Exclusion sectorielle

Tous les fonds dits responsables ne se valent pas. Derrière l'étiquette « ISR » ou « durable », les méthodes de sélection varient énormément. L'exclusion sectorielle est la plus ancienne et la plus simple à comprendre : elle consiste à écarter purement et simplement certains secteurs d'activité jugés nuisibles. C'est souvent le premier filtre qui distingue un fonds réellement exigeant d'un fonds qui se contente du label.

Qu'est-ce que l'exclusion sectorielle ?

L'exclusion sectorielle est une approche de l'investissement responsable qui consiste à retirer de l'univers d'investissement d'un fonds les entreprises appartenant à certains secteurs jugés néfastes pour la société ou l'environnement. On parle aussi de « filtrage négatif » : plutôt que de choisir d'abord les meilleures entreprises, on commence par éliminer celles que l'on ne veut financer à aucun prix.

Concrètement, un fonds qui applique une exclusion sectorielle s'interdit d'investir dans les entreprises qui tirent une part significative de leur chiffre d'affaires d'activités comme le tabac, l'armement ou le charbon. Le seuil de tolérance retenu (souvent 0 %, 5 % ou 10 % du chiffre d'affaires) varie d'un fonds à l'autre et détermine la sévérité réelle de la politique.

C'est l'approche historique de l'investissement socialement responsable (ISR), née de la volonté de certains investisseurs de ne pas financer des activités contraires à leurs valeurs.

Exclusion sectorielle ou exclusion normative : quelle différence ?

Ces deux approches sont souvent confondues, car toutes deux consistent à exclure des entreprises. Le critère d'exclusion, lui, n'est pas le même.

  • L'exclusion sectorielle écarte une entreprise en raison de son secteur d'activité, indépendamment de son comportement. Une entreprise du tabac est exclue parce qu'elle vend du tabac, même si elle est par ailleurs bien gérée ;
  • L'exclusion normative écarte une entreprise en raison de son comportement, lorsqu'elle viole des normes internationales comme les principes du Pacte mondial des Nations unies, les conventions de l'OIT ou les droits humains.

Autrement dit, l'exclusion sectorielle vise « ce que fait » l'entreprise, tandis que l'exclusion normative vise « comment elle le fait ». Dans la pratique, la plupart des fonds responsables combinent les deux pour couvrir à la fois les activités et les comportements problématiques.

Quels secteurs sont exclus par les fonds ISR ?

Les secteurs écartés varient selon les fonds et les convictions de la société de gestion. Certains reviennent toutefois de façon récurrente :

  • les énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz, responsables de l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre ;
  • l'armement, en particulier les armes controversées (mines antipersonnel, armes à sous-munitions, armes nucléaires) ;
  • le tabac ;
  • les jeux d'argent et le divertissement pour adultes ;
  • selon les fonds, l'alcool, le nucléaire ou les OGM.

Le charbon et les armes controversées font aujourd'hui l'objet d'un quasi-consensus parmi les fonds responsables. Pour les autres secteurs, les pratiques divergent fortement, ce qui explique qu'un même secteur puisse être exclu par un fonds et accepté par un autre. C'est pourquoi il est essentiel de lire la politique d'exclusion détaillée avant d'investir.

Exclusion sectorielle et label ISR

Depuis sa refonte, le référentiel du label ISR impose un socle d'exclusions obligatoires : le charbon, le tabac et les armes controversées sont désormais écartés des fonds labellisés. C'est une avancée réelle, mais le niveau d'exigence reste hétérogène, notamment sur les énergies fossiles, où les critères sont encore jugés trop souples par de nombreux observateurs.

Le label seul ne garantit donc pas une politique d'exclusion stricte. Pour juger réellement de l'exigence d'un fonds, il faut regarder la liste précise des secteurs exclus et les seuils de chiffre d'affaires appliqués.

Les limites de l'approche par exclusion

L'exclusion sectorielle est efficace pour éviter de financer certaines activités, mais elle a ses limites.

D'abord, elle ne transforme rien. En se contentant d'écarter une entreprise, l'investisseur cesse de la financer, mais n'agit pas sur ses pratiques. C'est pourquoi l'exclusion est souvent complétée par l'engagement actionnarial, qui consiste au contraire à rester investi pour peser sur les décisions de l'entreprise.

Ensuite, une politique d'exclusion peu ambitieuse, avec des seuils élevés ou une poignée de secteurs seulement, peut donner une fausse impression de rigueur. C'est l'un des terrains favoris du greenwashing : un fonds peut afficher quelques exclusions symboliques tout en conservant l'essentiel des entreprises problématiques en portefeuille.

Chez Goodvest : des exclusions parmi les plus strictes

Chez Goodvest, l'exclusion sectorielle est un filtre d'entrée non négociable. Les portefeuilles écartent l'ensemble des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), l'armement, le tabac et les autres activités les plus néfastes pour le climat et les droits humains. Cette politique d'exclusion stricte constitue la première étape d'une sélection qui combine ensuite analyse d'impact et mesure de l'empreinte carbone.

L'essentiel à retenir

L'exclusion sectorielle est le socle de l'investissement responsable : elle définit ce qu'un fonds refuse de financer. Distincte de l'exclusion normative, qui sanctionne les comportements, elle s'apprécie à travers la liste des secteurs écartés et la sévérité des seuils. Seule, elle ne suffit pas à garantir l'impact d'un placement, mais elle reste un repère simple et puissant pour distinguer un fonds réellement engagé d'un fonds opportuniste.

Félix Rivierre, Directeur de l’équipe Conseil
Échangez avec un conseiller Goodvest

Nos experts sont là pour vous accompagner

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes

Flèche gauche simple en noir.
Flèche droite simple de couleur gris foncé.