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Combien avoir de côté à 50 ans ?

Combien avoir de côté à 50 ans ?

À 50 ans, une question revient souvent, mi-curieuse, mi-inquiète : ai-je assez d'argent de côté ? On cherche un repère pour savoir si l'on est « dans les clous » ou en retard. Le souci, c'est que la plupart des réponses recopient des règles américaines (« six fois votre salaire annuel ») pensées pour un pays où chacun finance seul sa retraite et sa santé. En France, elles aboutissent à des montants décourageants et à côté de la réalité. Ici, pas de chiffre unique. Des repères fiables pour vous situer, puis une méthode pour déterminer votre objectif. Car la vraie question n'est pas « combien les Français ont-ils de côté ? », mais « combien vous faut-il, vous ? ».

Combien faut-il avoir de côté à 50 ans ? La réponse en bref

Il n'existe pas de montant universel, et c'est précisément là que la plupart des articles se trompent : ils donnent un chiffre unique, souvent exprimé en « années de salaire », hérité de modèles américains qui n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité française. La bonne approche consiste à distinguer deux objectifs aux logiques opposées :

  • Votre épargne de précaution : la somme immédiatement disponible pour absorber un imprévu. On la calcule en mois de dépenses, pas en années de revenu, et la fourchette utile se situe entre 3 et 6 mois, soit fréquemment 10 000 à 15 000 € pour un ménage aux revenus médians. En France, ce matelas peut rester mesuré : la santé et l'éducation étant largement prises en charge collectivement, vous n'avez pas à provisionner les dépenses catastrophiques qui pèsent sur les ménages anglo-saxons.
  • Votre capital retraite : un montant destiné à être investi, et non à dormir sur un livret. Son niveau ne dépend pas d'une règle toute faite, mais de l'écart entre la pension que vous toucherez et le niveau de vie que vous souhaitez conserver. Or, cet écart est très inégal selon votre revenu : modéré pour un salaire proche du médian, il se creuse fortement pour les hauts revenus, dont la retraite de base est plafonnée (nous y revenons en détail plus loin). 

À ces deux fondamentaux s'ajoutent, selon votre situation, des projets choisis : financer les études des enfants, un achat immobilier, ou organiser une transmission. Contrairement à la précaution et à la retraite, ces objectifs sont facultatifs et propres à chacun (ils viennent en complément, une fois les deux besoins essentiels couverts). Autrement dit, la vraie question n'est pas « combien les Français ont-ils de côté ? », mais « combien vous faut-il pour couvrir vos besoins ? ». Les sections suivantes vous donnent d'abord les repères pour vous situer, puis la méthode pour chiffrer chacun d'eux. 

Lire aussi : Combien faut-il laisser d'argent sur son compte courant ?

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Patrimoine moyen et médian à 50 ans en France (données Insee 2024)

Pour savoir si vous êtes « dans les clous », le plus fiable reste de se comparer aux chiffres officiels de l'Insee plutôt qu'aux idées reçues. Ces données proviennent de l'enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024, dont les résultats ont été publiés fin 2025 et début 2026, et décrivent la situation des ménages au début de l'année 2024. C'est la photographie la plus récente disponible : cette enquête n'étant menée que tous les trois ans, ces repères font autorité pour plusieurs années.

Moyenne ou médiane : pourquoi la nuance change tout ?

Avant de regarder les chiffres, un point de méthode décisif : 

  • La moyenne additionne tous les patrimoines et divise par le nombre de ménages : elle est fortement tirée vers le haut par une minorité de foyers très fortunés. 
  • La médiane partage la population en deux moitiés égales : la moitié des ménages possède moins, l'autre moitié possède plus. C'est elle qui reflète la réalité du plus grand nombre.

L'écart entre les deux est considérable, ce qui explique pourquoi tant de quinquagénaires se croient « en retard » : ils se comparent à une moyenne qui ne correspond à presque personne. À l'échelle nationale, le patrimoine brut moyen (comprenant l’immobilier sans enlever les dettes) atteint 374 900 € début 2024, alors que la médiane n'est que de 205 100 €, et le patrimoine net médian s'établit à 148 100 € une fois les emprunts déduits. Pour vous situer honnêtement, regardez donc la médiane de votre tranche d'âge, pas la moyenne nationale

Le patrimoine des 50-59 ans selon l'Insee

C'est entre 50 et 59 ans que le patrimoine atteint son sommet, porté par des crédits immobiliers en grande partie remboursés et des placements qui ont eu le temps de fructifier. Voici les repères pour cette tranche d'âge :

Indicateur (50-59 ans, début 2024) Montant
Patrimoine brut moyen 464 800 €
Patrimoine brut médian 254 100 €
10 % les moins dotés (1ᵉʳ décile) moins de 7 700 €
10 % les mieux dotés (9ᵉ décile) plus de 1 021 900 €

La lecture est instructive. La moitié des ménages de 50-59 ans possèdent plus de 254 100 € de patrimoine brut, immobilier compris, mais l'écart entre les déciles extrêmes va de moins de 7 700 € à plus de 1 021 900 € : la situation est tout sauf homogène à cet âge.

Surtout, gardez en tête ce que ce chiffre ne dit pas. Ce patrimoine est majoritairement constitué de la résidence principale : un ménage propriétaire bascule facilement au-dessus de la médiane sans pour autant disposer de liquidités mobilisables, tandis qu'un locataire bien doté en épargne financière apparaîtra « en dessous » alors qu'il a davantage d'argent réellement disponible. 

Le patrimoine médian est donc un bon repère pour se situer, mais un mauvais indicateur de votre capacité à faire face à un imprévu ou à compléter votre retraite, ce qui nous ramène aux deux objectifs concrets à viser. 

Si vous êtes sous la médiane, ce n'est pas une fatalité : il vous reste 10 à 15 ans d'activité pour ajuster votre trajectoire en fonction de vos objectifs.

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Épargne de précaution à 50 ans : combien garder d’épargne réellement disponible ?

Premier objectif concret, et le plus simple à chiffrer. Votre épargne de précaution doit couvrir les coups durs (perte d'emploi, réparation imprévue, accident de la vie) sans vous obliger à toucher à vos placements de long terme au mauvais moment. 

La règle de référence est de viser 3 à 6 mois de dépenses courantes : trois mois si vos revenus sont stables et vos charges légères, jusqu'à six mois pour un indépendant, un revenu variable ou un foyer aux charges élevées. Pour un ménage aux revenus médians, cela représente souvent 10 000 à 15 000 €.

Notez bien : on raisonne en dépenses, pas en revenus. C'est là que les repères importés des US dérapent. Conseiller « 2 années de salaire » d'épargne de sécurité, comme le font certains articles, revient à recopier des montants pensés pour des pays où un séjour à l'hôpital ou une année d'université se paient de sa poche. En France, la couverture maladie, le système éducatif et l'assurance chômage réduisent drastiquement le montant à provisionner pour faire face à l'imprévu. Bloquer l'équivalent de deux ans de salaire en liquidités n'est donc ni nécessaire, ni pertinent : c'est même contre-productif, car cette somme dormante perd du pouvoir d'achat à cause de l'inflation.

En pratique, cette épargne doit être sûre et disponible immédiatement : Livret A, LDDS, ou un livret bancaire comme le Livret Goodvest, dont le capital est garanti et qui finance par ailleurs l'immobilier durable. 

L'objectif ici n'est pas le rendement, mais la liquidité. Une fois ce matelas constitué, tout euro supplémentaire a vocation à rejoindre votre capital retraite (PER) et/ou votre capital “projet” (assurance-vie par exemple).

« X années de salaire » à 50 ans : pourquoi ces règles sont trompeuses en France ?

C'est la réponse que vous trouverez dans la quasi-totalité des articles sur le sujet. Elle a le mérite d'être simple, mais elle repose sur un cadre étranger au système français. Voyons ce qu'elle dit, puis pourquoi elle vous induit en erreur.

Ce que disent Fidelity, Greene et le modèle anglo-saxon sur l’épargne nécessaire à 50 ans

Ces règles expriment l'épargne à détenir en multiples du revenu annuel. Le gestionnaire d'actifs américain Fidelity recommande de disposer de 6 années de salaire à 50 ans, 8 à 60 ans et 10 à 67 ans. L'économiste Kimmie Greene propose un repère un peu plus accessible, autour de 5 fois le salaire annuel à 50 ans. Côté canadien, la Banque Nationale suggère 4,6 fois le salaire annuel au même âge.

Appliquées au salaire net médian français (2 190 € par mois en 2024 selon l'Insee, soit près de 26 300 € par an) ces règles fixeraient un objectif compris entre 121 000 € (Greene) et 158 000 € (Fidelity). De quoi décourager la plupart des épargnants, qui se croient alors irrémédiablement « en retard ». À juste titre ? Pas vraiment.

Trois raisons de les écarter

D'abord, elles confondent épargne de sécurité et capital retraite. Présenter « 6 années de salaire » comme une somme à avoir « de côté » laisse penser qu'il faudrait immobiliser ce montant en liquidités. C'est faux : un capital retraite a vocation à être investi sur le long terme, pas à dormir sur un livret où l'inflation le grignote. On mélange ici deux objectifs qui n'ont ni le même horizon, ni le même support.

Ensuite, ces règles ignorent que le salarié français cotise déjà pour sa retraite. Une part importante de votre rémunération brute part en cotisations sociales obligatoires : c'est un revenu différé, qui finance votre future pension avant même que vous touchiez votre net. Comparer votre épargne personnelle, constituée sur ce net déjà amputé, à des objectifs calculés pour des pays où chacun capitalise seul sa retraite, revient à comparer deux choses incomparables. À brut employeur équivalent, le salaire disponible d'un Français est mécaniquement plus faible, non par appauvrissement, mais parce qu'une partie est socialisée.

Enfin, ces règles intègrent un coût que les Français n'ont pas à provisionner : la santé et les imprévus de la vie. Aux États-Unis, un simple trajet en ambulance peut être facturé plusieurs milliers de dollars, et une hospitalisation sérieuse en coûter des dizaines de milliers. Les épargnants y conservent donc un matelas considérable pour se prémunir contre ces dépenses catastrophiques. En France, l'Assurance maladie, la complémentaire santé et l'assurance chômage absorbent l'essentiel de ces risques. Le montant à garder « au cas où » est donc bien plus faible, ce qui réduit d'autant l'épargne de sécurité nécessaire, et rend les objectifs anglo-saxons surdimensionnés pour notre contexte. 

Ces repères ne sont donc pas inutiles : ils rappellent qu'il faut épargner. Mais comme cible chiffrée, ils sont à la fois trop élevés et déconnectés de votre situation réelle. La bonne méthode consiste à raisonner non pas sur un multiple de salaire, mais sur votre écart de retraite.

La bonne méthode : estimer votre écart de retraite

Plutôt qu'un objectif universel, fixez-vous une cible personnelle. Le principe est simple : votre capital retraite doit financer la différence entre la pension que vous toucherez et le niveau de vie que vous souhaitez conserver. Cet écart, c'est votre véritable besoin, et il dépend avant tout de votre revenu.

Votre taux de remplacement dépend surtout de votre revenu

Le taux de remplacement mesure la part de votre dernier revenu que vous conserverez à la retraite. En France, il est volontairement redistributif : élevé pour les revenus modestes, il décroît nettement pour les hauts revenus. La raison tient au plafonnement de la retraite de base.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la pension de base du régime général ne peut excéder 2 002,50 € par mois, soit 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €). Au-delà de ce plafond, chaque euro de salaire supplémentaire ne génère plus de retraite de base : seule la complémentaire Agirc-Arrco, calculée en points et moins généreuse sur cette tranche, prend le relais. Résultat, plus votre revenu est élevé, plus l'écart entre votre dernier salaire et votre pension se creuse.

Les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) chiffrent ce décrochage. Pour la génération 1963 à carrière complète, un salarié non-cadre du privé bénéficie d'un taux de remplacement d'environ 74 % au départ à taux plein, tandis qu'un cadre tombe à environ 51 %. Et la tendance est baissière pour les générations suivantes. Concrètement :

  • Si vous gagnez un revenu proche du médian, votre pension couvrira l'essentiel de votre niveau de vie : votre écart à combler est modéré, et un effort d'épargne raisonnable suffit.
  • Si vous êtes cadre ou haut revenu, votre pension pourrait représenter à peine la moitié de votre dernier salaire. C'est là que constituer un capital privé devient déterminant, et que l'enjeu fiscal entre en jeu, puisque vous êtes probablement dans une tranche marginale d'imposition élevée.

Taux de remplacement net à la retraite selon le revenu d’activité

Salarié du privé, carrière complète — estimation illustrative

Taux de remplacement net Plafond de la Sécurité sociale (PASS)

Source : projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), rapport 2025 — profils-types non-cadre et cadre du secteur privé. Estimation illustrative, hors décote/surcote. Ne constitue pas un conseil en investissement.

Conseil de Goodvest : Pour estimer votre propre pension, le plus fiable reste de consulter votre relevé de carrière et le simulateur officiel sur info-retraite.fr.

Calculer le capital qui comble cet écart

Une fois votre écart mensuel estimé, le capital à constituer dépend d'un choix simple : voulez-vous vivre de vos revenus en préservant votre capital, ou consommer progressivement ce capital pendant votre retraite ?

  • Si vous prévoyez de consommer votre capital (le cas le plus fréquent) il suffit qu'il couvre votre complément de revenu sur la durée estimée de votre retraite. Pour un complément de 1 200 € par mois sur une retraite d'environ 25 ans, le besoin se situe autour de 220 000 à 250 000 € en tenant compte d'un rendement modéré qui continue de courir pendant la phase de retrait. Le capital diminue année après année, jusqu'à s'épuiser à l'horizon prévu.
  • Si vous souhaitez préserver votre capital (pour le transmettre, ou par sécurité) il faut viser plus haut, de façon à ne vivre que des revenus qu'il génère. La convention de référence (la règle des 4 %) consiste à constituer 25 fois le besoin annuel, soit environ 360 000 € pour ce même complément de 1 200 €. Le capital reste alors intact et intègre votre succession.

Dans les deux cas, atteindre un rendement supérieur à l'inflation suppose une part d'actifs dynamiques, donc un risque de perte en capital ; ces montants sont des ordres de grandeur, pas des garanties. L'essentiel est de retenir la logique : votre objectif dépend autant de votre projet patrimonial que de votre niveau de revenu. Un cadre qui souhaite transmettre devra viser nettement plus qu'un revenu médian qui prévoit simplement de compléter sa pension.

Les exemples ci-dessus visaient un maintien d'environ 80 % du revenu. Le graphique suivant pousse le raisonnement à son maximum : combien faudrait-il pour ne subir aucune baisse de niveau de vie, soit 100 % de remplacement ? L'écart se creuse encore, car plus le revenu est élevé, plus la pension publique en couvre une part faible.

Capital nécessaire pour maintenir 100 % de son revenu à la retraite

Selon le revenu d’activité et la stratégie de retrait — estimation illustrative

Capital préservé (règle des 4 %) Capital consommé sur 25 ans

Estimation illustrative. Capital nécessaire pour compléter la pension publique jusqu’à 100 % du revenu d’activité. Taux de remplacement par niveau de revenu d’après les projections du COR (rapport 2025). Capital préservé : règle des 4 % (25 × le complément annuel). Capital consommé : épuisement sur 25 ans avec un rendement réel d’environ 3 % par an. Hypothèses à titre indicatif ; investir comporte un risque de perte en capital. Ne constitue pas un conseil en investissement.

On mesure ici pourquoi les hauts revenus ne peuvent pas se contenter du système par répartition : maintenir intégralement leur train de vie suppose un capital qui se compte en centaines de milliers d'euros, là où un revenu médian atteint son objectif avec une somme bien plus modeste. 

Conseil de Goodvest : Ces montants restent des repères à atteindre à la retraite (pas à 50 ans) : votre objectif réel dépend de votre pension projetée, de l'âge de départ visé, du niveau de vie souhaité et de vos intentions de transmission. Pour partir d'une base fiable, consultez votre relevé de carrière et le simulateur officiel sur info-retraite.fr.

Lire aussi : Comment économiser 10 000 euros en 1 an ?

Combien épargner par mois à partir de 50 ans pour combler cet écart ?

Connaître votre objectif de capital ne suffit pas : encore faut-il savoir quel effort y consacrer chaque mois. Trois paramètres entrent en jeu : le montant visé, le nombre d'années qui vous séparent de la retraite, et le rendement de vos placements. À 50 ans, il vous reste généralement 12 à 17 ans avant le départ, assez pour que les intérêts composés jouent encore un rôle réel, à condition de s'y mettre sans attendre.

Le principe des intérêts composés est simple : les gains générés par votre épargne produisent à leur tour des gains. Plus l'horizon est long, plus cet effet « boule de neige » prend de l'ampleur. À 50 ans, il est moins puissant qu'à 30, mais loin d'être négligeable : sur quinze ans, une part significative du capital final provient des rendements, pas seulement de vos versements.

Voici l'effort mensuel nécessaire pour constituer un capital donné sur 15 ans, selon deux hypothèses de rendement annuel net :

Capital visé À 3 % par an À 5 % par an
100 000 € ~440 €/mois ~375 €/mois
200 000 € ~880 €/mois ~750 €/mois
300 000 € ~1 320 €/mois ~1 125 €/mois

Prenons l'objectif de 100 000 € à 5 % : en versant 375 € par mois pendant quinze ans, vous aurez vous-même apporté 67 500 €. Le reste (environ 32 500 €) provient des intérêts composés, soit près d'un tiers du capital final. C'est tout l'intérêt d'investir plutôt que de laisser dormir son épargne : le rendement fait une partie du travail. En contrepartie, viser un rendement supérieur à l'inflation suppose une part d'actifs dynamiques (actions, ETF, immobilier), donc un risque de perte en capital (les rendements présentés ici sont des hypothèses illustratives, en aucun cas garanties).

Deux leviers réduisent fortement cet effort : 

  • L'épargne déjà constituée : si vous disposez déjà d'un capital, même partiel, le montant à verser chaque mois diminue d'autant.
  • Le temps (le facteur le plus sous-estimé) : pour un même objectif de 100 000 €, attendre cinq ans de plus fait passer l'effort de 375 € à près de 645 € par mois, soit une hausse de 70 %. Chaque année gagnée allège la charge, ce qui répond à une question que beaucoup se posent à cet âge.

Lire aussi : Combien mettre de côté par mois ?

Est-il trop tard pour investir à 50 ans ?

C'est la crainte qui revient le plus souvent à cet âge, et la réponse est claire : non. À 50 ans, il vous reste 12 à 17 ans d'activité, soit un horizon d'investissement long. Sur une telle durée, vos placements ont le temps de traverser les cycles de marché et de bénéficier des intérêts composés. Vous n'êtes plus dans la situation d'un trentenaire qui dispose de tout le temps du monde, mais vous êtes très loin d'avoir « raté le coche ».

Le sentiment d'être en retard vient souvent d'une comparaison trompeuse. Comme nous l'avons vu, la médiane de patrimoine des 50-59 ans (254 100 €) est largement constituée d'immobilier, et la moyenne est gonflée par une minorité de ménages très aisés. Beaucoup de quinquagénaires qui se croient « à la traîne » disposent en réalité d'une capacité d'épargne intacte et d'un horizon encore confortable. Le bon réflexe n'est pas de se juger par rapport aux autres, mais de mesurer votre écart de retraite (et d'agir dessus).

Car à 50 ans, le vrai risque n'est pas le retard : ce sont deux erreurs opposées. 

  • La première est de tout laisser sur des livrets par prudence : le capital semble en sécurité, mais l'inflation érode son pouvoir d'achat année après année, et il ne génère pas le rendement nécessaire pour combler votre écart. 
  • La seconde est de prendre trop de risque trop tard, en misant l'essentiel sur des actifs très volatils à quelques années de la retraite, sans marge pour se refaire en cas de baisse des marchés.

Conseil de Goodvest : La bonne approche consiste à calibrer le risque sur votre horizon, et à le réduire progressivement à l'approche de la retraite. Tant que le départ est lointain, une part d'actifs dynamiques (fonds actions, ETF) vise un rendement supérieur à l'inflation, en acceptant une volatilité que le temps permet de lisser, avec un risque de perte en capital qui demeure. À mesure que l'échéance approche, on sécurise une part croissante du capital sur des supports plus stables, pour ne pas dépendre du niveau des marchés le jour du départ. Reste à choisir les bons outils pour mettre en œuvre cette stratégie : c'est l'objet de la dernière étape.

Lire aussi : Investir pour les nuls : guide complet pour débutants

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Quels placements pour faire fructifier son épargne à 50 ans ?

Une fois votre objectif fixé et votre niveau de risque calibré, reste à choisir les bons outils. Deux décisions se superposent :

  • L'enveloppe fiscale : le contenant, qui détermine la fiscalité et la disponibilité (PER, assurance-vie…).
  • Les supports : le contenu, c'est-à-dire les fonds, ETF ou fonds en euros dans lesquels vous investissez.

À 50 ans, deux enveloppes se complètent selon vos objectifs : le PER, taillé pour la préparation de la retraite et l'optimisation fiscale, et l'assurance-vie, plus souple et polyvalente. Nous en donnons ici les grandes lignes ; pour construire une allocation détaillée selon votre profil, consultez notre guide consacré à comment investir pour sa retraite à 50 ans

Le PER : combler son écart en réduisant ses impôts

Le Plan d'Épargne Retraite est l'outil le plus efficace pour les profils fortement imposés, précisément ceux dont l'écart de retraite est le plus large.

  • Déduction fiscale : vos versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'environ 10 % de vos revenus professionnels.
  • Effet d'autant plus fort que votre tranche est élevée : à 30 %, un versement de 6 000 € vous fait économiser 1 800 € d'impôt.
  • Capital bloqué jusqu'à la retraite (hors exeptions comme l'achat de la résidence principale) : à 50 ans, ce n'est pas un frein, c'est l'objectif. À la sortie, le capital versé est imposé, selon votre situation et si vous avez déduit les versements.

Bon à savoir : Le PER Goodvest propose une gestion pilotée adaptée à votre horizon de départ, accessible dès 300 €, avec des frais parmi les plus bas du marché (1,55 % à 1,75 % tout compris).

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L'assurance-vie : souplesse, projets et transmission

Si vous êtes peu imposé, ou si vous voulez garder votre épargne disponible, l'assurance-vie est l'enveloppe de référence.

  • Aucun blocage : rachats possibles à tout moment, idéal pour un projet à moyen terme.
  • Fiscalité allégée après 8 ans et outil privilégié de transmission.
  • Deux contrats Goodvest : Goodvie, 100 % unités de compte pour viser le rendement long terme ; Goodlife, multisupport, qui combine unités de compte et fonds en euros pour une protection partielle du capital.

Les sommes investies en unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Sécuriser progressivement à l'approche de la retraite

C'est le pendant concret de la stratégie d'horizon : réduire le risque à mesure que la retraite approche, pour ne plus dépendre du niveau des marchés le jour où vous aurez besoin de votre capital.

  • La gestion pilotée s'en charge automatiquement : chez Goodvest, le portefeuille est progressivement désensibilisé à l'approche de votre départ, en réduisant la part d'actifs dynamiques (actions, ETF) au profit de supports plus stables.
  • Le rôle clé des supports obligataires : la sécurisation passe surtout par des unités de compte obligataires, moins volatiles que les actions, qui amortissent les variations du portefeuille tout en gardant un potentiel de rendement. Comme toute unité de compte, elles comportent un risque de perte en capital, mais beaucoup plus limité que celui des actions.
  • Une option fonds en euros, propre à Goodlife : si vous recherchez une garantie en capital (hors frais de gestion), le contrat d'assurance-vie Goodlife intègre le Fonds Euro Objectif Climat, un fonds en euros classé Article 9 dédié à la transition écologique.

C'est le fil rouge des solutions Goodvest : toutes sont alignées avec l'Accord de Paris et excluent les énergies fossiles. À 50 ans, préparer sa retraite n'oblige pas à choisir entre performance financière et convictions, c'est tout l'intérêt d'une épargne investie par conviction.

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Antoine Lagadec
Rédacteur spécialisé Finance et Juridique

Juriste d’affaires et économiste de formation, Antoine Lagadec rédige des contenus pédagogiques sur l’investissement, l’épargne et l’immobilier afin d’aider les épargnants à mieux comprendre leurs options et à construire une stratégie d’investissement adaptée à leurs objectifs.

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