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PAI (Principal Adverse Impacts)

PAI (Principal Adverse Impacts)

Derrière l'acronyme PAI se cache l'un des piliers les plus concrets de la finance durable européenne. Les Principal Adverse Impacts, traduits en français par « principales incidences négatives », sont les indicateurs qui mesurent les effets néfastes d'un investissement sur l'environnement et la société. Comprendre les PAI, c'est comprendre comment la réglementation tente de mettre des chiffres sur l'impact réel de votre épargne.

Qu'est-ce que les PAI (principales incidences négatives) ?

Les PAI, pour Principal Adverse Impacts, désignent les impacts négatifs les plus significatifs des décisions d'investissement sur les facteurs de durabilité. Ces facteurs couvrent l'environnement, les questions sociales, le respect des droits humains et la lutte contre la corruption.

La notion vient du règlement européen SFDR, qui l'a introduite pour obliger les acteurs financiers à mesurer et publier non seulement ce que leurs investissements financent de positif, mais aussi ce qu'ils provoquent de négatif. Autrement dit, un fonds peut afficher de belles intentions : les PAI servent à vérifier l'envers du décor.

Concrètement, les PAI prennent la forme d'une liste d'indicateurs chiffrés que les sociétés de gestion calculent sur leurs portefeuilles, puis publient.

Quels sont les indicateurs PAI ?

Le règlement SFDR définit une liste précise d'indicateurs. On compte 14 indicateurs obligatoires pour les investissements en entreprises, complétés par des indicateurs spécifiques aux dettes souveraines et à l'immobilier, ainsi qu'une série d'indicateurs optionnels.

Parmi les plus parlants :

  • les émissions de gaz à effet de serre et l'empreinte carbone du portefeuille ;
  • l'exposition aux énergies fossiles ;
  • la part d'énergies non renouvelables consommées et produites ;
  • les atteintes à la biodiversité, les émissions dans l'eau et les déchets dangereux ;
  • les violations des principes du Pacte mondial des Nations unies ou des principes directeurs de l'OCDE ;
  • l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes et la diversité des conseils d'administration ;
  • l'exposition aux armes controversées.

Ces indicateurs couvrent donc à la fois le climat, la biodiversité, le social et la gouvernance. Ils donnent une photographie bien plus complète que la seule empreinte carbone.

Qui est concerné par la déclaration PAI ?

La prise en compte des PAI s'applique aux acteurs des marchés financiers, c'est-à-dire principalement les sociétés de gestion, à deux niveaux.

Au niveau de l'entité, une société de gestion doit indiquer si elle prend en compte les principales incidences négatives de ses décisions d'investissement. Les plus grandes, au-delà de 500 salariés, y sont tenues ; les autres fonctionnent selon un principe « appliquer ou expliquer », qui les autorise à ne pas le faire à condition de le justifier.

Au niveau du produit, chaque fonds précise s'il intègre les PAI dans sa gestion et de quelle manière. Cette information figure dans la documentation réglementaire, aux côtés du classement Article 8 ou Article 9.

À quoi servent les PAI pour l'épargnant ?

Pour un investisseur particulier, les PAI ont un intérêt très concret : ils permettent de comparer objectivement l'empreinte réelle de deux fonds, au-delà des arguments marketing.

Depuis l'entrée en vigueur des préférences de durabilité, votre conseiller doit d'ailleurs vous demander si vous souhaitez que vos placements tiennent compte de ces incidences négatives. Les PAI deviennent ainsi un critère de choix, au même titre que le rendement ou le niveau de risque.

Ils restent toutefois imparfaits : la qualité des données varie d'une entreprise à l'autre, et un indicateur isolé peut être trompeur. C'est pourquoi ils se lisent comme un faisceau d'indices, et non comme une note unique.

PAI et exclusions : deux logiques complémentaires

Les PAI ne sont pas un outil d'exclusion en soi : ils mesurent, ils ne tranchent pas. Mais ils alimentent souvent les politiques de sélection. Une exposition élevée aux armes controversées ou aux énergies fossiles, révélée par un indicateur PAI, peut déclencher une exclusion sectorielle. Mesure et exclusion fonctionnent donc main dans la main.

Chez Goodvest

Chez Goodvest, l'analyse des incidences négatives, et en premier lieu l'empreinte carbone, fait partie intégrante de la sélection des fonds. Le cadre réglementaire des PAI évolue par ailleurs avec la révision du règlement SFDR, dont nous suivons les évolutions de près pour maintenir l'exigence de notre sélection.

L'essentiel à retenir

Les PAI, ou principales incidences négatives, sont les indicateurs par lesquels la finance durable mesure les dégâts potentiels d'un investissement sur la planète et la société. Issus du règlement SFDR, ils couvrent le climat, la biodiversité, le social et la gouvernance. Imparfaits mais précieux, ils offrent à l'épargnant un outil de comparaison concret pour distinguer les fonds réellement responsables des autres.

Félix Rivierre, Directeur de l’équipe Conseil
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Questions fréquentes

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