
Le Private Equity Infrastructure finance les réseaux d'énergie, de transport et les data centers essentiels à l'économie. Définition, marché, performances, fiscalité et critères de choix d'un fonds.
Private Equity Infrastructure : définition, marché, performances et comment investir

Qu'est-ce que le Private Equity Infrastructure ? Le fonds à impact Épopée Infra Climat Co-invest I se dédie au financement d'infrastructures qui soutiennent la décarbonation de l'économie française.
Qu'est-ce que le Private Equity Infrastructure ?
Définition
Le Private Equity Infrastructure (PE Infrastructure) est une classe d'actifs du capital-investissement qui consiste à investir dans des infrastructures, essentielles au fonctionnement de l'économie. Ces infrastructures regroupent notamment les réseaux d'énergie, les transports, les télécommunications, les centres de données, ainsi que les infrastructures liées à l'eau et au traitement des déchets.
Les investissements sont réalisés par des fonds de Private Equity. Ces fonds acquièrent des participations, c'est-à-dire des actions, dans des entreprises qui possèdent, exploitent ou développent ces infrastructures. Ils peuvent devenir actionnaires majoritaires ou minoritaires selon la stratégie d'investissement, ou investir dans des sociétés dédiées au développement d'un projet spécifique.
Les principales catégories d'actifs d'infrastructure comprennent :
- les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique) ;
- les énergies fossiles (pipelines, puits de pétrole, infrastructures gazières). Incompatibles avec les objectifs de transition énergétique, ces infrastructures sont exclues des portefeuilles Goodvest. Elles présentent en outre un risque élevé de devenir des actifs échoués (stranded assets), c'est-à-dire des actifs qui perdent une partie importante de leur valeur, voire deviennent économiquement non exploitables, en raison de l'évolution des réglementations, des technologies et de la baisse de la demande en énergies fossiles ;
- les infrastructures de transport (routes, ports, aéroports, réseaux ferroviaires) ;
- les utilities (eau, traitement des déchets, réseaux de gaz) ;
- les infrastructures de télécommunications (réseaux de fibre optique, tours télécoms, satellites) ;
- les centres de données (data centers) ;
- les infrastructures sociales, telles que les hôpitaux ou les établissements scolaires, notamment dans le cadre de partenariats public-privé.
Cette diversité permet une exposition à des moteurs de revenus très différents au sein d'une même classe d'actifs, ce qui en fait un puissant outil de diversification patrimoniale.
Lire aussi : Comment investir dans les infrastructures vertes ?
Greenfield vs Brownfield, Core vs Value-add
Pour bien comprendre le Private Equity Infrastructure, il faut saisir deux distinctions structurantes qui définissent le profil risque/rendement de chaque investissement.
La première oppose les actifs greenfield aux actifs brownfield.
- Les projets greenfield correspondent à la construction de nouvelles infrastructures comme un parc éolien ou une ligne de transport. Ils comportent un risque de construction plus élevé, lié aux délais et aux dépassements de coûts potentiels, mais offrent en contrepartie un potentiel de rendement supérieur.
- Les actifs brownfield, déjà construits et en exploitation, génèrent des revenus immédiats et offrent une meilleure visibilité sur les flux de trésorerie, une sécurité appréciable pour les investisseurs plus prudents.
La seconde distinction porte sur la stratégie d'investissement.
- Les approches core et core+ ciblent des actifs matures et très prévisibles, comme des autoroutes à péage ou des réseaux d'eau, dont les revenus sont stables et faiblement corrélés aux cycles économiques.
- À l'inverse, les stratégies value-add impliquent un niveau de risque plus élevé, en contrepartie d'un potentiel de création de valeur supérieur. Elles consistent par exemple à acquérir un parc éolien existant afin d'en augmenter la capacité de production, ou un centre de données nécessitant des travaux d'extension et de modernisation pour améliorer sa performance et accroître sa rentabilité.
Une quatrième approche, dite opportunistic, se situe à l'extrémité du spectre. Elle vise des actifs à construire intégralement, des situations de retournement ou des marchés émergents. La création de valeur y prime sur la régularité des flux, avec un niveau de risque nettement supérieur. Le gradient est continu : plus la stratégie s'éloigne d'actifs matures et régulés, plus le rendement visé est élevé, et plus le risque de perte l'est également.
Les revenus sont généralement sécurisés par des contrats de long terme compris entre 5 et 15 ans, des concessions publiques ou des cadres réglementaires, ce qui confère à cette classe d'actifs une stabilité plus forte que d’autres classes d’actifs de l'univers du non coté.
Quels sont les 4 types d'infrastructures ?
Au-delà des stratégies d'investissement, les actifs d'infrastructure se regroupent en quatre grandes familles :
- Les infrastructures de transport : routes, ports, aéroports, réseaux ferroviaires.
- Les infrastructures d'énergie et d'environnement : production renouvelable, réseaux de distribution, eau, traitement des déchets.
- Les infrastructures numériques : fibre optique, tours télécoms, centres de données.
- Les infrastructures sociales : hôpitaux, établissements scolaires, souvent portées par des partenariats public-privé.
Que représente le marché de l'infrastructure ?
Un marché mondial en pleine croissance
Le Private Equity Infrastructure est aujourd'hui l'une des classes d'actifs privés les plus dynamiques au monde. Selon BCG, les actifs sous gestion sont passés d'environ 400 milliards de dollars en 2015 à 1 600 milliards de dollars en 2025, soit un quadruplement en dix ans (source : BCG, Infrastructure Strategy).
En France, la dynamique est tout aussi soutenue. En 2024, les fonds d'infrastructure ont investi 10,9 milliards d'euros dans 189 projets. Les fonds français confirment par ailleurs leur attractivité à l'international : près de 80 % des capitaux qu'ils lèvent proviennent de l'étranger (source : Activité des acteurs du capital-investissement français).
Les moteurs structurels à long terme
Selon le Global Infrastructure Outlook, le déficit mondial d'investissement dans les infrastructures pourrait atteindre 15 000 milliards de dollars d'ici 2040 si les tendances actuelles d'investissement se poursuivent. Face aux contraintes budgétaires croissantes des États, les capitaux privés sont devenus indispensables pour financer la transformation des infrastructures mondiales. (Source : Les investissements mondiaux dans les infrastructures devront atteindre 97 000 milliards de dollars d'ici 2040.).
Cette croissance est ancrée dans des besoins structurels considérables. La transition énergétique en est le moteur principal. Selon France Invest, en 2025, les énergies renouvelables représentaient environ 63% des projets d'infrastructure financés et 47% des montants investis. (Source : Activité des acteurs du capital-investissement français).
Mais d'autres mégatendances alimentent cette dynamique :
- L’intelligence artificielle entraîne une explosion de la demande en data centers et en fibre optique.
- Le vieillissement des infrastructures existantes génère d'importants besoins de modernisation.
- Et la montée des risques climatiques impose des investissements croissants dans des infrastructures plus résilientes.
Les data centers, premier poste d'investissement du marché
Cette dynamique se mesure. Selon BCG, les investissements mondiaux en centres de données ont atteint un record de 50 milliards de dollars en 2024, contre 11 milliards en 2020, soit une multiplication par plus de quatre en quatre ans. L'effet dépasse le seul segment numérique : alimenter et raccorder ces installations tire à son tour les besoins en production électrique et en réseaux de transport, deux segments historiques de l'infrastructure.
Les acteurs du marché français
La France dispose d'un écosystème de sociétés de gestion spécialisées parmi les plus développés d'Europe. Antin Infrastructure Partners gérait 33,3 milliards d'euros d'encours fin 2024, en hausse de 7,2 % sur un an. Meridiam gère environ 23 milliards d'euros et plus de 130 projets depuis sa création. Ardian, InfraVia, Mirova et Vauban Infrastructure Partners complètent ce paysage, aux côtés de gérants régionaux comme Épopée Gestion, spécialisés sur des projets de taille plus modeste et ancrés dans les territoires.
Lire aussi : Comment investir dans les énergies renouvelables ?
Quelles performances pour le Private Equity Infrastructure ?
Rendement, résilience et illiquidité
Sur la période 2000–2023, le Private Equity Infrastructure a délivré des rendements nets de frais annualisés compris entre 7% et 12%* selon les stratégies et les millésimes (OCDE, 2023 ; Preqin, 2024 ; EDHECinfra, 2024). Cette performance repose sur trois moteurs complémentaires :
- Des revenus contractuels souvent indexés sur l'inflation,
- Une valorisation progressive des actifs sur la durée,
- Une prime d'illiquidité liée à l'engagement long terme des investisseurs.
Lors des grandes crises, financière en 2008, sanitaire en 2020, inflationniste en 2022, les infrastructures ont démontré une résilience notable. Leur faible corrélation aux marchés cotés s’explique par la nature contractuelle et régulée de leurs revenus : concessions autoroutières, contrats d’achat d’électricité de long terme, distribution d’eau. Comme l’immobilier, elles bénéficient par ailleurs d’un ancrage dans des actifs tangibles, dont la valeur intrinsèque constitue un facteur de solidité supplémentaire pour les investisseurs. Ces flux de trésorerie relativement prévisibles en font un stabilisateur naturel au sein d’un portefeuille diversifié.
Cette résilience en période de crise ne signifie pas que la classe d'actifs échappe aux cycles de valorisation. En France, l'étude annuelle France Invest / EY situe le TRI net des fonds d'infrastructure à 12,2 % sur dix ans (2015-2024), pour un multiple de 1,34x. Sur la même période, l'ensemble du capital-investissement français affiche 12,4 %, contre 8,9 % pour le CAC 40 : l'infrastructure se situe donc légèrement en deçà de la moyenne du capital-investissement, tout en restant nettement au-dessus des marchés cotés.
Ce niveau est par ailleurs en recul, le TRI dix ans étant passé de 13,7 % fin 2023 à 12,2 % fin 2024, l'étude relevant que les fonds d'infrastructure figurent parmi les segments les plus affectés sur cet horizon. Et surtout, la moyenne masque des écarts considérables entre gérants (source : France Invest / EY, performance nette à fin 2024, juillet 2025).
Cette performance a néanmoins une contrepartie : l'illiquidité. Avec un horizon de détention de 8 à 15 ans et des possibilités de sortie intermédiaire limitées, cette classe d'actifs n'est adaptée qu'aux capitaux dont l'investisseur n'aura pas besoin à court terme. À cela s'ajoutent des risques spécifiques :
- Risque de construction pour les actifs greenfield,
- Risque réglementaire en cas de révision des cadres tarifaires,
- Risque de taux particulièrement visible lors de la remontée de 2022-2023,
- Risque opérationnel,
- Risque de change pour les fonds à exposition internationale.
La dispersion des performances entre gérants
C'est la donnée la plus éclairante pour un investisseur, et la plus rarement citée. Sur l'ensemble des fonds d'infrastructure suivis depuis leur origine, le quartile supérieur affiche un TRI net de 17,5 %, quand le dernier quartile ressort à -5,8 %, soit une performance négative.
Autrement dit, sur cette classe d'actifs, le choix du gérant ne détermine pas seulement l'ampleur du gain : il détermine s'il y a un gain. Un fonds d'infrastructure peut faire perdre de l'argent à ses porteurs. C'est ce qui rend l'analyse de l'équipe de gestion et de son track record déterminante (source : France Invest / EY, données à fin 2024 ; dispersion calculée par nombre de véhicules).
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La valeur de votre investissement peut fluctuer à la hausse comme à la baisse et n'est pas garantie. Investir sur les marchés financiers présente un risque de perte en capital.
Lire aussi : Comment investir dans le non coté ?
Comment fonctionne un fonds de Private Equity Infrastructure ?
Qui fait quoi : société de gestion et investisseurs
Un fonds de Private Equity Infrastructure réunit deux rôles distincts.
La société de gestion (le general partner, ou GP) sélectionne les projets, négocie les acquisitions, siège aux organes de gouvernance des sociétés de projet et pilote les actifs jusqu'à leur revente. C'est elle qui porte l'expertise industrielle : construire un parc éolien ou moderniser un centre de données ne s'improvise pas.
Les investisseurs (les limited partners, ou LP) apportent les capitaux. Leur responsabilité est limitée à leur engagement et ils n'interviennent pas dans les décisions d'investissement. Institutionnels et particuliers y côtoient les mêmes projets, avec des tickets d'entrée différents.
Le cycle de vie : pourquoi votre argent n'est pas appelé en une fois
C'est le point le plus contre-intuitif pour un investisseur qui découvre le non coté, et celui qui explique la plupart des malentendus sur les rendements affichés.
Quand vous vous engagez sur 100 000 euros, cette somme n'est pas prélevée le jour de la souscription. Le fonds procède par appels de capitaux successifs, au fur et à mesure qu'il identifie des projets. Vous pourriez ainsi verser 30 000 euros la première année, 25 000 la deuxième, et le solde les années suivantes. Un fonds vit généralement en quatre temps :
- La levée : le fonds collecte les engagements des investisseurs jusqu'à atteindre sa taille cible.
- La période d'investissement : les capitaux sont appelés et déployés dans les sociétés de projet. C'est la phase où le capital travaille sans produire grand-chose, les infrastructures étant souvent en construction.
- La gestion des actifs : les projets entrent en exploitation et commencent à générer des flux de trésorerie.
- Les distributions et la sortie : les revenus sont reversés, puis les actifs sont cédés en fin de vie du fonds.
TRI, rendement annuel, multiple : trois mesures différentes
Cette mécanique d'appels progressifs a une conséquence directe sur la façon de lire une performance. Trois indicateurs coexistent, et les confondre conduit à des comparaisons fausses :
- Le TRI (taux de rendement interne) tient compte de la date de chaque versement et de chaque distribution. Comme votre argent n'est pas immobilisé dès le premier jour, le TRI est mécaniquement supérieur au rendement calculé sur la totalité de l'engagement.
- Le rendement annuel moyen rapporte le gain à la somme investie, sans pondérer par le temps. C'est souvent la mesure citée pour la phase d'exploitation, une fois les actifs en service.
- Le multiple indique combien de fois la mise est restituée au total. Un multiple de 2x signifie que 100 000 euros investis ont été rendus à hauteur de 200 000 euros sur toute la durée du fonds.
Un même fonds peut donc afficher simultanément un TRI cible à deux chiffres, un rendement annuel plus modeste sur sa phase d'exploitation et un multiple supérieur à 2. Ces chiffres ne se contredisent pas : ils ne mesurent pas la même chose. Aucun d'eux n'est garanti.
Les frais : qui se rémunère, et quand
Le tableau comparatif plus bas détaille les frais de chaque fonds. Encore faut-il savoir ce que recouvrent ces lignes.
Le droit d'entrée est prélevé à la souscription. Les frais de gestion rémunèrent la société de gestion chaque année et couvrent la recherche de projets, le suivi des participations et les coûts de fonctionnement du fonds.
Le carried interest obéit à une logique différente : c'est une part des plus-values (souvent 20 %) qui revient à l'équipe de gestion, mais seulement si la performance dépasse un seuil minimal appelé hurdle rate. Tant que ce seuil n'est pas atteint, l'équipe ne touche rien sur la plus-value. Ce mécanisme aligne les intérêts du gérant sur ceux des investisseurs : il n'est intéressé qu'à partir du moment où les porteurs de parts ont eux-mêmes obtenu un rendement minimum.
À noter : les objectifs de rendement communiqués par les fonds sont exprimés nets de frais, mais ils restent des objectifs, non des engagements.
Fiscalité et modes de détention
Deux chemins mènent au Private Equity Infrastructure, et le choix entre les deux n'est pas seulement une question de ticket d'entrée : il change la fiscalité, la liquidité et les conditions de sortie.
Investir en direct via un FCPR
Le FCPR (fonds commun de placement à risques) est le véhicule le plus courant pour accéder au non coté en direct.
Le régime fiscal du FCPR dit « fiscal » (article 163 quinquies B du Code général des impôts) est attractif, à conditions strictes. Le fonds doit investir au moins 50 % de son actif dans des titres de sociétés européennes non cotées. De votre côté, vous devez conserver vos parts pendant au moins cinq ans et réinvestir les distributions perçues pendant cette période.
Si ces conditions sont respectées, les distributions et les plus-values de cession sont exonérées d'impôt sur le revenu.
Attention toutefois à ne pas lire « exonération » comme « aucune imposition » : les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). En l'absence d'exonération, les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
Investir au sein d'une assurance-vie
Certains fonds d'infrastructure sont accessibles comme unités de compte dans un contrat d'assurance-vie. Le ticket d'entrée y est nettement plus faible, et trois différences méritent d'être connues.
La fiscalité est celle de l'assurance-vie, pas celle du FCPR. Tant que les fonds restent dans le contrat, il n'y a pas d'imposition. En cas de rachat, c'est la fiscalité du contrat qui s'applique, avec l'abattement annuel sur les gains après huit ans de détention.
Les prélèvements sociaux y sont restés à 17,2 %, l'assurance-vie faisant partie des placements que la hausse du 1er janvier 2026 n'a pas concernés. À gain égal, l'écart avec une détention en direct est donc de 1,4 point.
La liquidité est différente. Les conditions de rachat sont celles du contrat, généralement plus souples que le blocage intégral d'un fonds détenu en direct. Cette souplesse a une contrepartie : les frais du contrat s'ajoutent à ceux du fonds, et l'assureur peut limiter la part d'unités de compte non cotées dans le contrat.
À savoir : le dispositif d'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), qui permet à un chef d'entreprise de reporter l'imposition d'une plus-value en réinvestissant dans certains fonds, ne concerne pas tous les véhicules : chaque fonds indique s'il est éligible ou non.
Comment choisir un fonds de Private Equity Infrastructure ?
Sur une classe d'actifs où l'argent est immobilisé plus de dix ans, le choix du fonds pèse davantage que le point d'entrée. Cinq critères méritent un examen attentif.
- La stratégie et les secteurs visés. Un fonds concentré sur des projets en construction n'a pas le même profil qu'un fonds investi dans des actifs déjà en exploitation. Vérifiez la répartition entre greenfield et brownfield, les secteurs ciblés et la zone géographique.
- L'équipe de gestion. L'infrastructure est un métier industriel autant que financier : construire, raccorder, exploiter. L'expérience opérationnelle de l'équipe, sa connaissance des cadres réglementaires et son réseau local comptent au moins autant que son pedigree financier.
- Le track record, lu avec prudence. Les performances passées d'un gérant ne préjugent pas de ses performances futures. Elles renseignent en revanche sur sa capacité à mener des projets jusqu'à la sortie. Regardez les fonds précédents arrivés à terme, pas seulement les valorisations intermédiaires.
- La structure de frais dans son ensemble. Droit d'entrée, frais de gestion annuels, carried interest et hurdle rate se combinent. Un carried élevé assorti d'un hurdle exigeant peut être plus favorable qu'un carried faible sans seuil de déclenchement.
- La diversification du portefeuille. Le nombre de projets, leur répartition sectorielle et leur étalement dans le temps déterminent votre exposition au risque spécifique d'un actif qui décevrait.
Fonds ESG : lire au-delà du label
La transition énergétique étant le premier moteur du marché, la quasi-totalité des fonds d'infrastructure se présentent aujourd'hui comme durables. Trois éléments permettent de distinguer un engagement réel d'un argument commercial :
- La classification SFDR. Un fonds classé Article 9 poursuit un objectif d'investissement durable, plus exigeant que l'Article 8 qui se contente de promouvoir des caractéristiques environnementales ou sociales.
- Les exclusions effectives. Un fonds réellement aligné sur la transition exclut les énergies fossiles. Au-delà du principe, ces actifs présentent un risque financier propre : celui de devenir des stranded assets, dont la valeur s'effondre avec l'évolution des réglementations et de la demande.
- Les indicateurs d'impact mesurables. Tonnes de CO2 évitées, capacité renouvelable installée, alignement avec la taxonomie européenne : un objectif chiffré et vérifiable vaut mieux qu'une déclaration d'intention.
Épopée Infra Climat Co-invest I : un fonds de Private Equity Infrastructure durable
C'est dans cet esprit que Goodvest propose un accès au fonds Épopée Infra Climat Co-invest I, géré par Épopée Gestion, société de gestion à mission dont l'objectif est d’avoir un impact territorial positif avec un ancrage fort dans les régions françaises.
La thèse du fonds repose sur l’idée que la décarbonation de l'économie française passera par les territoires. En ciblant des projets d'infrastructure climatique à l'échelle locale, Épopée Gestion entend créer une valeur économique et environnementale mesurable, adossée à trois piliers :
- Des actifs à impact direct et vérifiable,
- Un ancrage territorial favorisant l'emploi local,
- Une discipline de valorisation fondée sur des flux de trésorerie contractuels.
Exemple d'entreprise investie
EnerVivo développe des centrales agrivoltaïques installées sur des exploitations agricoles, combinant production d’électricité solaire et protection des cultures grâce à des ombrières adaptées. Ce modèle permet de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques (gel, grêle, sécheresse) tout en contribuant à la transition énergétique.
Les solutions agrivoltaïques peuvent également réduire la consommation d’eau agricole de l’ordre de 12% à 37% dans certaines configurations, notamment grâce à des panneaux ajustables et à des systèmes de pilotage intelligents, tout en améliorant le potentiel hydrique des sols jusqu’à +63%. EnerVivo s’inscrit ainsi dans une logique de souveraineté énergétique territoriale, en produisant une électricité locale au plus près des besoins des zones rurales.
Conditions d'investissement
Le fonds s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels et aux particuliers disposant d'un patrimoine déjà diversifié. Avec un ticket d'entrée de 30 000€ minimum, ce fonds nécessite une capacité d'investissement et une vision patrimoniale à long terme.
Cet investissement présente une illiquidité totale pendant toute la durée de vie du fonds. Aucun rachat n'est possible durant les 12 ans voire plus si prorogation, sauf circonstances exceptionnelles strictement encadrées. Cette contrainte rend l'investissement inadapté aux investisseurs ayant des besoins de liquidité à court ou moyen terme. Il convient de ne consacrer à ce type de fonds qu'une part limitée de son patrimoine global (généralement moins de 20%).
Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs.
Épopée Infra Climat Co-invest I face à Eiffel Infrastructures Vertes
Épopée Infra Climat Co-invest I et Eiffel Infrastructures Vertes sont deux fonds d’infrastructure orientés vers la transition énergétique, mais ils diffèrent fortement dans leur logique financière, leur stratégie d’investissement et leurs conditions d’accès chez Goodvest.
Épopée Infra Climat Co-invest I suit une approche de co-investissement en equity direct, concentrée sur des projets d’infrastructures bas carbone en phase de développement, avec un profil plus risqué mais un potentiel de création de valeur élevé lié à la construction et à la mise en service des actifs. À l’inverse, Eiffel Infrastructures Vertes adopte une stratégie plus diversifiée et défensive, combinant dette privée dans des actifs déjà partiellement ou totalement opérationnels.
Lire aussi : FCPR Eiffel infrastructures vertes : le fonds idéal pour votre assurance vie ISR ?
Processus de souscription avec Goodvest
Notre accompagnement se déroule en 4 étapes pour sécuriser votre décision d'investissement :
- Découverte de l'offre Private Equity. Rendez-vous sur goodvest.fr/private-equity pour explorer notre sélection de fonds de capital-investissement à impact et comprendre les spécificités de cette classe d'actifs.
- Pré-souscription et documentation. Effectuez votre pré-souscription en ligne pour recevoir l'ensemble de la documentation réglementaire : présentation détaillée du fonds, document d'informations clés pour l'investisseur (DICI), prospectus complet et conditions générales.
- Conseil personnalisé. Prenez rendez-vous avec un conseiller privé Goodvest pour :
- Analyser l’adéquation de Épopée Infra Climat Co-invest I avec votre profil patrimonial
- Définir l’allocation optimale au sein de votre portefeuille
- Étudier les implications fiscales
- Poser vos questions spécifiques sur le fonds
- Souscription accompagnée. Une fois votre décision prise, votre conseiller vous accompagne dans toutes les formalités de souscription et assure le suivi de votre investissement tout au long de la vie du fonds.
Tableau récapitulatif : Épopée Infra Climat Co-invest I
Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs. La valeur de votre investissement peut fluctuer à la hausse comme à la baisse et n'est pas garantie. Investir sur les marchés financiers présente un risque de perte en capital.
Questions fréquentes en Stratégie d'investissement
Est-il judicieux d’investir dans un fonds d’infrastructure ?
Un fonds d’infrastructure peut renforcer la diversification d’un patrimoine : revenus contractuels de long terme souvent indexés sur l’inflation, faible corrélation aux marchés cotés et exposition à des besoins structurels comme la transition énergétique ou le numérique. En contrepartie, cet investissement présente un risque de perte en capital, une liquidité très limitée et un horizon long, souvent supérieur à dix ans. Il ne convient donc qu’à la part de votre épargne dont vous n’aurez pas besoin à court terme, en complément d’un portefeuille déjà diversifié.
Quelle est la différence entre le Private Equity Infrastructure et le Private Equity classique ?
Les deux investissent dans le non coté, mais pas dans les mêmes actifs. Le Private Equity classique achète des parts d’entreprises (start-up, PME en croissance, opérations de transmission) dont la valeur dépend surtout de leur développement commercial. Le Private Equity Infrastructure finance des actifs physiques essentiels (réseaux d’énergie, transport, data centers) qui génèrent des revenus contractuels de long terme, souvent régulés ou indexés sur l’inflation. Son profil est en général plus défensif, avec des flux plus prévisibles, mais il reste exposé au risque de perte en capital et à une forte illiquidité.
Quel est le plus gros fonds d’infrastructure au monde ?
Le plus gros fonds d’infrastructure fermé jamais levé est Brookfield Infrastructure Fund V, clos fin 2023 avec 28 milliards de dollars d’engagements (environ 30 milliards en incluant les co-investissements). Côté sociétés de gestion, Macquarie Asset Management, Brookfield et Global Infrastructure Partners figurent parmi les plus gros gérants mondiaux d’infrastructures. La taille d’un fonds n’est toutefois pas un gage de qualité : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Combien de temps votre argent est-il bloqué dans un fonds d’infrastructure ?
En direct, via un FCPR ou un fonds professionnel, l’épargne est généralement immobilisée entre 8 et 15 ans, la durée de vie du fonds, avec des possibilités de sortie anticipée rares et souvent pénalisantes. En unités de compte d’une assurance-vie, ce sont les conditions de rachat du contrat et du fonds qui s’appliquent, avec une liquidité en général plus souple. Dans tous les cas, n’investissez que des capitaux dont vous n’aurez pas besoin pendant la durée de blocage : l’investissement en infrastructure comporte un risque de perte en capital.
Quels sont les meilleurs fonds d’infrastructure ?
Il n’existe pas de « meilleur » fonds dans l’absolu : le bon véhicule dépend de la stratégie, des secteurs visés et de votre horizon. Cinq critères aident à comparer :
- La stratégie : greenfield ou brownfield, core ou value-add, et la diversification du portefeuille de projets.
- L’équipe de gestion : son expérience opérationnelle et sa connaissance des cadres réglementaires.
- Le track record du gérant sur plusieurs millésimes.
- Les frais : droit d’entrée, frais de gestion annuels, carried interest.
- L’ambition environnementale réelle : classification SFDR et objectifs mesurables.
La dispersion des performances entre gérants est particulièrement forte sur cette classe d’actifs : l’analyse compte davantage que la taille du fonds, et tout investissement en fonds d’infrastructure présente un risque de perte en capital.
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