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Eiffel Infrastructures Vertes : notre avis sur ce FCPR (performances, frais, liquidité)

Eiffel Infrastructures Vertes : notre avis sur ce FCPR (performances, frais, liquidité)

Proposé depuis 2022 dans une dizaine de contrats d'assurance-vie et de plans d'épargne retraite, le FCPR Eiffel Infrastructures Vertes est devenu l'une des portes d'entrée les plus courantes vers le non coté responsable pour les épargnants français. Il finance des centrales solaires, des parcs éoliens et des unités de méthanisation, essentiellement par de la dette privée. Reste ce que les fiches produit laissent en suspens : ce qu'il rapporte réellement, ce qu'il coûte, et à quelles conditions on peut en ressortir.

L’essentiel

Eiffel Infrastructures Vertes affiche une performance annualisée de 5,9 % depuis sa création en septembre 2022, arrêtée au 30 janvier 2026. Ce niveau se situe au-dessus du TRI cible de 4 % inscrit au règlement du fonds, mais en deçà des 6 à 7 % nets annoncés par le gérant, et la tendance récente est orientée à la baisse.

  • Les frais courants du fonds ressortent à 2,17 % par an, ni frais d'entrée ni frais de sortie au niveau du fonds ; les frais de votre contrat s'y ajoutent.
  • Les rachats sont plafonnés : ils sont centralisés chaque semaine dans la limite d'un montant calculé sur la trésorerie disponible, et la société de gestion peut activer des gates.
  • Le fonds n'est pas accessible en direct : il se souscrit via une assurance-vie, un contrat de capitalisation ou un plan d'épargne retraite qui le référence.
  • Il est classé article 9 au sens du règlement SFDR et labellisé Greenfin, mais il ne détient pas le label ISR.

Quelle performance affiche réellement Eiffel Infrastructures Vertes ?

Au 30 janvier 2026, la part C du fonds affiche une performance annualisée de 5,9 % depuis sa création, nette des frais du fonds et hors frais de contrat, selon la lettre d'information publiée par Eiffel Investment Group en mars 2026. C'est le chiffre de référence : il couvre l'intégralité de la vie du fonds depuis le 15 septembre 2022.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

Les performances publiées par Eiffel Investment Group depuis 2022

Le gérant a communiqué à deux reprises des chiffres consolidés, qui permettent de reconstituer la trajectoire.

Performances et indicateurs
Date d'arrêté Indicateur publié Valeur
15 septembre 2023 performance nette de la première année +5,82 %
14 mars 2025 performance sur un an glissant +7,39 %
29 août 2025 performance sur un an glissant +6,21 %
30 janvier 2026 performance annualisée depuis la création +5,9 %

Ces données concernent la part C, nettes des frais du fonds mais hors frais du contrat d'assurance-vie. Sources : Eiffel Investment Group, lettre d'information du 4e trimestre 2023, communiqué du 20 mars 2025, lettres d'information n° 91 de septembre 2025 et n° 92 de mars 2026.

Le gérant ne publie pas de performance par année civile : les dates d'arrêté ci-dessus sont celles de ses propres communications, ce qui explique l'irrégularité des intervalles.

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Un rendement en décélération depuis le printemps 2025

La performance sur un an glissant a culminé à 7,39 % au 14 mars 2025, après une première année à 5,82 %. Elle revient à 6,21 % au 29 août 2025, et la performance annualisée depuis l'origine s'établit à 5,9 % au 30 janvier 2026.

Le fonds reste ainsi au-dessus du TRI cible de son règlement sur toute la période observée. Mais la trajectoire s'est inversée après le premier trimestre 2025.

Ce ralentissement peut s'expliquer par la mécanique d'un fonds de dette privée d'infrastructures. Les financements les plus anciens, conclus dans un environnement de taux élevés, arrivent progressivement à remboursement, 13 des 40 financements réalisés l'étaient déjà au 30 janvier 2026. Ils sont remplacés par des opérations négociées dans des conditions de marché différentes.

Ce que dit le règlement : un TRI cible supérieur à 4 %

Trois chiffres circulent pour ce même fonds, et ils ne recouvrent pas la même chose :

  • le règlement fixe un objectif de taux de rentabilité interne (TRI) annuel net supérieur à 4 %, seul engagement de nature contractuelle, et non garanti ;
  • le document d'informations clés du 16 avril 2026 retient un scénario intermédiaire à 7,40 % par an sur cinq ans et un scénario défavorable à −3,57 % par an, projections réglementaires et non prévisions ;
  • la communication commerciale du gérant évoque un objectif de 6 à 7 % nets annualisés.

Nous retenons pour notre part la performance réalisée : c'est la seule donnée observable, et elle situe le fonds au-dessus de son engagement contractuel, en deçà de son objectif affiché.

Que finance concrètement ce FCPR d'infrastructures ?

Un FCPR est un fonds commun de placement à risques, c'est-à-dire un véhicule investi majoritairement en titres de sociétés non cotées.

Celui-ci a la particularité d'être evergreen : constitué pour 99 ans, il reste ouvert à la souscription en permanence, sans période de commercialisation fermée ni date de liquidation programmée.

De la dette privée sur des projets d'énergie renouvelable européens

Contrairement à ce que le mot « non coté » laisse souvent entendre, le fonds ne prend pas de participations au capital de start-up. Il prête.

Sa poche d'actifs privés, qui représente 80 à 90 % des investissements, est constituée d'obligations simples ou convertibles et de prêts consentis directement à des sociétés de projet : celles qui détiennent et exploitent des centrales solaires, des parcs éoliens, des unités de méthanisation, des batteries de stockage ou des bornes de recharge.

Le solde, entre 10 et 20 %, est placé en actifs liquides notés investment grade, c'est-à-dire de bonne qualité de crédit, pour absorber les mouvements de souscription et de rachat. Les investissements sont réalisés majoritairement dans l'Espace économique européen : France, Allemagne, Irlande, Portugal, Italie, Pologne notamment.

L'état du portefeuille au 30 janvier 2026

Indicateurs par date
Indicateur Au 14 mars 2025 Au 29 août 2025 Au 30 janvier 2026
Actifs nets (part C) 193 M€ 272 M€ 371 M€
Financements réalisés 25 32 40, dont 13 remboursés
Actifs sous-jacents plus de 500 576 2 487
Technologies financées non communiqué 6 7

Source : Eiffel Investment Group, communiqué du 20 mars 2025, lettres d'information n° 91 de septembre 2025 et n° 92 de mars 2026.

Pour vous, cette diversification est le point fort le plus tangible du fonds : 2 487 actifs sous-jacents répartis sur sept technologies limitent l'exposition à la défaillance d'un projet isolé.

Bon à savoir : plusieurs comparateurs en ligne affichent encore des encours de 180 millions d'euros, voire de 1,7 milliard. Pour cet indicateur comme pour la performance, les publications du gérant font foi.

Un actif décorrélé des marchés cotés

C'est l'argument le plus souvent mis en avant, et il n'est pas infondé : la valeur liquidative d'un fonds de dette privée ne réagit pas aux mouvements quotidiens des marchés actions. Cette stabilité apparente a une contrepartie directe, traitée plus bas : la difficulté à sortir. C'est l'une des raisons pour lesquelles les infrastructures sont souvent présentées comme un moyen de diversifier un portefeuille, à condition d'en accepter l'horizon.

Quels sont les frais du fonds Eiffel Infrastructures Vertes ?

Nous nous en tenons ici au document d'informations clés (DIC) produit le 16 avril 2026, seul document opposable.

2,17 % de frais courants, ni frais d'entrée ni frais de sortie

Les frais de gestion et autres frais administratifs et d'exploitation s'établissent à 2,17 % de la valeur de l'investissement par an, estimation fondée sur les coûts réellement supportés au cours du dernier exercice.

Ils couvrent la commission de gestion, la rémunération du dépositaire (Société Générale), celle du délégataire administratif et comptable et du commissaire aux comptes, ainsi que les frais juridiques, fiscaux et de transaction.

Aucun frais d'entrée ni de sortie n'est appliqué par le fonds lui-même. Le DIC précise cependant que la personne qui vend le produit peut en appliquer de son côté. Sur un horizon de cinq ans, il chiffre l'incidence annuelle totale des coûts à 2,33 %, soit 1 619 € pour un investissement de 10 000 €.

La commission de surperformance : 15 % au-delà de 6 % de TRI

Une commission liée aux résultats peut s'ajouter, plafonnée à 15 % TTC de la performance annuelle du fonds. Elle n'est due que si deux conditions sont réunies :

  • la performance annuelle du fonds est positive ;
  • le TRI calculé sur les flux bruts du portefeuille depuis le cinquième exercice précédent atteint au moins 6 %.

Ce seuil de 6 % mérite d'être rapproché de la performance annualisée constatée, à 5,9 % : au niveau actuel, le déclenchement de la commission n'est pas acquis.

Les frais de votre contrat s'ajoutent

Les 2,17 % s'entendent au niveau du fonds seul. Les frais de gestion sur unités de compte de votre assurance-vie ou de votre PER viennent s'y ajouter, de même que les éventuels frais sur versement et frais d'arbitrage prévus par le contrat.

C'est ce total qui détermine le rendement que vous percevrez, et il se reconstitue contrat par contrat.

Peut-on retirer son argent quand on veut ? Risques et liquidité

Bon à savoir : valoriser chaque semaine ne signifie pas rembourser chaque semaine. La mention « valorisation hebdomadaire », omniprésente dans les présentations de ce fonds, ne dit rien de votre capacité à récupérer votre argent.

Un plafond de rachats hebdomadaire, et un mécanisme de gates

Les demandes de rachat sont centralisées tous les jeudis à 11 heures. Elles sont ensuite satisfaites, à chaque calcul de valeur liquidative, dans la limite d'un montant agrégé sur deux mois (soit huit valeurs liquidatives successives) égal à 16,7 % de la somme de la poche d'actifs liquides et des flux de trésorerie attendus sur douze mois, selon des prévisions établies sur une base prudente.

Si les demandes excèdent ce plafond, elles sont automatiquement réduites. La société de gestion peut par ailleurs déclencher un mécanisme complémentaire de plafonnement, dit « gates », qui limite ou étale les remboursements, ou proroger le délai de préavis.

Le document d'informations clés est explicite : il n'est pas facile de sortir de ce produit, et rien ne garantit que le fonds soit en mesure d'exécuter la totalité d'une demande de rachat. La durée de placement recommandée est de cinq ans.

SRI 3 sur 7 : ce que dit le document d'informations clés

Le fonds est classé 3 sur 7 sur l'indicateur synthétique de risque, soit une classe de risque « entre basse et moyenne », établie dans l'hypothèse d'une conservation pendant cinq ans.

Les scénarios de performance réglementaires, pour un investissement de 10 000 € :

Scénarios de sortie
Scénario Sortie après 1 an Sortie après 5 ans
Défavorable et scénario de tensions 8 745 € (−12,55 %) 8 338 € (−3,57 % par an)
Intermédiaire 10 710 € (+7,10 %) 14 289 € (+7,40 % par an)
Favorable 11 197 € (+11,97 %) 14 776 € (+8,12 % par an)

Source : DIC part C, 16 avril 2026. Ces scénarios sont des projections réglementaires calculées à partir de données historiques, ils ne constituent pas une prévision.

Ce que ce tableau vous dit surtout, c'est l'amplitude possible : sur cinq ans, l'écart entre le scénario défavorable et le scénario favorable dépasse 6 000 € pour 10 000 € investis. Il n'existe aucun rendement minimal garanti et vous pourriez perdre tout ou partie de votre investissement.

Conseil de Goodvest : Sur ce fonds, la question n'est pas tant le rendement que l'horizon. Un support dont les rachats sont plafonnés se raisonne comme un engagement de cinq ans minimum, pas comme une poche de liquidité de votre contrat.

Les risques propres aux projets d'infrastructures

Au-delà du risque de liquidité, le DIC identifie plusieurs risques matériellement pertinents :

  • le défaut des sociétés financées ;
  • les aléas de construction et de mise en fonctionnement des centrales ;
  • la volatilité du prix de vente de l'énergie ;
  • le non-respect des quotas réglementaire, juridique et fiscal du fonds.

Le produit ne prévoit aucune protection contre les aléas de marché.

Comment investir dans Eiffel Infrastructures Vertes ?

Part C (FR001400BCG0) ou part A : quelle part vous concerne

Le fonds comporte plusieurs classes de parts. 

Celle que vous détiendrez presque certainement est la part C, code ISIN FR001400BCG0 : c'est elle qui est référencée par les assureurs dans leurs contrats, et elle concentrait 371 millions d'euros d'actifs nets au 30 janvier 2026.

C'est aussi elle que suivent les sites de cotation, ce qui vous permet de retrouver la valeur liquidative hebdomadaire à tout moment.

Une part A existe également, sous le code FR001400Z8C3, mais elle reste marginale : 8 millions d'euros d'actifs nets et 7 entreprises en portefeuille à la même date.

Un fonds accessible uniquement via une enveloppe

Vous ne pouvez pas souscrire ce FCPR en direct. Il est référencé comme unité de compte dans des contrats d'assurance-vie, des contrats de capitalisation et des plans d'épargne retraite.

Depuis l'agrément ELTIF délivré par l'AMF le 25 février 2025, son éligibilité s'est élargie au compte-titres et il peut être commercialisé dans d'autres pays de l'Union européenne. Pour un particulier français, l'accès passe toutefois en pratique par une enveloppe assurantielle.

La question à se poser n'est donc pas comment souscrire à Eiffel Infrastructures Vertes, mais quel contrat le référence et à quelles conditions.

Investir dans Eiffel Infrastructures Vertes avec Goodvest

Chez Goodvest, ce FCPR constitue le support de notre poche Infrastructures Vertes, accessible sur option dans trois de nos enveloppes : l'assurance-vie Goodvie, l'assurance-vie Goodlife et le PER Goodvest.

L'intérêt de ce support dans une allocation tient à sa nature. Il finance des actifs physiques déjà en exploitation ou en construction, dont les revenus proviennent de contrats de vente d'électricité de moyen à long terme. Cela en fait une brique de diversification qui ne suit pas les cycles des marchés actions, dans un portefeuille par ailleurs investi en fonds durables et en ETF cotés.

Deux points à garder en tête avant d'y allouer une part de votre contrat :

  • la liquidité : les conditions de rachat décrites plus haut s'appliquent, et ce support ne convient pas à une épargne dont vous pourriez avoir besoin rapidement ;
  • le risque : comme tout support en unités de compte, il n'offre aucune garantie en capital, et les performances passées du fonds ne préjugent pas de ses performances futures.

Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un investissement en unités de compte présente un risque de perte en capital ; la valeur des parts peut évoluer à la hausse comme à la baisse.

Antoine Lagadec
Rédacteur spécialisé Finance et Juridique

Juriste d’affaires et économiste de formation, Antoine Lagadec rédige des contenus pédagogiques sur l’investissement, l’épargne et l’immobilier afin d’aider les épargnants à mieux comprendre leurs options et à construire une stratégie d’investissement adaptée à leurs objectifs.

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