Meilleurs placements financiers non imposables en 2026

Placer son argent sans être imposé reste possible en France. Mais la liste des produits réellement concernés est plus courte qu'il n'y paraît, et leurs plafonds se remplissent vite. Beaucoup de placements présentés comme non imposables ne le sont qu'à moitié, ou seulement à condition d'attendre plusieurs années.

Seuls les livrets réglementés échappent réellement à l'impôt en 2026 : le Livret A et le LDDS servent 1,7 % net depuis le 1er août, le LEP 2,5 % net sous conditions de revenus, et le Livret Jeune au minimum 1,7 %.
- En cumulant Livret A, LDDS et LEP, un épargnant éligible place jusqu'à 44 950 € sans aucun impôt ni prélèvement social.
- Le PEA après 5 ans, l'assurance-vie après 8 ans et l'épargne salariale effacent l'impôt sur le revenu, mais pas les prélèvements sociaux.
- Un placement fiscalisé au prélèvement forfaitaire unique n'a besoin que de 2,48 % brut pour laisser autant qu'un Livret A à 1,7 % net (calcul illustratif, taux au 1er août 2026).
Quels placements sont vraiment non imposables en 2026 ?
En France, un gain peut être frappé par deux prélèvements distincts :
- l'impôt sur le revenu ;
- les prélèvements sociaux.
Un placement peut échapper aux deux, à un seul, ou n'être imposé qu'au moment du retrait.
C'est cette distinction qui sépare les placements réellement exonérés de ceux qui le sont à moitié.
Quatre niveaux existent :
- Exonération totale : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, sans condition de durée. C'est le cas des seuls livrets réglementés.
- Exonération d'impôt sur le revenu seulement : les prélèvements sociaux restent dus. C'est le cas du PEA après 5 ans, de l'assurance-vie après 8 ans sous abattement, et de l'épargne salariale.
- Fiscalité différée : rien n'est prélevé tant que l'argent reste dans l'enveloppe. C'est le mécanisme du PER.
- Fiscalité normale : le prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026). L'assurance-vie, le PEL, le CEL et le PEP conservent l'ancien taux de prélèvements sociaux de 17,2 %, soit 30 % au total.
Seul le premier niveau correspond à ce que l'on appelle un placement non imposable. Les trois autres allègent la fiscalité, ils ne l'annulent pas.
Lire aussi : Flat tax (PFU) en assurance-vie : ce qui change en 2026 !
Les livrets réglementés, seuls placements exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux
Ce sont les seuls produits dont les intérêts ne figurent nulle part sur votre déclaration de revenus.
Ils bénéficient d'une garantie de l'État à hauteur de 100 000 € par personne et par établissement. Cette garantie s'ajoute à la garantie des dépôts du FGDR qui couvre vos autres comptes, elle ne s'y substitue pas.
En cumulant un Livret A, un LDDS et un LEP, un épargnant éligible au LEP peut placer jusqu'à 44 950 € (22 950 + 12 000 + 10 000) sans aucun impôt ni prélèvement social.
Livret A : 1,7 % net, plafond 22 950 €
- Taux : 1,7 % net depuis le 1er août 2026, révisé tous les six mois
- Plafond de versement : 22 950 €, hors intérêts capitalisés
- Conditions : aucune, ouvert à tous, un seul par personne
- Disponibilité : immédiate, sans pénalité
Lire aussi : Livret A : quelles alternatives pour un meilleur rendement ?
LDDS : le complément du Livret A
Le Livret de développement durable et solidaire fonctionne exactement comme le Livret A, avec un plafond plus bas. Sa collecte est fléchée vers la transition écologique et l'économie sociale et solidaire.
- Taux : 1,7 % net, aligné sur le Livret A
- Plafond de versement : 12 000 €
- Conditions : être majeur et domicilié fiscalement en France
Il n'y a pas à choisir entre les deux, ils se cumulent. Un couple qui détient deux Livrets A et deux LDDS dispose de 69 900 € d'épargne totalement défiscalisée, hors LEP.
LEP : 2,5 % net, sous conditions de revenus
Le Livret d'épargne populaire est réservé aux foyers modestes. Parmi les placements à capital garanti, aucun ne laisse davantage net d'impôt et de prélèvements.
- Taux : 2,5 % net, maintenu jusqu'au 31 janvier 2027
- Plafond de versement : 10 000 €
- Conditions : revenu fiscal de référence (le montant qui figure sur votre avis d'imposition) inférieur ou égal à 23 028 € pour une personne seule, 35 326 € pour un couple, 47 624 € pour un couple avec deux enfants à charge (plafonds 2026, métropole)
Conseil de Goodvest : Si vous y êtes éligible, c'est le premier livret à ouvrir.
Lire aussi : LEP : avantages et inconvénients
Livret Jeune : pour les 12-25 ans
- Taux : fixé librement par la banque, mais jamais inférieur à celui du Livret A, soit au minimum 1,7 %
- Plafond de versement : 1 600 €
- Conditions : avoir entre 12 et 25 ans et être domicilié en France
Certains établissements servent des taux nettement supérieurs pour attirer une clientèle jeune.
Le plafond reste faible, ce qui en fait une première épargne plutôt qu'un support de constitution de patrimoine.
Bon à savoir : contrairement au Livret A, au LDDS et au LEP, le Livret Jeune relève de la garantie des dépôts du FGDR et non de la garantie de l'État. Il est donc décompté du plafond de 100 000 € qui couvre vos autres comptes dans la même banque.
PEAC : exonéré, mais sans garantie du capital
Le Plan d'épargne avenir climat est commercialisé depuis le 1er juillet 2024, et distribué par plusieurs réseaux bancaires, notamment les Banques Populaires et les Caisses d'Épargne.
- Rendement : non garanti, il dépend des marchés. Les versements sont investis sur des supports labellisés ISR ou Greenfin, orientés vers la transition écologique
- Plafond de versement : 22 950 €, comme le Livret A
- Conditions : réservé aux moins de 21 ans résidant en France
- Disponibilité : bloqué jusqu'aux 18 ans du titulaire, et pendant 5 ans minimum
Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ce qui en fait le seul placement totalement exonéré investi en titres.
La contrepartie est réelle : le capital n'est pas garanti et une perte est possible. Ce n'est pas un livret, mais un plan d'investissement.
Lire aussi : Plan épargne avenir climat (PEAC) : le guide complet
Les placements exonérés d'impôt sur le revenu, mais pas de prélèvements sociaux
Au-delà des livrets, plusieurs enveloppes effacent l'impôt sur le revenu sans effacer les prélèvements sociaux. Elles sont souvent présentées comme « non imposables », ce qui est un raccourci.
L'épargne salariale : 36 045 € exonérés d'impôt sur le revenu
Quand votre entreprise vous verse une prime d'intéressement ou de participation, vous avez quinze jours pour choisir entre l'encaisser ou la placer (sur un PEE ou un PER entreprise). Ce choix change entièrement sa fiscalité.
- Si vous l'encaissez : elle est imposée à votre taux marginal d'imposition (la tranche la plus élevée qui frappe vos revenus), comme un salaire.
- Si vous la placez sur un plan d'épargne entreprise dans les quinze jours : elle est totalement exonérée d'impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € en 2026 (soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 €).
Deux contreparties accompagnent ce choix :
- les sommes restent bloquées cinq ans sur un plan d'épargne entreprise, hors cas de déblocage anticipé (mariage, naissance, achat de la résidence principale, licenciement et quelques autres) ;
- la CSG-CRDS de 9,7 %, un prélèvement social allégé propre à l'épargne salariale, reste due dans tous les cas.
Si votre employeur abonde votre versement, l'abondement est lui aussi exonéré d'impôt sur le revenu.
Lire aussi : PEE ou PERCO : Comparatif détaillé (fiscalité, abondement, avantages...)
Le PEA après 5 ans
Le Plan d'épargne en actions permet d'investir en actions et ETF européens. Après cinq ans de détention, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
- Plafond de versement : 150 000 €
- Avant 5 ans : tout retrait entraîne la clôture du plan et l'imposition des gains au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %
- Tant que vous ne retirez rien : aucune fiscalité, quelle que soit l'ancienneté
Le capital investi en actions n'est pas garanti et peut baisser.
Bon à savoir : l'ancienneté fiscale court à partir du premier versement. Ouvrir un PEA tôt, même avec une somme symbolique, fait courir le délai de cinq ans sans vous obliger à investir davantage.
Lire aussi : Quel est le meilleur ETF PEA de 2026 ?
L'assurance-vie après 8 ans
Après huit ans, chaque foyer bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, sur la part de gains retirée.
Au-delà de cet abattement, les gains restent imposés :
- à 7,5 % d'impôt sur le revenu si vos versements cumulés sont inférieurs à 150 000 € ;
- à 12,8 % au-delà de 150 000 € de versements.
Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur la totalité des gains retirés, dès le premier euro, y compris sur la fraction couverte par l'abattement. Sur un fonds en euros, ils sont prélevés chaque année par l'assureur.
Avant huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou au barème de l'impôt sur le revenu si vous l'avez choisi.
Les unités de compte, c'est-à-dire les supports autres que le fonds en euros, ne garantissent pas le capital, mais peuvent offrir un potentiel de rendement supérieur.
Lire aussi :Assurance-vie : intérêt et rendement en 2026
Non imposable ne veut pas dire plus rentable
Un placement exonéré affiche un taux net. Un placement fiscalisé affiche un taux brut. Pour les comparer, il faut ramener le second au même terrain, c'est-à-dire calculer le taux brut d'équilibre : ce qu'un placement fiscalisé doit afficher pour vous laisser exactement autant qu'un Livret A à 1,7 % net.
Ces seuils se franchissent facilement :
- Le fonds en euros (capital garanti, épargne disponible) moyen du marché a servi 2,65 % en 2025, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux, selon l'ACPR. Après 17,2 % de prélèvements sociaux, il reste 2,19 % net, soit un demi-point de plus que le Livret A. Il reste en revanche sous le LEP à 2,5 % net.
- La moyenne masque des écarts considérables entre contrats. Notre fonds en euros Objectif Climat a servi 3,26 % en 2025, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux, soit 2,70 % net une fois les 17,2 % appliqués. À ce niveau, le Livret A et le LEP sont dépassés tous les deux.
Sources : ACPR, bilan 2025 de la revalorisation des contrats d'assurance-vie, publié en mars 2026 ; performances Goodvest. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le rendement d'une année n'est pas reconductible. Le capital d'un fonds en euros est garanti hors frais.
Lire aussi : Meilleurs fonds euros 2026 : classement et rendements nets
Le raisonnement consistant à dire qu’il faut « remplir d'abord ses livrets, investir ensuite » n'est donc pas une règle. C'est un réflexe, et il coûte de l'argent dès lors que la somme concernée n'a pas vocation à être utilisée à court terme.
L'horizon de la somme décide, pas l'exonération
L'avantage réel d'un livret réglementé n'est pas son exonération, c'est sa disponibilité immédiate et sa garantie.
Une somme dont vous pouvez avoir besoin demain y a sa place, quel que soit son taux. Une somme que vous n'utiliserez pas avant cinq ou dix ans n'a aucune raison d'y rester.
Ne choisissez pas un placement pour son avantage fiscal
Définissez d'abord le besoin, c'est-à-dire ce que cet argent doit financer, à quelle échéance, et quel niveau de risque vous acceptez pour y parvenir.
Dressez ensuite la liste des placements qui répondent à ce besoin. La fiscalité intervient en dernier, pour départager ceux qui restent.
Pris dans l'autre sens, le raisonnement conduit à bloquer cinq ans une somme dont vous aurez besoin dans deux, ou à laisser sur un livret plafonné un capital destiné à la retraite. L'économie d'impôt est réelle, mais elle coûte souvent plus cher que ce qu'elle ne rapporte.
Quel placement non imposable choisir selon votre situation ?
Sur l'épargne de précaution, le montant à conserver disponible dépend de votre situation : un salarié en CDI, un indépendant et une famille avec enfants n'ont pas le même besoin de réserve. Trois à six mois de dépenses courantes est un ordre de grandeur usuel, pas une règle.
Au-delà de cette réserve, la question n'est plus simplement fiscale, elle est aussi patrimoniale. Elle porte sur votre horizon, le risque que vous acceptez, et l'objectif que vous poursuivez. La fiscalité départage ensuite les solutions qui restent.
Investir au-delà des livrets avec Goodvest
Une somme qui dépasse votre épargne de précaution n'a pas à finir sur un livret par défaut. Il suffit qu'un placement fiscalisé serve 2,43 % brut pour laisser autant qu'un Livret A à 1,7 % net, et cela vaut avant même huit ans de détention.
L'assurance-vie couvre ces horizons dans une seule enveloppe, parce que l'allocation, elle, peut bouger. C'est le principe de la gestion pilotée de nos deux contrats, Goodvie et Goodlife : plus l'échéance est proche, plus le fonds en euros pèse dans le portefeuille ; plus elle s'éloigne, plus les unités de compte prennent le relais. Le fonds en euros Objectif Climat, disponible dans Goodlife, est classé Article 9 au sens du règlement européen SFDR et a servi 3,26 % en 2025, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux.
Passé huit ans, l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple allège la fiscalité de vos retraits. Sans plafond de versement, et sans renoncer au potentiel de performance de l'investissement durable.
Investir comporte un risque de perte en capital sur les unités de compte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations sont de nature pédagogique et générale, elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée.
Questions fréquentes en Stratégie d'investissement
Quels sont les livrets non imposables en 2026 ?
Quatre livrets sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : le Livret A et le LDDS (1,7 % net depuis le 1er août 2026), le LEP (2,5 % net, sous conditions de revenus) et le Livret Jeune (au minimum 1,7 %, réservé aux 12-25 ans).
Quel placement non imposable rapporte le plus ?
Le LEP, avec 2,5 % net et aucun prélèvement. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 23 028 € pour une personne seule en 2026. Si vous n'y êtes pas éligible, le Livret A et le LDDS offrent 1,7 % net sans condition.
Où placer son argent sans payer d'impôts ?
Sur les livrets réglementés, qui sont les seuls placements exonérés sans condition. Au-delà de leurs plafonds, l'épargne salariale, le PEA après 5 ans et l'assurance-vie après 8 ans effacent l'impôt sur le revenu, mais pas les prélèvements sociaux.
Combien peut-on placer sans payer d'impôts ?
Jusqu'à 44 950 € par personne en cumulant Livret A (22 950 €), LDDS (12 000 €) et LEP (10 000 €), à condition d'être éligible au LEP. Sans le LEP, le plafond cumulé descend à 34 950 €.
Le PEA est-il un placement non imposable ?
Partiellement. Après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus au moment du retrait. Avant 5 ans, un retrait clôture le plan et déclenche le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Un compte épargne non imposable, cela existe-t-il ?
Seulement s'il s'agit d'un livret réglementé. Les comptes sur livret proposés par les banques, y compris ceux affichant un taux promotionnel, sont fiscalisés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Un taux boosté à 3 % brut ne laisse que 2,06 % net.
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