PER responsable : économisez des impôts tout en finançant la transition écologique

Préparer sa retraite ne devrait pas se faire au détriment du climat dans lequel cette retraite sera vécue. Le PER responsable répond à cette tension : il combine l'avantage fiscal du Plan d'Épargne Retraite avec une allocation orientée vers la transition écologique. Mais derrière cette promesse se cache une réalité hétérogène. Tous les contrats autoproclamés « responsables » ne se valent pas, et certains relèvent davantage du marketing que de la finance durable.

Qu'est-ce qu'un PER responsable ?
Le PER (Plan d'Épargne Retraite), créé par la loi Pacte de 2019, est avant tout une enveloppe fiscale. Autrement dit, un cadre légal qui permet d'épargner en vue de la retraite tout en bénéficiant d'un avantage fiscal à l'entrée : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans certaines limites que nous détaillerons plus loin.
Mais une enveloppe fiscale n'est pas un investissement en soi. C'est un contenant. Ce qui détermine réellement à quoi sert votre épargne (et ce qu'elle finance dans le monde réel) ce sont les supports d'investissement qui sont logés à l'intérieur : fonds en euros, OPCVM, ETF, immobilier, dette privée, capital-investissement, infrastructures…
Un PER devient « responsable » lorsque les supports qu'il propose sont sélectionnés selon une logique d'investissement durable :
- exclusion de secteurs polluants,
- intégration de critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance),
- financement de thématiques liées à la transition écologique (énergies renouvelables, mobilité bas carbone, accès à l'eau, biodiversité, forêts) ou au développement humain (santé, éducation, inclusion sociale, emploi solidaire).
Cette nuance est fondamentale, et elle est trop souvent passée sous silence : un même contrat PER peut, selon les supports retenus dans son allocation, financer la construction de centrales solaires en Europe ou, à l'inverse, alimenter indirectement le secteur des énergies fossiles via des fonds actions classiques. Le caractère « responsable » d'un PER ne dépend donc pas du contrat lui-même, mais de la rigueur avec laquelle ses supports sont sélectionnés.
C'est précisément ce qui distingue les nombreuses offres présentes sur le marché, et ce qui justifie de regarder de près deux dimensions avant de souscrire : comment les supports sont sélectionnés (méthodologie), et ce qu'ils financent réellement (allocation).
Bon à savoir : Pour faciliter la vie des épargnants souhaitant donner du sens à leur épargne, il existe heureusement des PER totalement dédiés à des thématiques responsables grâce à une sélection drastique des supports d’investissement. C’est le cas par exemple du PER de Goodvest qui permet d’épargner pour sa retraite autour de 7 thématiques liées à la transition écologique et au développement humain.
Comment le PER responsable permet-il de réduire vos impôts ?
L'avantage fiscal d'un PER responsable est strictement identique à celui d'un PER classique. Choisir un contrat aligné avec la transition écologique ne sacrifie donc rien à l'optimisation fiscale : c'est précisément ce qui rend l'arbitrage si pertinent pour un épargnant engagé.
Lire aussi : Tout savoir sur fiscalité du PER : versement, rachats, sortie, succession
Le mécanisme de déduction à l'entrée
Les versements volontaires effectués sur un PER sont déductibles du revenu imposable de l'année du versement, dans la limite d'un plafond annuel personnalisé. Chaque euro versé vient diminuer la base sur laquelle l'impôt sur le revenu est calculé. L'économie d'impôt dépend donc directement de votre tranche marginale d'imposition (TMI) : plus celle-ci est élevée, plus l'avantage est puissant. Le PER est à ce titre particulièrement efficace pour les contribuables imposés à 30 %, 41 % ou 45 %.
Les plafonds de déduction en 2026
Pour les salariés et fonctionnaires, le plafond 2026 correspond au plus avantageux des deux montants suivants, calculés sur la base du PASS 2025 (47 100 €) :
- 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 8 PASS, soit un maximum de 37 680 € ;
- ou un plancher de 4 710 € (10 % du PASS 2025), même en l'absence de revenus.
Pour les travailleurs non salariés (TNS), le calcul est plus favorable et utilise le PASS 2026 (48 060 €) : le plafond peut atteindre 88 911 €.
Bon à savoir : Les plafonds non utilisés sont reportables sur 5 ans (à partir de 2026, 3 ans pour les plafonds non utilisés antérieurs à 2026).
Lire aussi : Quels sont les différents plafonds du PER ?
Exemple chiffré : combien économisez-vous selon votre TMI ?
Prenons deux profils concrets pour un même versement de 8 000 € sur un PER responsable
En d'autres termes, un foyer en TMI 41 % qui verse 8 000 € sur son PER ne supporte réellement qu'un effort d'épargne net de 4 720 €. Le différentiel (3 280 €) correspond à l'argent qui aurait été versé au Trésor public, désormais investi dans des supports orientés vers la transition écologique. C'est ici que se construit la double promesse d'un PER responsable : un avantage fiscal immédiat et concret, et un fléchage volontaire de l'épargne vers les secteurs de la transition écologique.
Bon à savoir : Si vous avez déduit vos versements à l'entrée :
- Sortie en capital : les sommes versées sont réintégrées à votre revenu imposable à la retraite, donc imposées selon votre TMI à ce moment-là. Les gains supportent le PFU de 30 %.
- Sortie en rente : la rente est imposée comme une pension de retraite (régime des RVTG), plus lourd que celui appliqué quand les versements n'ont pas été déduits (régime des RVTO, partiellement exonéré).
Lire aussi : Sortie du PER : rente ou capital ?
Comment distinguer un vrai PER responsable du greenwashing ?
Ouvrir un PER labellisé ISR ne suffit pas à garantir que votre épargne finance réellement la transition. Tous les contrats commercialisés comme « responsables » ne reposent pas sur la même rigueur méthodologique, et derrière une même apparence se cachent des réalités très différentes. Pour faire un choix éclairé, deux dimensions doivent être analysées : comment les supports sont sélectionnés (la méthodologie) et quelles garanties externes valident cette sélection (labels et réglementation).
Les méthodologies de sélection : la vraie ligne de partage
C'est ici que se joue l'essentiel. Quatre grandes approches coexistent dans la finance dite responsable, avec des niveaux d'exigence radicalement différents :
- Best-in-class : on conserve, dans chaque secteur d'activité, les entreprises les mieux notées sur les critères ESG. Concrètement, cette approche peut maintenir TotalEnergies, Shell ou Eni dans un portefeuille, au motif qu'elles seraient « moins pires » que d'autres pétroliers. C'est l'approche dominante en France et celle qui prête le plus le flanc au greenwashing.
- Exclusion : on retire des secteurs entiers jugés incompatibles avec les enjeux de durabilité (énergies fossiles, armement controversé, tabac, jeux d'argent). Cette approche est plus claire et plus radicale.
- Thématique : on n'investit que dans des entreprises dont l'activité elle-même contribue à un objectif durable mesurable (énergies renouvelables, accès à l'eau, mobilité bas carbone, santé, éducation).
- Impact : la plus exigeante. Au-delà du choix des entreprises, on mesure et on rapporte un impact réel et additionnel (tonnes de CO₂ évitées, capacités d'énergies renouvelables installées, logements rénovés, etc).
Un PER « responsable » qui se contente d'appliquer un filtre best-in-class sur un indice classique n'a pas la même portée qu'un PER construit autour d'exclusions strictes et de thématiques alignées sur la transition. Cette distinction est rarement explicitée par les distributeurs. Ces derniers se contentent le plus souvent de proposer des « options ISR » se résumant à un filtrage ESG d’indices connus sans véritable réflexion autour de l’impact réel de l’épargne et de la pertinence de son allocation.
Les labels français : utiles, mais insuffisants seuls
Trois labels structurent le paysage en France, avec des niveaux d'ambition très différents.
- Le label ISR, créé en 2016 et longtemps critiqué pour sa permissivité, a été profondément réformé en mars 2024. Il exclut désormais le charbon, les hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux) et les entreprises développant de nouveaux projets d'exploration ou d'exploitation fossiles. Le taux de sélectivité a été relevé de 20 % à 30 %, et de nouvelles exclusions ont été ajoutées (armement controversé, tabac, paradis fiscaux). C'est une avancée majeure : avant la réforme, une étude Epsor de 2023 indiquait que près de neuf fonds ISR sur dix investissaient encore dans au moins une entreprise des énergies fossiles.
- Le label Greenfin (ex-TEEC), créé en 2015 par le ministère de la Transition écologique, est plus exigeant encore : il exclut totalement les énergies fossiles et le nucléaire, et flèche les fonds vers les écoactivités (énergies renouvelables, efficacité énergétique, économie circulaire).
- Le label Finansol identifie les supports d'épargne solidaire dont une part est investie dans des activités à fort impact social.
Ces labels sont précieux comme garde-fous, mais ils ne disent rien sur la part réellement allouée à des activités vertes ni sur le niveau d'impact effectif. Ils valident une démarche, pas une intensité.
La classification SFDR : Article 8 vs Article 9
Le règlement européen SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) classe les fonds en trois catégories.
- Les Article 6 n'intègrent aucune dimension durable. Les Article 8 « promeuvent » des caractéristiques environnementales ou sociales (formulation volontairement souple).
- Les Article 9 ont, eux, un objectif d'investissement durable opposable.
Cette frontière entre « promotion » et « objectif » est cruciale, et elle a été récemment durcie. Fin 2022 et en 2023, à la suite d'une clarification de l'ESMA imposant aux Article 9 d'être quasi intégralement composés d'investissements durables, plus de 300 fonds ont été déclassés d'Article 9 en Article 8, soit environ 175 milliards d'euros d'actifs et près de 40 % de la catégorie. Amundi, BlackRock, Axa IM ou Robeco ont fait partie des principaux acteurs concernés.
Pour un épargnant, le message est clair : un fonds Article 9 témoigne d'un niveau d'engagement supérieur, mais cette classification ne vaut que sous condition d'une cohérence rigoureuse entre objectif affiché et réalité du portefeuille.
L'alignement avec l'Accord de Paris : le critère scientifique de référence
Au-delà des labels et de la classification SFDR, un critère permet d'objectiver la cohérence climatique d'un fonds : son alignement avec l'Accord de Paris, c'est-à-dire la trajectoire de réchauffement implicite de son portefeuille. Des méthodologies scientifiques comme celles développées par Carbon4 Finance permettent de mesurer si l'allocation d'un fonds est compatible avec un scénario à +1,5 °C, +2 °C ou bien davantage. C'est, à ce jour, le critère le plus rigoureux (car basé sur des données physiques mesurables plutôt que sur des autodéclarations) pour distinguer une démarche réellement engagée sur la question climatique d'une démarche cosmétique.
Bon à savoir : Les portefeuilles du PER de Goodvest sont conçus dans une logique de cohérence pour viser l’alignement avec l’Accord de Paris sur le climat. Désormais, en plus de ce critère clé, nous intégrons aussi l’impact sur la biodiversité de nos portefeuilles.
Que finance concrètement votre épargne dans un PER responsable ?
Une fois la rigueur méthodologique d'un PER vérifiée, une seconde question s'impose, plus discrète mais tout aussi décisive : votre argent finance-t-il réellement de nouveaux projets de transition, ou se contente-t-il de soutenir le cours de Bourse d'entreprises déjà cotées ? La réponse est rarement la même selon les supports d'investissement utilisés. C'est la deuxième ligne de fracture entre un PER aligné sur la transition et un PER simplement aligné sur le marketing de la finance durable.
Bourse contre économie réelle : valoriser n'est pas financer
Lorsque vous achetez une action en Bourse (directement ou via un ETF) vous ne donnez pas un euro à l'entreprise concernée. Vous achetez simplement le titre à un autre investisseur. L'argent change de main entre actionnaires, mais il n'entre pas dans la trésorerie de l'entreprise. C'est ce qu'on appelle le marché secondaire, qui représente la quasi-totalité des transactions boursières quotidiennes.
L'entreprise ne reçoit directement de l'argent qu'au moment d'une émission primaire : introduction en Bourse (IPO), augmentation de capital, ou émission obligataire. C'est uniquement à ce moment-là que l'investisseur finance réellement de nouveaux projets, de nouvelles capacités de production ou de nouvelles infrastructures.
Cette distinction est fondamentale pour la finance durable. Un PER composé exclusivement d'ETF ISR et de fonds opérant sur les marchés cotés n'achemine pas directement de l'argent vers la transition écologique. Il valorise des entreprises vertueuses (ce qui n'est pas négligeable, comme nous le verrons), mais il ne finance pas la construction de nouvelles centrales solaires, la rénovation énergétique d'un parc immobilier ou le déploiement de bornes de recharge.
Les supports qui financent directement la transition
À l'inverse, plusieurs catégories de supports permettent à votre épargne d'arriver concrètement dans des projets réels :
- Les obligations vertes (green bonds) émises sur le marché primaire, qui financent des projets identifiés (énergies renouvelables, mobilité bas carbone, efficacité énergétique).
- Les fonds d'infrastructures non cotées, qui investissent en dette ou en capital dans des actifs physiques : parcs solaires, éoliens, réseaux ferroviaires, bornes de recharge.
- Le capital-investissement responsable (private equity à impact), qui injecte du capital dans des entreprises non cotées de la transition.
- Les SCI et fonds immobiliers durables, qui achètent et rénovent des biens réels (logements sociaux, coliving, bureaux bas carbone, crèches, logistique du dernier kilomètre).
- Les fonds solidaires (label Finansol), dont une partie est fléchée vers des structures de l'économie sociale et solidaire.
Ces supports ont un point commun : l'argent versé entre directement dans le bilan d'un acteur économique pour permettre des investissements concrets et nouveaux. C'est ce qu'on appelle financer l'économie réelle.
Les supports cotés : un rôle complémentaire mais distinct
Faut-il pour autant exclure les ETF et fonds cotés d'un PER responsable ? Non car leur rôle est simplement différent, et complémentaire. Ils apportent trois bénéfices réels :
- L'engagement actionnarial : en tant qu'actionnaire, l'investisseur peut voter en assemblée générale et faire pression sur la stratégie climatique des entreprises (politique de rémunération des dirigeants alignée sur les enjeux climat, plans de transition, exclusion d'activités polluantes).
- Le signal de marché : en orientant les capitaux vers les entreprises les plus vertueuses, on réduit leur coût du capital et on dégrade celui des entreprises mal positionnées sur la transition. À grande échelle, cela influence les décisions d'investissement des entreprises elles-mêmes.
- La liquidité et l'accessibilité : les ETF sectoriels durables (énergies renouvelables, eau, santé, transition) permettent de s'exposer à grande échelle à ces thématiques avec des frais réduits.
La nuance est importante : les ETF ISR encouragent et valorisent les entreprises vertueuses, mais ne créent pas de nouveaux flux de financement. Pour avoir un impact direct, ils doivent être combinés avec des supports d'économie réelle.
Concrètement, dans quels projets va l'argent d'un PER vraiment aligné Accord de Paris ?
Un PER responsable réellement orienté vers la transition mobilise une combinaison cohérente de ces deux mondes. À titre d'exemple, sur la brique non cotée d'un PER aligné Accord de Paris, l'argent peut être investi dans :
- des centrales photovoltaïques ;
- des parcs éoliens terrestres et offshore ;
- des infrastructures de mobilité électrique, comme le déploiement du réseau Electra de bornes de recharge rapides en France ;
- des logements sociaux, intermédiaires ou abordables dans les zones tendues ;
- des espaces de coliving pour étudiants, seniors ou jeunes actifs ;
- des crèches et infrastructures éducatives ;
- des bâtiments logistiques dédiés au dernier kilomètre, plus économes en émissions.
À titre d'illustration, le fonds Eiffel Infrastructures Vertes, accessible dans certains PER responsables, affichait à fin 2024 plus de 58 M€ investis dans le photovoltaïque, 11 M€ dans l'éolien et 9 M€ dans les bornes de recharge, à travers 25 projets concrets.
Ce sont précisément ces flux qui distinguent un PER engagé d'un PER simplement labellisé.
Comment choisir le bon PER responsable ?
Une fois posées les deux grilles de lecture précédentes, le choix d'un PER responsable se ramène à cinq questions concrètes. Cette check-list permet de comparer des contrats au-delà des arguments marketing.
Lire aussi : Quels sont les meilleurs PER en 2026 ?
Vérifier la méthodologie de sélection des fonds
Trois indicateurs simples permettent d'évaluer la rigueur d'une démarche :
- L'exclusion stricte des énergies fossiles est-elle effectivement appliquée à l'ensemble du portefeuille, ou uniquement à la poche estampillée « durable » ? Un contrat peut très bien afficher des fonds Article 9 tout en proposant en parallèle des supports cotés exposés au charbon ou au pétrole.
- L'approche est-elle thématique ou simplement filtrée ? Un PER qui se contente d'un filtre best-in-class sur un indice classique n'a pas la même portée qu'un PER construit autour d'un univers d'investissement sectoriel (énergies renouvelables, eau, santé, forêts, mobilité bas carbone).
- L'allocation est-elle alignée sur l'Accord de Paris avec une mesure scientifique de trajectoire carbone ? C'est aujourd'hui le critère le plus rigoureux, et il reste rare sur le marché.
Vérifier la part d'économie réelle dans l'allocation
Comme expliqué précédemment, un PER composé exclusivement d'ETF et d'OPCVM cotés ne finance pas directement de nouveaux projets. Pour qu'un contrat ait un impact concret, il doit intégrer une ou plusieurs briques d'économie réelle : fonds d'infrastructures vertes, capital-investissement à impact, SCI ou SCPI immobilier durable, obligations vertes sur le marché primaire. La présence (ou l'absence) de ces supports dans la liste des unités de compte est un marqueur très net du niveau d'engagement réel d'un PER.
Comparer les frais : un impact souvent sous-estimé sur la performance long terme
Les frais sont l'élément le plus déterminant (et le plus négligé) d'un PER. Sur un horizon de 30 à 40 ans, une différence d'un seul point de pourcentage par an peut représenter 25 à 30 % de capital final. Quatre niveaux de frais doivent être systématiquement comparés :
- les frais d'entrée et de versement (idéalement 0 % sur les PER en ligne) ;
- les frais d'arbitrage (transferts entre supports) ;
- les frais de gestion annuels du contrat, qui se cumulent avec ceux des supports ;
- les frais d'arrérage appliqués en cas de sortie en rente.
Pour un PER en gestion pilotée, des frais totaux compris entre 1,5 % et 2 % par an constituent aujourd'hui un bon repère (attention à bien tenir compte des frais des supports, souvent peu mentionnés par les distributeurs alors qu’il s’agit souvent des frais les plus importants). Au-delà, le contrat doit justifier d'une réelle valeur ajoutée (présence d'actifs non cotés, gestion sur-mesure, accompagnement personnalisé).
Gestion pilotée ou gestion libre : que choisir selon son profil ?
- La gestion libre offre une autonomie totale dans le choix des supports. Elle convient aux investisseurs avertis disposant du temps et des connaissances (notamment en finance responsable) pour construire et suivre leur allocation.
- La gestion pilotée, plus courante pour les PER responsables, délègue la construction du portefeuille à une équipe spécialisée, en fonction d'un profil de risque et d'un horizon. Pour un PER responsable, elle présente un avantage spécifique : elle garantit une cohérence méthodologique sur l'ensemble de l'allocation, ce qui est plus difficile à reproduire en gestion libre, où le risque de tomber dans le greenwashing de certains fonds est très présent.
- La gestion à horizon retraite désécurise progressivement le portefeuille à mesure que la date de retraite approche, en remplaçant les actifs les plus volatils par des supports plus défensifs.
Lire aussi : Pourquoi choisir un PER en gestion pilotée ?
Performance et rendement : un PER responsable est-il rentable ?
La crainte qu'investir de façon responsable se fasse au détriment de la performance est une idée reçue tenace. Les études académiques de référence (notamment la méta-analyse Friede, Busch & Bassen menée sur plus de 2 000 études) montrent au contraire qu'une majorité des travaux concluent à une relation non négative entre intégration des critères ESG et performance financière, et qu'une part significative met en évidence une corrélation positive. Sur le long terme, les entreprises mal positionnées sur la transition écologique présentent un risque structurel de stranded assets (actifs échoués) face au durcissement réglementaire, à la hausse des prix du carbone et à l'évolution de la demande.
Cela ne constitue ni une garantie ni une promesse de rendement : l'investissement en unités de compte présente un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Mais l'argument selon lequel responsabilité et performance s'opposeraient ne résiste plus à l'examen des données disponibles.
Le PER Goodvest, l'un des rares PER vraiment alignés sur la transition
Sur un marché où la plupart des PER « responsables » se limitent à une option ISR ou à quelques fonds Article 8, le PER Goodvest répond aux cinq critères présentés dans la section précédente.
Son allocation repose sur une sélection thématique stricte organisée autour de sept thématiques d'impact (transition écologique, eau, forêts, santé, solutions climatiques, emploi et solidarité, pays émergents), avec une exclusion totale des énergies fossiles et une trajectoire carbone alignée sur l'Accord de Paris.
Le contrat combine supports cotés et économie réelle : ETF sectoriels durables, fonds Article 9, mais aussi infrastructures vertes (Eiffel Infrastructures Vertes), immobilier durable, obligations vertes et fonds solidaires Finansol, pour un impact à la fois indirect et direct.
Côté frais, le PER Goodvest se situe entre 1,55 % et 1,75 % par an tout inclus, sans frais d'entrée, de versement ou d'arbitrage, bien en-dessous de la moyenne des PER bancaires, fréquemment au-delà de 2,5 % par an quand on tient compte des frais des supports proposés.
Le contrat est accessible dès 300 €, 100 % en ligne, et accepte le transfert d'un PER existant sans frais. Une bonne solution pour commencer à épargner pour sa retraite en défiscalisant tout en épargnant la planète !
L'investissement présente un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Contenu à vocation informative et pédagogique. Ceci ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.
Questions fréquentes sur le Plan Épargne Retraite
Quelle différence entre un PER ISR et un PER responsable ?
Un PER ISR est un PER qui propose des fonds labellisés ISR. Un PER responsable est une notion plus large, qui désigne tout PER intégrant des critères extra-financiers dans la sélection de ses supports. Les deux termes sont souvent employés indifféremment, mais un PER « responsable » peut aller bien au-delà de l'ISR via des approches thématiques, des exclusions strictes ou un alignement avec l'Accord de Paris.
Peut-on transférer un PER classique vers un PER responsable ?
Oui. Tout PER individuel peut être transféré vers un autre PER, y compris un PER responsable, sans perdre l'antériorité fiscale. Les anciens contrats Madelin, PERP, Préfon ou COREM sont également transférables. Certains contrats facturent des frais de transfert (plafonnés à 1 % de l'encours pendant les 5 premières années, gratuits ensuite) ; d'autres, comme le PER Goodvest, n'appliquent aucun frais à l'entrée.
Quel est le montant minimum pour ouvrir un PER responsable ?
Cela dépend du contrat. Certains PER responsables sont accessibles dès 300 € avec un versement programmé de 50 € par mois, d'autres exigent un versement initial plus élevé (1 000 € ou plus). Les PER en ligne sont généralement les plus accessibles.
Le PER responsable convient-il à tous les profils ?
Le PER est avant tout un produit de défiscalisation et d'épargne long terme. Son intérêt fiscal est marqué pour les contribuables imposés à 30 %, 41 % ou 45 %. À l'inverse, un contribuable non imposable n'aura pas d'avantage fiscal à l'entrée et pourra préférer une assurance-vie responsable, plus liquide.
Peut-on récupérer son épargne avant la retraite ?
Oui, dans plusieurs cas légaux : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire. Hors ces cas, l'épargne reste bloquée jusqu'à l'âge légal de départ à la retraite.
Combien de PER peut-on cumuler ?
Aucune limite légale. Vous pouvez ouvrir plusieurs PER individuels chez différents assureurs et les alimenter en parallèle. Le plafond de déduction fiscale, en revanche, est global pour le foyer fiscal et s'applique tous PER confondus.
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