Artisans : pourquoi et comment ouvrir votre PER ?

Quand on est artisan, préparer sa retraite ne va pas de soi. Revenus irréguliers, cotisations limitées, absence d’épargne salariale… Cela se traduit par une pension souvent faible. Le PER est une solution simple et efficace pour se constituer une retraite complémentaire tout en réduisant ses impôts. Voici pourquoi et comment l’adopter.

Comment fonctionne la retraite des artisans ?
Lorsqu’un artisan exerce à son compte, en dehors du cadre d’une société où le dirigeant serait assimilé salarié, il est juridiquement considéré comme un travailleur non salarié (TNS). À ce titre, il dépend du régime de retraite des indépendants, géré par la Sécurité sociale des indépendants (SSI), elle-même intégrée au régime général de la Sécurité sociale.
Quel que soit son régime fiscal, micro-entreprise ou réel, l’artisan cotise obligatoirement à deux niveaux de retraite :
- La retraite de base, commune à tous les assurés sociaux ;
- La retraite complémentaire des indépendants (RCI), propre aux travailleurs non salariés.
Ensemble, ces deux régimes constituent la retraite obligatoire de l’artisan. Le montant de cette retraite est déterminé par le taux de remplacement, c’est-à-dire la part du revenu d’activité remplacée par la pension de retraite. Ce taux de remplacement est central pour comprendre l'intérêt d’ouvrir un Plan Épargne Retraite (PER), car il met en lumière les limites du système obligatoire.
Remarque : La différence fondamentale entre l’artisan auto-entrepreneur et l’artisan au régime réel tient au mode de calcul des cotisations sociales.
Lire aussi : Le guide complet du PER pour les indépendants
La retraite de base des artisans
La retraite de base des artisans relève du régime général de la Sécurité sociale, auquel ils sont pleinement affiliés depuis la réforme de 1973. Contrairement à un régime par points, il s'agit d'un régime en annuités, identique à celui des salariés du privé.
Le calcul de la pension de retraite de base repose sur trois paramètres :
- le nombre de trimestres validés au cours de la carrière ;
- la moyenne des 25 meilleures années de revenus d’activité ;
- un taux plein fixé à 50 %, si l’ensemble des conditions d’assurance sont remplies.
Pour obtenir une retraite complète, il faut généralement avoir validé entre 166 et 172 trimestres selon l’année de naissance. En 2025, pour valider un trimestre, il faut déclarer un revenu trimestriel de 1747,50 € euros minimum. Si ce n’est pas le cas, une décote est appliquée, diminuant le montant de la pension.
La retraite complémentaire des artisans
En parallèle, les artisans cotisent également à un régime complémentaire obligatoire : la Retraite Complémentaire des Indépendants (RCI). Ce régime fonctionne selon un système de points.
Chaque année, les cotisations versées permettent d’acquérir un certain nombre de points retraite, en fonction du montant des revenus professionnels. Le montant final de la pension complémentaire dépend :
- du nombre de points acquis au cours de la carrière ;
- de la valeur du point au moment du départ à la retraite.
Ce système vise à compléter la retraite de base, mais le niveau de prestation reste souvent inférieur bien inférieur à celui des régimes complémentaires des salariés du privé.
La retraite des artisans est-elle suffisante ?
Lorsqu'on aborde la question de la retraite des artisans, un indicateur clé permet d’en évaluer le niveau : le taux de remplacement. Il s'agit du pourcentage que représente la pension de retraite par rapport au dernier revenu d’activité perçu avant la cessation d’activité. Ce taux est un bon reflet du maintien du niveau de vie à la retraite.
Or, pour les artisans, ce taux est souvent inférieur à celui observé chez les salariés, et ce pour plusieurs raisons structurelles liées à leur statut.
La retraite en moyenne plus faible que l’ensemble des retraités Français
Selon l’INSEE, en 2020, un artisan percevait en moyenne 1 230 € par mois au titre de sa retraite, tous régimes confondus (retraite de base et complémentaire). À titre de comparaison, la pension moyenne tous retraités confondus s’élevait à 1 540 € par mois. Cela représente un écart de plus de 300 €, qui peut peser lourd sur le budget au quotidien.
Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- Des revenus professionnels plus irréguliers et souvent plus faibles, notamment en début d’activité ou en période creuse ;
- Des cotisations sociales moindres, ce qui se traduit par une acquisition plus lente de droits à la retraite ;
- Des périodes d’activité non validées, en raison de seuils de revenus insuffisants pour valider des trimestres ;
- L'absence d’épargne salariale : contrairement aux salariés, les artisans ne bénéficient pas de dispositifs d’entreprise tels que le PERCO ou l’abondement employeur.
Heureusement, il est possible pour les artisans de se constituer une retraite complémentaire par capitalisation, en dehors du système public. Le Plan Épargne Retraite (PER) s’impose comme une solution particulièrement adaptée, d’autant plus qu’il permet de réduire ses impôts tout en se préparant une retraite plus confortable.*
Lire aussi : Quelle retraite pour un salaire de 1 800 euros net ?
*Ceci ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs.
Pourquoi souscrire un PER quand on est artisan ?
Face à une pension de retraite souvent plus faible que la moyenne, de nombreux artisans cherchent des solutions pour compléter leurs revenus à la retraite. Le PER constitue un levier efficace et accessible pour se constituer une épargne retraite personnalisée. Il permet non seulement de préparer l’avenir, mais aussi d’optimiser sa fiscalité dès aujourd’hui.
Lire aussi : PER pour TNS : pourquoi et lequel choisir ?
Qu’est ce que le PER pour les artisans ?
Le PER est un produit d’épargne long terme, conçu pour vous aider à constituer une retraite complémentaire par capitalisation. Accessible à tous, il s’adresse particulièrement aux travailleurs non salariés (TNS) comme les artisans.
Il remplace l’ancien contrat Madelin ou le PERP, avec plus de souplesse à l’entrée comme à la sortie. Vous effectuez des versements libres, que vous pouvez déduire de vos revenus imposables. Ces sommes sont ensuite investies sur différents supports (fonds, ETF, immobilier…), selon une gestion pilotée ou libre, en fonction de votre profil de risque.
Sauf exceptions (que nous allons aborder), l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite. À la retraite, vous pouvez récupérer votre épargne :
- soit sous forme de rente viagère, pour compléter régulièrement vos revenus ;
- soit en capital, en une ou plusieurs fois, pour financer vos projets ;
- soit via une combinaison des deux.
Le PER est donc un outil de prévoyance personnelle qui permet de compenser la faiblesse du régime obligatoire des artisans, tout en bénéficiant d’un levier fiscal intéressant.
Réduire ses impôts tout en constituant sa propre retraite
Le PER repose sur un principe simple : vous épargnez pour vous-même, dans une logique de capitalisation, à l’opposé du système par répartition où les actifs financent les pensions des retraités. Avec un PER, vous êtes propriétaire de votre épargne. Elle vous appartient, elle est investie, et elle fructifie pour votre avenir.
L’un des grands avantages du PER est son effet fiscal immédiat. En tant qu’artisan, les sommes que vous versez sur votre PER peuvent être déduites de votre revenu imposable, ce qui réduit le montant de votre impôt sur le revenu à payer.
Exemple : Un artisan célibataire, sans enfant, déclare 30 000 € de bénéfice imposable en 2024. Il décide de verser 3 000 € sur son PER.
- Avant le versement, son impôt sur le revenu est estimé à 2 165 €.
- Après le versement, son revenu imposable tombe à 27 000 €, et son impôt est réduit à 1 705 €.
- Il réalise donc une économie d’impôt de 460 € environ.
Autrement dit, sur les 3 000 € épargnés, il n’en supporte réellement que 2 540 € après avantage fiscal.
Cet exemple est fourni à titre indicatif et ne constitue pas un conseil fiscal.
Pour calculer votre économie maximum d’impôt grâce au PER, vous pouvez utiliser notre simulateur d’économie d’impôt grâce au PER.
Attention : le fait de déduire fiscalement vos versements entraîne une fiscalité à la sortie lors de la retraite ou en cas de déblocage anticipé du PER pour l’achat de votre résidence principale.
Lire aussi : Tout savoir sur fiscalité du PER : versement, rachats, sortie, succession
Une épargne protectrice en cas d’accident de la vie
Exercer une activité artisanale implique souvent une plus grande exposition aux risques professionnels que dans d'autres secteurs. Qu’il s’agisse de maladie, d’accident, de baisse d’activité ou même de faillite, les aléas sont nombreux et peuvent fragiliser votre situation personnelle comme financière.
Même si le PER est conçu comme un produit de long terme, avec une épargne normalement bloquée jusqu’à la retraite, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé, en cas d’événements qualifiés « d’accidents de la vie ». Vous pouvez ainsi accéder à votre épargne plus tôt, sans pénalités, pour faire face à une situation exceptionnelle.
Voici les situations où le déblocage anticipé est autorisé :
- invalidité de l’épargnant, de ses enfants ou de son conjoint (catégories 2 ou 3) ;
- décès du conjoint ou partenaire de PACS ;
- expiration des droits au chômage ;
- surendettement (reconnu par la commission de surendettement) ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire .
Dans ces cas, les sommes versées peuvent être entièrement récupérées en franchise d’impôt sur le revenu (alors même que vous avez déduit fiscalement les versements), seuls les prélèvements sociaux (18,6 %) peuvent s’appliquer sur la part des gains.
Ainsi, le PER ne constitue pas seulement un outil de préparation à la retraite, mais aussi une forme de prévoyance, capable de vous soutenir dans les moments difficiles.
Et si tout se passe bien ? Vous retrouverez à la retraite une épargne disponible, que vous pourrez transformer en rente viagère ou en capital, selon vos besoins du moment.
Remarque : Vous pouvez aussi débloquer votre PER avant l’âge de la retraite pour acheter votre résidence principale. Mais attention, la fiscalité de sortie est moins avantageuse qu’en cas d’accident de la vie puisqu’il faudra payer l’impôt sur la part de versement ayant fait l’objet d’une déduction à l’entrée ainsi que la flat tax de 31,4 % sur la part des gains. Ceci étant, ce mode de sortie reste intéressant selon les circonstance, notamment s’il est partiel en vue de constituer ou de compléter un apport ! N’hésitez pas à en discuter avec un conseiller Goodvest !
Un mode de sortie flexible à la retraite
À l’approche de la retraite, chaque artisan a des objectifs de vie différents. Certains souhaitent garantir un complément de revenu régulier pour sécuriser leur quotidien, tandis que d’autres préfèrent disposer d’un capital immédiat pour concrétiser un projet : achat d’une résidence, travaux, tour du monde ou aide financière à ses proches.
Le PER offre justement une flexibilité rare comparés aux anciens produits d’épargne retraite. Au moment de la liquidation de vos droits à la retraite, vous pouvez choisir entre deux modes de sortie, selon vos préférences et votre situation patrimoniale :
- La sortie en rente viagère : vous percevez un revenu régulier à vie, qui vient compléter vos pensions obligatoires. C’est une solution rassurante si vous privilégiez la stabilité financière sur le long terme.
- La sortie en capital : vous pouvez récupérer votre épargne en une seule fois ou de manière fractionnée, pour financer un projet personnel, réinvestir, ou transmettre à vos proches. C’est une option appréciée pour sa souplesse et sa disponibilité immédiate.
Il est également possible d’opter pour une combinaison des deux : une partie en capital, une autre en rente. Cette liberté de choix fait du PER un outil particulièrement adapté aux parcours professionnels variés des artisans, dont les besoins évoluent souvent au fil des années.
Lire aussi : Sortie du PER : rente ou capital ?
Une transmission optimisée de votre épargne retraite en cas de décès pour les PER assurance
Le PER assurance (comme le PER de Goodvest) présente un avantage peu connu, mais pourtant essentiel : il permet de transmettre votre épargne à vos proches dans un cadre fiscal très avantageux en cas de décès.
Lors de la souscription, vous désignez un ou plusieurs bénéficiaires de votre choix, qui recevront les sommes investies sur votre PER si vous veniez à disparaître avant d’en avoir profité. C’est une manière efficace de protéger vos proches tout en optimisant la transmission de votre patrimoine.
Le traitement fiscal dépend toutefois de l’âge de l’épargnant au moment du décès :
- Si le décès survient avant 70 ans : chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 € en exonération totale de droits de succession. Au-delà de ce montant, un prélèvement forfaitaire de 20 % s’applique jusqu’à 852 500 €, puis 31,25 % au-delà.
- Si le décès survient après 70 ans : l’ensemble des bénéficiaires partagent une exonération globale de 30 500 € (tous contrats d’assurance vie confondus). Les sommes excédentaires sont soumises aux droits de succession classiques, mais uniquement sur les versements (pas sur les gains générés).
Ce régime fiscal spécifique, hérité de l’assurance vie, fait du PER assurance un véritable outil de transmission, à la fois souple et puissant, particulièrement utile pour organiser sa succession sereinement et protéger ses proches.
Comment ouvrir un PER quand on est artisan ?
Souscrire un PER en tant qu’artisan est aujourd’hui simple, rapide et accessible en ligne. Toutefois, il est essentiel de choisir un contrat adapté à votre situation professionnelle, à vos objectifs de retraite et à votre capacité d’épargne.
Choisir le bon type de PER
Tous les PER ne se valent pas. Certains contrats peuvent afficher des frais élevés, proposer des supports peu performants ou manquer de transparence. Pour faire un choix éclairé, voici les critères à comparer :
- Frais de gestion : privilégiez les PER avec des frais raisonnables, notamment sur les unités de compte et les frais d’enveloppe.
- Qualité des supports d’investissement : attention à la diversité et à la nature des actifs (fonds classiques, ETF, immobilier, thématiques durables...).
- Souplesse de gestion : gestion libre ou pilotée, avec un profil adapté à votre tolérance au risque.
- Conditions de sortie : possibilité de choisir capital, rente, ou un mix, et clarté des règles de déblocage anticipé.
- Avantages fiscaux à la transmission : notamment si vous optez pour un PER assurance.
Le PER Goodvest se distingue par une approche à la fois responsable et performante : des frais maîtrisés, une gestion pilotée compatible avec l’Accord de Paris, et des supports d’investissement durables (ETF thématiques, fonds à impact, immobilier responsable…). C’est une solution idéale pour les artisans qui souhaitent faire fructifier leur épargne de manière responsable, tout en optimisant leur retraite et leur fiscalité !
Ouvrir son PER en ligne avec Goodvest
La souscription d’un PER avec Goodvest se fait entièrement en ligne, en quelques étapes simples :
- Simulation de votre projet retraite : pour estimer vos besoins et définir une stratégie adaptée.
- Détermination de votre profil investisseur : en fonction de votre âge, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.
- Choix de votre mode de gestion : gestion pilotée 100 % responsable par défaut.
- Signature électronique du contrat : rapide et sécurisée.
- Versements à votre rythme : ponctuels ou programmés, selon votre situation.
Aucune connaissance financière n’est requise, la plateforme vous accompagne à chaque étape.
Déterminer sa stratégie de versements
En tant qu’artisan, votre stratégie d’épargne sur un PER doit tenir compte de plusieurs éléments clés :
- Votre capacité d’épargne réelle : mieux vaut éviter les versements programmés trop ambitieux si vos revenus sont irréguliers.
- Votre plafond de déduction fiscale : inutile de dépasser ce seuil sauf cas spécifique.
- Votre horizon de placement : plus vous êtes loin de la retraite, plus vous pouvez vous permettre un profil dynamique pour viser une meilleure performance à long terme.
Si vous n’avez pas de connaissance en investissement, la gestion pilotée est recommandée. Elle ajuste automatiquement la répartition de votre épargne au fil du temps. Un profil dynamique, majoritairement investi en actions, est généralement conseillé en début de parcours pour battre l’inflation, mais il implique une prise de risque : le capital n’est pas garanti.
L’essentiel est de rester cohérent avec votre situation personnelle et de faire des ajustements réguliers si nécessaire. Nh’ésitez pas à en discuter avec un conseiller Goodvest !
Questions fréquentes sur le Plan Épargne Retraite
Est-ce que je peux ouvrir un PER si je suis en micro-entreprise ?
Oui, le PER est accessible aux micro-entrepreneurs. Vous pouvez déduire vos versements de votre revenu imposable sous réserve de respecter les plafonds.
Puis-je suspendre mes versements si mon activité baisse ?
Absolument. Le PER n’impose aucun rythme de versement. Vous pouvez stopper ou reprendre vos versements à tout moment, en fonction de vos capacités financières.
Que se passe-t-il si je change de statut (ex : passage en société, salarié, etc.) ?
Le PER est un produit personnel. Vous le conservez quel que soit votre statut professionnel futur. Vous pouvez continuer à l’alimenter ou le laisser fructifier jusqu’à votre retraite.
Puis-je transférer un ancien contrat Madelin vers un PER ?
Oui. Il est possible de transférer un contrat Madelin vers un PER pour bénéficier d’un régime de versement plus souple et d’un mode de sortie plus flexible.
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