Flat tax (PFU) en assurance-vie : ce qui change en 2026 !

L’assurance vie est très appréciée des Français : avec des versements qui ont régulièrement battu des records, par exemple plus de 15,7 milliards d’euros uniquement en novembre 2025 (source : France Assureurs - Communiqué de presse Novembre 2025). Pour cause, l’assurance vie est l’une des rares enveloppes qui propose une grande variété de supports (fonds euros et unités de compte) ainsi qu’une fiscalité avantageuse, notamment après 8 ans de détention, avec des abattements sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
.jpg)
En 2026, les règles ont changé : la Loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) a acté une hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur une partie des revenus du capital, ce qui fait passer théoriquement les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et la flat tax de 30 % à 31,4 % sur les placements concernés.
Malgré cela, l’assurance-vie est explicitement exclue de cette hausse dans le texte adopté le 30 décembre 2025 (article 12 de la LOI n° 2025-1403).
Dans cet article, nous allons vous expliquer comment la flat tax s’applique à l’assurance vie, son mécanisme (comment l'éviter ?), des exemples concrets et chiffrés, en terminant par les impacts de la réforme de 2026 sur votre épargne.
Flat tax sur l’assurance-vie : tableau récapitulatif
La flat tax s’applique lors d’un rachat partiel ou total, et uniquement sur la part d’intérêts comprise dans le retrait.
Le seuil des 8 ans et celui des 150 000 € d’encours par assuré sont déterminants pour la fiscalité (voir le tableau ci-dessous, pour les versements effectués à partir du 27/09/2017) :
* Après application de l’abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
À retenir (pour les versements effectués à partir du 27/09/2017) :
- Avant 8 ans, vous devez choisir entre la flat tax à 30 % ou l'intégration des produits à l'impôt sur le revenu (+ prélèvements sociaux à 17,2 %).
- Après 8 ans, l’assurance vie devient moins imposée grâce à l’abattement et au taux réduit en dessous des 150 000 € de versements.
- Le seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré, tous contrats confondus.
Cette fiscalité est définie dans l’article 125-0 A du Code général des impôts, applicable aux produits des contrats d’assurance vie.
Quelle imposition au décès ?
Il faut distinguer la fiscalité en cas de vie (rachats) et la fiscalité en cas de non-vie (dénouement du contrat) : au décès de l’assuré, l’assurance vie bénéficie d’un régime dérogatoire au droit commun des successions, à condition qu’une clause bénéficiaire valable existe.
Lire aussi : Assurance vie 70 ans révolus : quelles conséquences ?
Sur le plan civil, l’article L.132-12 du Code des assurances prévoit que les capitaux décès “ne font pas partie de la succession de l'assuré”, sauf primes manifestement exagérées.
Voici une des raisons pour laquelle l’assurance vie est l’outil de transmission le plus utilisé en France (2 106 milliards d’euros à fin novembre 2025, selon France Assureurs).
Flat tax assurance-vie : principe et fonctionnement
La flat tax ne s’applique pas sur l’ensemble de votre capital, ce qui est faux, elle ne concerne que la part d’intérêts comprise dans les sommes que vous retirez, jamais vos versements initiaux.
Lire aussi : La fiscalité applicable à un rachat partiel ou total d'une assurance vie
Ce régime est issu de la loi de finances à partir du 1er janvier 2018, qui a instauré le prélèvement forfaitaire unique (PFU) afin de simplifier la fiscalité de l’épargne (et des dividendes).
Il est aujourd’hui codifié à l’article 125-0 A du Code général des impôts et s’applique donc à l’assurance vie.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ne se limite pas à l’assurance vie. Il s’applique à l’ensemble des revenus du capital, notamment :
- les dividendes d’actions,
- les intérêts de comptes à terme et de livrets fiscalisés,
- les obligations,
- les plus-values mobilières,
- les actifs numériques (crypto monnaies),
- les comptes-titres,
- les plans d’épargne retraite,
- les PEA (de moins de 5 ans),
- et bien sûr les produits des contrats d’assurance vie lors d’un rachat.
Vos plus-values sont soumises à un taux forfaitaire global de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou 31 % selon le type de placements.
Néanmoins, la flat tax n’est pas systématique (sauf pour les actifs numériques). Chaque année, lors de votre déclaration, vous pouvez choisir entre :
- le PFU à 30 ou 31,4 %,
- ou l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent toujours les 17,2 % (ou 18,6 % depuis 2026) de prélèvements sociaux.
Si votre TMI est de 11 %, la taxation de votre assurance-vie au barème revient à : 11 % (IR) + 17,2 % (PS) = 28,2 %, proche de la flat tax.
Dès que votre TMI est supérieur à 11 % (30 %, 41 % ou 45 %), la fiscalité au barème devient beaucoup plus lourde : par exemple, à 30 % de TMI, vous passez à 47,2 % de taxation (30 % + 17,2 %), contre 30 % seulement avec la flat tax, voire 24,7 % pour les gains d’assurance-vie issus des versements inférieurs à 150 000 €.
Lire aussi : Tableaux de la fiscalité de l'assurance vie
Qu’est-ce que la flat tax appliquée à l’assurance-vie ?
Il existe 2 situations possibles pour la flat tax en assurance-vie, selon le montant total de vos versements nets :
- 24,7 % lorsque les versements n’excèdent pas 150 000 € par assuré,
- 30 % pour la fraction des gains rattachée aux versements au-delà de 150 000 €.
Dans les deux cas, la fiscalité se décompose toujours de la même manière : une part d’impôt sur le revenu et une part de prélèvements sociaux.
Sous 150 000 €, vous payez 7,5 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 24,7 % au total.
Au-delà de 150 000 €, vous payez 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %.
Ce prélèvement ne s’applique qu’en cas de rachat, c’est-à-dire lorsque vous retirez de l’argent de votre contrat, et uniquement sur la fraction correspondant aux gains.
Exemple : vous avez investi 80 000 € sur votre contrat, qui vaut aujourd’hui 100 000 €. Vous avez donc 20 000 € de plus-values latentes. Si vous effectuez un retrait de 10 000 €, seule la part de gains contenue dans ce retrait est imposable : 10 000 € x (20 000 € / 100 000 €) = 2 000 € de gains imposables.
La flat tax de 24,7 % s’appliquera uniquement sur ces 2 000 €, soit 494 € à payer.
Lire aussi : Retirer l’argent d’une assurance-vie après 8 ans : quelles conséquences ?
Qui est concerné par la flat tax en assurance-vie ?
L’imposition de l’assurance-vie est différente selon la date de vos versements et le montant versé. La réforme Macron distingue clairement deux périodes :
- les versements effectués avant le 27 septembre 2017,
- ceux réalisés à partir du 27 septembre 2017.
Seuls les versements effectués depuis cette date entrent dans le champ du prélèvement forfaitaire unique. Les anciens versements continuent de bénéficier de l’ancien régime fiscal, avec notamment le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL). Voici un tableau récapitulatif :
Un seuil a également été instauré : 150 000 € de versements par assuré. Tant que vos versements post-2017 restent en dessous de ce plafond, vos gains bénéficient, après 8 ans, d’un taux d’impôt réduit à 7,5 % (au lieu de 12,8 %), en plus de l’abattement annuel.
Au-delà de 150 000 €, la part excédentaire des gains est taxée à 12,8 % + 17,2 %, soit 30 %, même après 8 ans.
Quand s’applique la flat tax lors d’un rachat ?
En assurance-vie, la fiscalité ne se déclenche pas au fur et à mesure comme sur un compte-titres ordinaire.
Tant que vous laissez votre épargne investie, aucun impôt n’est dû, quels que soient les gains latents : l’enveloppe est dite “capitalisante”.
Dans le cas des versements effectués après le 27 septembre 2017, la flat tax (ou le barème) ne s’applique qu’au moment où vous effectuez un rachat, c’est-à-dire lorsque vous retirez tout ou partie de votre capital.
À quel moment est-elle prélevée ?
Lorsque vous effectuez un rachat, l’assureur calcule automatiquement la part imposable et prélève l’impôt à la source pour le compte de l’administration fiscale.
L’assureur prélève immédiatement les 17,2 % de prélèvements sociaux au moment du rachat, puis il procède à deux opérations successives :
- Un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) est effectué à la source au titre de l’impôt sur le revenu sur la part de gains rachetés. Selon les règles en vigueur, ce prélèvement est :
- de 12,8 % lorsque le contrat a moins de 8 ans,
- de 7,5 % lorsque le contrat a au moins 8 ans et que la fraction des versements attachés à ces gains n’excède pas 150 000 €.
Ce prélèvement est non libératoire : il s’agit d’une avance d’impôt qui est prélevée par l’assureur au moment du rachat.
- La régularisation intervient lors de votre déclaration annuelle de revenus. L’année suivant le rachat, vous déclarez les produits (gains) dans votre déclaration de revenus. L’administration fiscale intègre le PFNL déjà versé par l’assureur et calcule l’imposition définitive soit :
- selon le prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux de 12,8 % (hors prélèvements sociaux), ou
- selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu si vous avez choisi cette option (irrévocable) pour l’année.
Exemple : lors d’un rachat de 50 000 € avec 10 000 € de gains, l’assureur prélève immédiatement, par exemple, 7,5 % de PFNL (soit 750 €) si le contrat a plus de 8 ans et les conditions de seuil sont respectées. Vous intégrez ensuite ces 10 000 € de gains dans votre déclaration de revenus de l’année suivante. L’administration fiscale régularise alors votre situation, en tenant compte du PFNL déjà versé par l’assureur, et vous applique soit le PFU final, soit le barème si vous avez fait cette option.
Comment est calculée la flat tax sur un rachat ?
La flat tax sur l’assurance-vie est calculée selon la proportionnalité entre versements et plus-values.
Supposons que vous disposiez d’un contrat avec :
- Versements totaux : 300 000 €
- Valeur actuelle : 400 000 €
- Plus-values latentes : 100 000 €
Vous décidez de retirer 50 000 €. La part de gains dans votre contrat est donc de : 100 000 / 400 000 = 25 %
Ainsi, sur votre retrait de 50 000 € : 50 000 × 25 % = 12 500 € de gains imposables
Il faut retrancher à ce montant l’abattement annuel de 9 200 € (applicable à un couple) : 12 500 − 9 200 = 3 300€ de gains imposables
La tranche inférieure à 150 000 € de versements bénéficie du taux réduit applicable aux contrats de plus de huit ans. Dans notre exemple, la moitié des gains imposables, soit 1 650 €, correspond à cette tranche et sera soumise au taux combiné 7,5 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux = 24,7 %. Concrètement, l’impôt sur cette portion représente environ 408 €.
La tranche supérieure à 150 000 €, correspondant à l’autre moitié des gains imposables (1 650 €), est imposée au taux normal de la flat tax : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux = 30 %, soit un impôt d’environ 495 €.
Au final, l’impôt total prélevé sur votre retrait de 50 000 € sera d’environ 903 €, ce qui vous permet de recevoir un montant net de 49 097 €.*
*Cette simulation financière est réalisée à titre indicatif et ne constitue pas un engagement contractuel. Elle ne saurait refléter exactement le montant disponible au terme.
Faut-il avoir peur de la flat tax en assurance-vie en 2026 ?
La loi de financement de la sécurité sociale du 30 décembre 2025 pour 2026 (article 12) a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Cela entraîne mécaniquement une hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur une grande partie des revenus du capital.
De ce fait, le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) passe de 30 % à 31,4 % dans certains cas.
Cependant, certains placements sont épargnés et restent soumis à l’ancien taux de prélèvements sociaux (17,2 %) et donc à une flat tax à 30 %.
Notre analyse pour 2026
La hausse de la CSG en 2026 n’est pas neutre. Elle alourdit la fiscalité de nombreux épargnants (préparation de retraite, revenus complémentaires…), ce qui est dommage pour l’épargne des Français, mais elle concerne certains revenus du capital seulement.
Les principaux placements touchés par la CSG à 18,6 % et donc par une flat tax à 31,4 % sont :
- Comptes‑titres ordinaires : dividendes, intérêts et plus‑values de cession de titres.
- PEA.
- Dividendes et revenus distribués assimilés.
- Plus‑values mobilières (y compris cessions de cryptomonnaies).
- Produits de placements à revenu fixe (compte courant, compte à terme, livrets fiscalisés).
À l’inverse, sont exclues de cette hausse :
- Assurance vie et contrats de capitalisation (produits attachés à ces contrats).
- PER (à confirmer dans les prochains textes de loi)
- Revenus fonciers (vide ou LMP) et plus‑values immobilières.
- Livrets défiscalisés (Livret A, LDD, ...), qui sont déjà exonérés de prélèvements sociaux.
Lire aussi : Comparatif des meilleurs placements financiers non imposables en 2026 !
L’assurance vie reste donc l’un des rares placements dont la fiscalité est restée stable et avantageuse en 2026.
Comment optimiser la flat tax avec une assurance-vie ?
Voici quelques pistes afin d’optimiser la fiscalité de votre contrat :
- Attendez le bon moment pour effectuer un rachat : la fiscalité ne s’applique qu’au rachat (hors fonds euros), ce qui vous permet d’anticiper combien vous allez être imposés.
- Utiliser pleinement les abattements après 8 ans (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), qui réduisent l’impôt sur le revenu.
Chez Goodvest, nous construisons pour vous des portefeuilles diversifiés, composés de d’unités de compte sélectionnées selon des critères de durabilité, ainsi que de supports plus sécurisés comme le fonds en euros.
Lire aussi : Meilleurs Fonds Euros (assurance-vie) : classement 2026 !
Nos tarifs sont compétitifs (voir le détail) avec des frais de gestion sur les supports inférieurs à la moyenne du marché, notamment grâce aux ETF ISR, fonds clean shares etc.
Enfin, sachez que nos contrats sont accessibles dès 300 € sur GoodVie ou 500 € sur GoodLife.
Questions fréquentes sur l'Assurance-vie
Qu’est-ce que la flat tax en assurance-vie ?
La flat tax en assurance-vie (versements effectués à partir du 27 septembre 2017) est le prélèvement forfaitaire appliqué sur la part d’intérêts lors d’un rachat, au taux de 24,7 % ou 30 %, selon la date et le montant des versements.
Comment la flat tax est-elle appliquée à l’assurance-vie ?
Elle est prélevée uniquement lors d’un rachat (partiel ou total), et seulement sur la fraction de gains contenue dans la somme retirée, calculée au prorata du contrat.
Comment éviter la flat tax ?
Vous ne pouvez pas la supprimer, mais vous pouvez la réduire (voir supprimer) grâce à l’abattement annuel après 8 ans (4 600 € ou 9 200 € pour un couple) et en étalant vos rachats.
Quelle est la nouvelle taxe sur l’assurance-vie prévue pour 2026 ?
La LFSS 2026 augmente la CSG de 9,2 % à 10,6 % pour certains placements, mais l’assurance‑vie est (pour le moment) exclue de cette hausse et conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Les derniers articles dans la même catégorie
Nos experts sont à votre service








%20(1).png)

%20(1).png)





.jpg)