Loi de Finances 2026 : ce qui change pour votre PER

La Loi de Finances pour 2026 introduit trois évolutions structurantes pour le Plan d'Épargne Retraite. Extension du report des plafonds, fin de la déductibilité après 70 ans, hausse de la fiscalité à la sortie : voici ce qui change concrètement et comment en tirer le meilleur parti.

Extension du report des plafonds de déduction de 3 à 5 ans
Ce qui change
Jusqu'au 31 décembre 2025, un titulaire de PER pouvait reporter ses plafonds de déduction non utilisés sur les 3 années suivantes. Depuis le 1er janvier 2026, ce délai est porté à 5 ans.
Pour rappel : chaque année, tout contribuable dispose d'un plafond de déduction fiscale au titre de l'épargne retraite, visible sur son avis d'imposition sous la mention « Plafond épargne retraite ». Lorsque les versements effectués dans l'année n'atteignent pas ce plafond, la part non utilisée peut être reportée sur les années suivantes.
La mutualisation entre conjoints et partenaires de PACS reste possible.
Point d'attention : non-rétroactivité de la mesure
Cette extension ne s'applique pas aux plafonds antérieurs à 2026. Les reliquats des années 2022, 2023, 2024 et 2025 restent soumis à l'ancienne règle des 3 ans.
Concrètement :
- Le reliquat non utilisé de 2023 sera utilisable jusqu'en 2026 (3 ans).
- Le reliquat non utilisé de 2026 sera utilisable jusqu'en 2031 (5 ans).
- L'effet réel de la mesure se fera pleinement sentir à partir de 2030-2031.
En résumé : le report du plafond de déduction du PER passe de 3 ans à 5 ans à compter des plafonds générés en 2026.
Lire aussi : Quels sont les différents plafonds du PER ?
Fin de la déductibilité des versements après 70 ans
Ce qui change
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER par un souscripteur ayant atteint l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Cette mesure concerne tous les versements effectués sur les PER issus de la loi PACTE : versements volontaires, versements obligatoires et versements issus de l'épargne salariale.
⚠️ Les anciens contrats ne sont pas concernés : PERP, contrats Madelin et Article 83 conservent leur régime fiscal propre. Cette distinction est essentielle, notamment en cas de transfert d'un ancien dispositif vers un nouveau PER pour un souscripteur de plus de 70 ans.
Fiscalité à la sortie en contrepartie
La perte de l'avantage à l'entrée s'accompagne d'un traitement fiscal allégé à la sortie, comparable au régime des versements volontaires non déduits :
Lire aussi : Sortie du PER : rente ou capital ?
Pourquoi cette mesure ?
L'objectif du législateur est de recentrer le PER sur son rôle de préparation à la retraite, en mettant fin à son utilisation comme outil de défiscalisation successorale par les seniors aisés qui capitalisaient sans véritable intention de déblocage. Ce « double avantage » (déduction à l'entrée + fiscalité successorale allégée) a été jugé trop coûteux pour les finances publiques.
Hausse des prélèvements sociaux sur les gains (LFSS 2026)
Ce qui change
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 (LFSS 2026) relève la CSG sur les revenus de placement de 9,2 % à 10,6 %.
Cette hausse s'applique à l'ensemble des PER (individuel, collectif, obligatoire) ainsi qu'à tous les types de supports, qu'ils soient assurantiels ou en compte-titres, et ce pour les sorties en capital comme pour les sorties en rente.
Conséquence directe sur le PER :
Exception : les rentes issues des versements obligatoires demeurent soumises au régime des revenus de remplacement et restent taxées au taux de 10,1 %. Elles ne sont pas impactées par cette hausse.
Comparaison avec l'assurance vie
L'assurance vie n'est pas concernée par cette hausse. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % et le PFU à 30 %.
L'écart de 1,4 point entre PER et assurance vie est désormais significatif, notamment pour les épargnants de plus de 70 ans qui cumulent la perte de déductibilité et la hausse des prélèvements.
Ce que ça change concrètement pour vous
Vous avez moins de 70 ans
L'extension du report des plafonds à 5 ans est une bonne nouvelle : elle vous laisse plus de temps pour tirer parti de l'avantage fiscal du PER, même si vos versements sont irréguliers.
Cette souplesse est particulièrement utile si vous êtes dans l'une de ces situations :
- vous avez commencé à épargner tardivement pour la retraite (typiquement après 50 ans) et souhaitez rattraper le temps perdu ;
- vos revenus sont variables d'une année sur l'autre (bonus, primes exceptionnelles, indemnités de rupture, fin d'activité) ;
- vous anticipez une hausse de votre tranche marginale d'imposition dans les prochaines années et préférez décaler vos versements à ce moment-là.
Dans tous ces cas, vous pouvez désormais cumuler jusqu'à 5 ans de plafonds non utilisés pour effectuer un versement important au bon moment, et maximiser ainsi votre économie d'impôt. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide sur comment bien calibrer le montant de vos versements PER selon votre profil fiscal.
Vous avez 70 ans ou plus
C'est le changement le plus structurant de cette réforme. Vos versements sur le PER ne vous permettent plus de réduire votre impôt sur le revenu. Vous pouvez toujours alimenter votre plan, mais sans avantage fiscal à l'entrée.
En contrepartie, la fiscalité est allégée au moment du retrait : les sommes que vous aurez versées après 70 ans seront exonérées d'impôt sur le revenu à la sortie (seuls les gains générés restent soumis au PFU). Cette compensation reste toutefois moins avantageuse que la déduction immédiate dont vous bénéficiiez avant.
Si vous approchez des 70 ans, il peut être judicieux d'effectuer vos derniers versements déductibles avant cet anniversaire, en mobilisant notamment les plafonds non utilisés des années précédentes.
Au-delà, l'assurance vie devient souvent une alternative plus pertinente pour continuer à faire fructifier votre épargne : elle n'est pas concernée par la hausse des prélèvements sociaux (maintenus à 17,2 %) et conserve ses atouts en matière de transmission (clause bénéficiaire, abattement de 152 500 € par bénéficiaire).
Quel que soit votre âge : une fiscalité à la sortie légèrement alourdie
La hausse de la CSG concerne tous les détenteurs d'un PER : au moment de récupérer votre épargne, les gains générés seront taxés à 31,4 % au lieu de 30 %. Une évolution à intégrer dans vos calculs, mais qui reste modeste au regard de l'avantage fiscal à l'entrée, surtout si vous êtes imposé dans une tranche à 30 % ou plus.
Autrement dit, le PER reste un outil puissant pour préparer votre retraite tout en réduisant vos impôts — à condition de bien choisir le moment de vos versements et de sélectionner un contrat parmi les meilleurs PER du marché en 2026, avec des frais maîtrisés et des supports de qualité.
Ces informations sont fondées sur la réglementation en vigueur à la date de publication. Elles ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal. La fiscalité dépend de la situation personnelle de chaque contribuable et peut évoluer.
Questions fréquentes sur le Plan Épargne Retraite
Qu'est-ce qui change pour le PER en 2026 ?
Trois évolutions s'appliquent depuis le 1er janvier 2026 :
- les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable ;
- le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans (uniquement pour les plafonds générés à partir de 2026) ;
- le taux du PFU sur les gains du PER passe de 30 % à 31,4 %, suite à la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 %.
Peut-on encore verser sur un PER après 70 ans en 2026 ?
Oui, les versements restent techniquement possibles après 70 ans, mais ils ne sont plus déductibles du revenu imposable. En contrepartie, la fiscalité à la sortie est allégée : les primes versées après 70 ans (non déduites) sont exonérées d'impôt sur le revenu, seuls les gains restent soumis au PFU. Cette mesure concerne les PER issus de la loi PACTE (versements volontaires, obligatoires et épargne salariale), mais ne s'applique pas aux anciens contrats PERP, Madelin et Article 83.
Sur combien d'années peut-on reporter les plafonds de déduction du PER ?
Depuis 2026, les plafonds de déduction non utilisés sont reportables sur 5 ans, contre 3 ans auparavant. Attention : cette extension n'est pas rétroactive. Les reliquats générés avant 2026 (années 2022, 2023, 2024, 2025) restent soumis à l'ancienne règle des 3 ans. L'effet plein de la mesure sera visible à partir de 2030-2031.
Le PER est-il toujours intéressant en 2026 malgré la hausse de la fiscalité ?
Oui, le PER reste un outil puissant d'optimisation fiscale, notamment pour les épargnants imposés dans une tranche à 30 % ou plus. La hausse du PFU de 30 % à 31,4 % à la sortie reste modeste au regard de l'économie d'impôt immédiate à l'entrée. Pour un contribuable en tranche à 30 %, chaque 1 000 € versé génère 300 € d'économie immédiate, tandis que le surcoût fiscal à la sortie ne représente qu'environ 14 € pour 1 000 € de gains.
Faut-il verser sur son PER avant 70 ans pour profiter des derniers avantages ?
Oui, si vous approchez des 70 ans, il est recommandé d'effectuer vos derniers versements déductibles avant cet anniversaire. Vous pouvez mobiliser les plafonds non utilisés des années précédentes pour maximiser la déduction sur une seule année. Au-delà de 70 ans, l'assurance vie devient souvent une alternative plus pertinente : elle n'est pas concernée par la hausse des prélèvements sociaux (maintenus à 17,2 %) et conserve ses avantages successoraux (abattement de 152 500 € par bénéficiaire).
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