Le blog GoodvestPlan Épargne Retraite
Versement PER après sa retraite : ce qui change en 2026

Versement PER après sa retraite : ce qui change en 2026

La retraite prise, beaucoup d'épargnants pensent que leur PER n'a plus d'utilité. C'est une idée reçue, mais la loi de finances 2026 a globalement durci les règles du jeu : fin de la déductibilité après 70 ans, hausse des prélèvements sociaux sur les gains, régime de transmission moins avantageux. Il reste des leviers à actionner, mais ils sont désormais soumis à une contrainte d'âge claire.

Peut-on encore verser sur un PER une fois à la retraite ?

Oui, sans limite d'âge ni de montant

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel reste ouvert aux versements volontaires après le départ à la retraite, sans aucune restriction d'âge fixée par la loi. Que vous ayez 63 ans ou 75 ans, rien ne vous interdit juridiquement d'alimenter votre PER existant ou même d'en ouvrir un nouveau.

Les versements sont libres en montant : il n'existe pas de plafond de versement à proprement parler. C'est le plafond de déduction fiscale qui est limité, ce qui est très différent.

Attention : Certains établissements financiers imposent contractuellement une limite d'âge à la souscription ou aux versements. Avant d'agir, confirmez les conditions générales de votre contrat.

Lire aussi : Combien verser sur son PER ?

Guide Image

Ouvrez un PER responsable

Bénéficiez de 3 mois de frais offerts avec le code promo BLOG

Simuler votre projet

Des règles fiscales dépendantes de votre âge et de votre situation

C'est là que les choses se complexifient, et que la réforme 2026 introduit une distinction fondamentale. L'intérêt de verser sur un PER après la retraite repose sur deux leviers distincts selon votre situation.

Lire aussi : Tout savoir sur fiscalité du PER : versement, rachats, sortie, succession

L'avantage fiscal à l'entrée

Les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite des plafonds légaux. Depuis le 1er janvier 2026, cette déductibilité disparaît après 70 ans

En deçà de cet âge, elle reste accessible selon votre situation professionnelle : un retraité sans activité ne dispose que d'un plafond de déduction minimal, tandis qu'un retraité en cumul emploi-retraite bénéficie de règles nettement plus favorables, proches de celles d'un actif.

La fiscalité à la transmission en fonction de l’âge du décès

Le PER assurance non liquidé entre dans la succession selon des règles spécifiques qui dépendent de l'âge du décès. 

  • Si le titulaire décède avant 70 ans, les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés sont exonérés de droits de succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire, le même régime ultra-favorable que l'assurance-vie. 
  • Si le décès survient après 70 ans, ce plafond tombe à un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, les sommes au-delà étant soumises aux droits de mutation selon le lien de filiation. C'est précisément cette mécanique qui était au cœur de la stratégie d'optimisation patrimoniale que la réforme 2026 est venue encadrer. Nous y revenons en détail plus loin.

Lire aussi : PER : Quelle fiscalité lors de la succession ?

Ce que la loi de finances 2026 a changé pour les versements PER après retraite

Fin de la déductibilité après 70 ans : qu’est que cela signifie ?

Jusqu'au 31 décembre 2025, cette déductibilité s'appliquait sans condition d'âge ni de statut professionnel. Depuis le 1er janvier 2026, tous les versements volontaires effectués après le 70ème anniversaire du titulaire sont désormais non déductibles du revenu imposable

La mesure concerne l'ensemble des véhicules (PER individuel, PER collectif et PER obligatoire). Elle affecte également les primes d'épargne salariale (intéressement, participation, abondement employeur) qui perdent leur exonération d'impôt sur le revenu lorsque le bénéficiaire a atteint 70 ans.

Le PER reste ouvert aux versements après cet âge, mais son principal levier d'intérêt disparaît. Nous y revenons en conclusion.

Quel plafond de déduction pour un retraité en 2026 ?

Pour les retraités qui n'ont pas encore atteint leurs 70 ans, la déductibilité reste donc possible, mais le plafond applicable dépend directement de leur situation :

  • Un retraité sans activité professionnelle ne dispose que du plancher légal : 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) de l'année précédente, soit 4 710 € déductibles en 2026. C'est significativement moins qu'un actif, mais suffisant pour générer une économie d'impôt réelle selon la tranche marginale d'imposition (TMI) : 1 413 € d'économie à 30 %, 1 932 € à 41 %.
  • Un retraité en cumul emploi-retraite bénéficie en revanche des règles applicables aux actifs : 10 % de ses revenus professionnels nets de l'année précédente, avec un plafond maximal de 37 680 € en 2026 pour un salarié, et jusqu'à 88 911 € pour un travailleur non-salarié. Le levier fiscal est alors considérablement plus puissant.

Dans les deux cas, ces plafonds peuvent être majorés des reliquats non utilisés des années précédentes.

Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans

C'est la mesure favorable de la réforme 2026, souvent éclipsée par la suppression de la déductibilité après 70 ans. Jusqu'ici, un épargnant qui n'avait pas saturé son plafond de déduction annuel pouvait reporter la fraction non utilisée sur les 3 années suivantes. Ce délai est désormais porté à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026.

Bon à savoir : Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER issus d’un rachat passent de 17,2 % à 18,6 % (PFU à 31,4 %).

Est-ce la fin du PER assurance comme outil d’optimisation de la transmission ? 

Comment fonctionnait la stratégie d’optimisation de la transmission avec un PER assurance avant 2026 ?

Le PER assurance non liquidé présente une caractéristique successorale puissante : à la mort du titulaire, le capital accumulé est transmis aux bénéficiaires désignés hors succession, selon une fiscalité allégée qui dépend de l'âge du décès.

  • Si le décès survient avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement de 152 500 €, identique à celui de l'assurance-vie. Au-delà, un prélèvement forfaitaire de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà.
  • Si le décès survient après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique, partagé entre tous les bénéficiaires. Les sommes au-delà sont soumises aux droits de mutation à titre gratuit selon le lien de filiation.

Avant 2026, un épargnant pouvait combiner ces deux mécanismes de façon particulièrement efficace :  

  • En versant sur son PER après 70 ans tout en maintenant la déductibilité fiscale, il réduisait son impôt sur le revenu immédiatement, sans jamais liquider le contrat de son vivant. Les sommes versées n'étaient donc jamais refiscalisées à la sortie. 
  • À son décès, le capital constitué était transmis selon les règles successorales du PER assurance. 

Autrement dit, sans que celui soit initialement prévu ou anticipé par le législateur, l'État subventionnait via la déduction fiscale la constitution d'un patrimoine transmissible. Selon Bercy, environ 15 % des détenteurs de PER concentraient près de 60 % des encours, avec des versements massifs après 70 ans visant principalement cet objectif. C’est la raison pour laquelle est intervenue la réforme de non déduction des versements après 70 ans.

Lire aussi : Comment défiscaliser avec un PER ?

La bonne nouvelle : la stratégie reste entièrement accessible avant 70 ans

La réforme ferme une fenêtre, elle n'efface pas la stratégie. Verser sur son PER assurance avant 70 ans en déduisant fiscalement les versements, sans liquider le contrat de son vivant, reste parfaitement possible et fiscalement très efficace. Le capital ainsi constitué sera transmis aux bénéficiaires désignés avec l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire si le décès intervient avant 70 ans, le régime le plus favorable.

La contrainte introduite par la réforme est donc avant tout une contrainte d'anticipation : il faut s'y prendre avant 70 ans. Ce qui, pour un épargnant de 63 ou 65 ans, laisse encore une fenêtre d'action significative, à condition de l'activer sans tarder.

La fenêtre 65-69 ans : comment l’utiliser de manière optimale ?

Cumuler les plafonds non utilisés grâce au report porté à 5 ans

L'allongement du report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans, introduit par la loi de finances 2026, prend tout son sens pour les épargnants qui approchent de 70 ans. Combiné à la suppression de la déductibilité après cet âge, il crée une fenêtre d'optimisation courte mais puissante entre 65 et 69 ans.

Le principe est simple : si vous n'avez pas saturé votre plafond de déduction PER ces dernières années, les fractions non utilisées s'accumulent et peuvent être mobilisées en une seule fois ou progressivement avant vos 70 ans. Pour un retraité en cumul emploi-retraite dont le plafond annuel est de 10 000 €, cinq années de plafonds dormants représentent potentiellement 50 000 € déductibles à mobiliser avant l'échéance.

Exemple chiffré : construire un capital transmissible en défiscalisant

Prenons le cas de Marie, 66 ans, retraitée, dont la pension s'élève à 3 500 € par mois. Elle est soumise à une tranche marginale d'imposition de 30 % et dispose d'un PER assurance ouvert depuis plusieurs années, qu'elle n'a que partiellement alimenté. Elle n'a pas de revenus professionnels.

Son plafond de déduction annuel est de 4 710 € (10 % du PASS 2025). Ayant peu versé ces dernières années, elle dispose de reliquats cumulés sur 3 ans, portant son plafond disponible en 2026 à environ 18 000 €.

En versant 18 000 € sur son PER en 2026, Marie réalise une économie d'impôt de 5 400 € (18 000 € × 30 %). Elle renouvelle ensuite l'opération chaque année jusqu'à ses 70 ans, en mobilisant son plafond annuel de 4 710 €, soit une économie supplémentaire de 1 413 € par an.

Elle ne liquide pas le contrat de son vivant. À son décès : 

  • si celui-ci intervient avant ses 70 ans, le capital accumulé est transmis à ses enfants bénéficiaires désignés avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. L'État a en partie financé ce capital via les déductions fiscales accordées à l'entrée.
  • si celui-ci intervient après 70 ans, le capital bascule dans le régime de transmission après 70 ans (perte de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire), soit un abattement commun de 30 500 €, beaucoup moins avantageux.

Est-il pertinent de verser sur son PER avant 70 ans plutôt que sur une assurance-vie ?

Dans ce dernier cas, il est légitime de se poser la question suivante : n’aurait-il pas mieux valu verser ces sommes sur une assurance-vie pour s’assurer de bénéficier de l’abattement des versements réalisés avant 70 ans (152 500 € par bénéficiaire) ?

En effet, avec une assurance-vie en revanche, c'est l'âge au moment des versements qui compte. Tout euro versé avant 70 ans bénéficiera de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire au moment de la transmission, peu importe l'âge du décès.

L'arbitrage devient donc le suivant : l'économie d'impôt immédiate générée par la déductibilité PER compense-t-elle le surcoût fiscal potentiel à la transmission ? La réponse dépend de trois paramètres :

  • Votre TMI : plus elle est élevée, plus la déduction PER est précieuse
  • Le nombre de bénéficiaires : avec plusieurs enfants, l'avantage de l'assurance-vie sur la transmission s'amplifie mécaniquement
  • Le montant à transmettre : au-delà d'un certain capital, l'écart entre 30 500 € global et 152 500 € par bénéficiaire devient déterminant

Pour un épargnant fortement imposé avec un seul bénéficiaire et un horizon de décès incertain, le PER peut rester pertinent. Pour un épargnant avec plusieurs enfants souhaitant avant tout optimiser la transmission, verser en priorité sur son assurance-vie avant 70 ans est souvent la stratégie la plus efficace, quitte à compléter avec des versements PER dans la limite des plafonds disponibles.

Conclusion : après 70 ans, orientez les nouveaux versements vers l'assurance-vie

La réforme 2026 ne signe pas la fin du PER après la retraite. Elle en redessine simplement les contours et, surtout, elle déplace le curseur de l'action : ce qui était possible à tout âge est désormais soumis à une contrainte temporelle forte.

Pour les épargnants de moins de 70 ans, le PER reste un outil puissant. La déductibilité fiscale demeure, les plafonds non utilisés sont désormais reportables sur 5 ans, et la stratégie de constitution d'un capital transmissible via un PER assurance non liquidé reste entièrement accessible. La fenêtre 65-69 ans est courte, elle mérite d'être activée sans attendre.

Pour les épargnants ayant franchi le cap des 70 ans, la conclusion est en revanche tranchée : de nouveaux versements sur un PER ne présentent plus d'intérêt fiscal à l'entrée, et le régime de transmission est moins favorable que celui de l'assurance-vie pour les versements effectués avant cet âge. Orienter les nouveaux versements vers une assurance-vie est dans la grande majorité des cas la décision la plus rationnelle.

Vous hésitez sur la bonne stratégie à mettre en place ? Prenez RDV avec un conseiller Goodvest !

Ceci est un contenu à vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

espace client

Échangez avec un conseiller Goodvest

Nos experts sont là pour vous accompagner

Prendre rendez-vous
Antoine Lagadec
Rédacteur spécialisé Finance et Juridique

La retraite prise, beaucoup d'épargnants pensent que leur PER n'a plus d'utilité. C'est une idée reçue, mais la loi de finances 2026 a globalement durci les règles du jeu : fin de la déductibilité après 70 ans, hausse des prélèvements sociaux sur les gains, régime de transmission moins avantageux. Il reste des leviers à actionner, mais ils sont désormais soumis à une contrainte d'âge claire.

Questions fréquentes sur le Plan Épargne Retraite

Nos experts sont à votre service

Bénéficiez des conseils personnalisés de nos spécialistes en investissement responsable.
Prendre rendez-vous
Félix Rivierre, Directeur de l’équipe Conseil
Albane de Prémont, Responsable de la clientèleMatthieu Silva Santos, Directeur de l’offre et de l’Investissement Responsable
Arthur Simon, Conseiller en InvestissementGarance Laurant, Analyste Investissement Responsable