certains plans d’épargne retraite (PER). Son principal atout ? Il offre une sécurité du capital, tout en permettant une rémunération annuelle grâce aux intérêts générés par les placements réalisés par l’assureur.

Lire aussi : Assurance-vie fonds en euros : quels sont les dangers ?

Définition et fonctionnement

Les fonds en euros sont constitués essentiellement d’obligations d’État ou d’entreprises, considérées comme peu risquées. Cette allocation prudente permet à l’assureur de garantir le capital net investi, tout en générant un rendement stable (mais non garanti). Selon les fonds, d’autres classes d’actifs peuvent y être intégrées en proportions limitées afin de dynamiser le rendement en limitant la prise de risque : immobilier, actions, actifs non cotés…

L’effet cliquet : capital garanti et intérêts acquis

Ce fonctionnement repose sur un principe fondamental : l’effet cliquet. Cela signifie que :

  • le capital investi ne peut pas baisser,
  • les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis et s’ajoutent au capital garanti.

Ce mécanisme assure donc une progression constante du capital, sans jamais revenir en arrière, même en cas de mauvaise performance des marchés. Cela fait du fonds en euros un placement de choix pour les épargnants prudents ou pour sécuriser une partie de leur épargne à moyen ou long terme.

Lire aussi : Faut-il investir dans un fonds euros en 2025 ?

La garantie en capital : une réalité… à nuancer

La garantie du capital est souvent présentée comme l’atout majeur des fonds en euros. Mais derrière cette promesse rassurante, plusieurs limites existent qu’il est essentiel de bien comprendre avant d’investir.

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Le principe de la garantie d’un fonds en euros

Contrairement à ce que certains épargnants imaginent, la garantie du capital n’est pas assurée par l’État. Elle repose uniquement sur l’engagement contractuel de l’assureur. Autrement dit, c’est la compagnie d’assurance elle-même qui s’engage à préserver votre capital net investi.

En cas de faillite de cet assureur, l’épargnant pourrait donc théoriquement perdre tout ou partie de son épargne. Ce scénario extrême reste rare, mais il rappelle que cette garantie n’a de valeur que si l’assureur reste solvable.

Afin de mieux protéger l’épargne des français, l’Etat a mis en place un fonds de garantie pour indemniser les épargnants en cas de faillite de leur assureur (FGAP). Cette garantie est plafonnée à 70 000 € par client et par assureur. Pour les épargnants les plus prudents et fortunés, cette limite peut s’avérer insuffisante.

Conseil de Goodvest : En raison de ce plafonnement, il est généralement recommandé de ne pas dépasser 70 000 euros d’encours dans un fonds en euros chez un unique assureur. 

La garantie intégrale ou partielle selon les contrats

La plupart des fonds en euros traditionnels garantissent 100 % du capital net investi, c’est-à-dire hors frais d’entrée. Cela signifie que l’épargnant récupère au minimum la somme qu’il a versée, sans pertes, quelle que soit l’évolution des marchés financiers.

Mais certains fonds spécifiques, comme les fonds euro-croissance ou certains fonds en euros dits “dynamiques”, ne garantissent le capital qu’à une échéance donnée (souvent 8 ans) ou en partie seulement. Ces fonds cherchent un compromis entre sécurité et performance, au prix d’une garantie amoindrie.

L’impact des frais de gestion et de l’inflation sur cette garantie

Même dans le cas d’un fonds à garantie intégrale, le capital peut voir sa rentabilité rognée par les frais de gestion, qui s’élèvent souvent entre 0,50 % et 1 % par an. Si le rendement brut du fonds est inférieur à ces frais, la performance nette peut être quasiment nulle, voire légèrement négative.

Par ailleurs, la garantie du capital protège donc la valeur nominale, mais pas nécessairement le pouvoir d’achat de l’épargnant, surtout en période d’inflation et/ou de faible rendement. Autrement dit, si votre rendement est inférieur à l’inflation, la valeur nominale de votre épargne augmente, mais son pouvoir d’achat diminue. Au réel, vous perdez de l’argent.

Lire aussi : Faut-il investir dans un fonds euros en 2025 ?

Comment les assureurs sécurisent-ils cette garantie ?

Pour tenir leur promesse de garantir le capital investi dans un fonds en euros, les compagnies d’assurance doivent mettre en place une gestion rigoureuse et prudente. Cette sécurité repose sur plusieurs mécanismes clés, à la fois réglementaires et techniques.

Composition du fonds : obligations souveraines et corporate

La majorité des actifs détenus par un fonds en euros sont investis en obligations d’État (souveraines) ou en obligations d’entreprises (corporate). Ces titres à revenu fixe sont choisis pour leur stabilité et leur prévisibilité, avec des échéances et des taux connus à l’avance.

Cette composition permet de générer un flux régulier de revenus, qui sert à financer les intérêts versés aux assurés. Plus le portefeuille est constitué d’obligations solides et bien notées, plus la capacité de l’assureur à honorer la garantie est assurée.

Bon à savoir : La garantie d’un fonds en euros repose indirectement sur la capacité des Etats jugés fiables à rembourser leur dette. Le défaut de paiement de l’un d’entre eux pourrait engendrer une déflagration financière entraînant une faillite en cascade des assureurs et autres institutions financières.

L’effet cliquet et la gestion prudentielle

Le principe de l’effet cliquet est au cœur de la sécurité des fonds en euros : chaque année, les intérêts générés et versés sont définitivement acquis. Cette logique oblige les assureurs à gérer les actifs avec prudence afin d’éviter toute perte.

La réglementation impose également aux assureurs de respecter des règles strictes de diversification, de liquidité et de solvabilité, contrôlées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Cette surveillance a pour but de réduire considérablement le risque de mauvaise gestion ou de prises de risques excessifs.

Le rôle de la provision pour participation aux bénéfices (PPB)

Les assureurs peuvent choisir de ne pas distribuer immédiatement l’intégralité des gains réalisés chaque année. Une partie des bénéfices peut être mise en réserve dans une provision pour participation aux bénéfices (PPB).

Cette réserve, mobilisable pendant jusqu’à 8 ans, permet de lisser les rendements dans le temps. En période difficile, l’assureur peut puiser dans cette PPB pour maintenir un niveau de rémunération stable et préserver la confiance des assurés, sans entamer la garantie du capital.

Conclusion : un niveau de garantie élevé, mais vulnérable aux risques systémique

Le fonds en euros reste, à ce jour, l’un des placements les plus sécurisés du marché pour les épargnants prudents. Grâce à la garantie du capital net investi, à l’effet cliquet et à une gestion prudentielle rigoureuse, il permet de préserver son épargne tout en générant un rendement modeste, mais régulier.

Cependant, cette sécurité repose sur des mécanismes internes au secteur assurantiel, et sur une garantie étatique limitée. En cas de choc systémique majeur (faillite d’un assureur, crise de liquidité, instabilité prolongée des marchés obligataires, faillite d’un État jugé fiable…) ce modèle peut être mis sous pression.

C’est pourquoi il est essentiel pour les épargnants de :

  • bien comprendre les limites réelles de la garantie du capital ;
  • s’assurer de la solidité financière de l’assureur choisi ;
  • et, si possible, diversifier leur allocation d’épargne pour ne pas tout miser sur un seul type de support.

Le fonds en euros n’est pas une illusion de sécurité. Mais pour qu’il tienne ses promesses, il doit être utilisé à bon escient, dans un cadre bien compris.

Questions fréquentes en Épargne et Patrimoine

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