Abattement fiscal des retraités 2026 : 10 %, plafonds et plus de 65 ans

L'abattement de 10 % sur les pensions reste en vigueur en 2026 : plancher de 454 € par retraité, plafond de 4 439 € par foyer, abattement spécial des plus de 65 ans, réforme du forfait rejetée. Calcul, exemples chiffrés et simulateur.

Chaque automne depuis 2025, la même inquiétude revient : le fisc va-t-il supprimer l'abattement de 10 % dont bénéficient les retraités ? La réponse tient en une phrase. L'abattement de 10 % sur les pensions est toujours en vigueur en 2026, et il s'applique automatiquement à votre déclaration.
Reste que derrière ce chiffre simple se cachent deux mécanismes distincts, un plancher qui se compte par personne, un plafond qui se compte par foyer, et un second abattement réservé aux plus de 65 ans que beaucoup de retraités ignorent. Autant de subtilités qui font varier votre impôt de plusieurs centaines d'euros, et qui font de cet abattement l'un des principaux avantages fiscaux attachés à la pension de retraite.
Voici ce qui s'applique réellement, avec les montants officiels, la méthode de calcul et deux exemples chiffrés. Vous pouvez commencer par estimer votre situation avec le simulateur ci-dessous.
Simulez votre abattement et votre impôt de retraité
Estimez en quelques secondes l'abattement de 10 %, l'abattement des plus de 65 ans et l'impôt qui vous reste à payer sur vos pensions.
Impôt sur le revenu estimé
0 €
Taux moyen d'imposition : 0 %
- Pensions annuelles du foyer0 €
- Abattement de 10 % appliqué0 €
- Revenu net global0 €
- Abattement plus de 65 ans0 €
- Décote appliquée0 €
- Revenu net imposable0 €
Qu'est-ce que l'abattement fiscal des retraités ?
L'abattement fiscal des retraités est une réduction de 10 % appliquée automatiquement par l'administration sur le montant des pensions déclarées. Pour la déclaration 2026 (revenus 2025), il ne peut être inférieur à 454 € par retraité, ni excéder 4 439 € pour l'ensemble du foyer fiscal. Aucune démarche n'est nécessaire.
| Abattement de 10 % sur les pensions | Déclaration 2026 (revenus 2025) |
|---|---|
| Taux | 10 % |
| Montant minimum | 454 € par retraité |
| Montant maximum | 4 439 € par foyer fiscal |
| Démarche à effectuer | Aucune, application automatique |
| Base légale | Article 158, 5-a du CGI |
Montants applicables aux revenus 2025 (source : article 158 du CGI, version en vigueur au 1er juillet 2026), susceptibles d'évoluer selon la réglementation.
Un abattement appliqué automatiquement, sans aucune démarche
C'est le point qui rassure le plus : vous n'avez rien à demander. Vos caisses de retraite transmettent le montant de vos pensions au fisc, celui-ci pré-remplit votre déclaration, puis applique l'abattement au moment de calculer votre impôt.
Autrement dit, le montant que vous voyez en case 1AS ou 1BS de votre déclaration est le montant brut de vos pensions. L'abattement de 10 % n'y apparaît pas : il est retranché plus loin, dans le calcul, et vous le retrouverez sur votre avis d'imposition à la ligne du revenu net catégoriel.
À savoir : cet abattement est un forfait, pas un remboursement de frais réels. Contrairement aux salariés, un retraité ne peut pas opter pour la déduction de ses frais réels à la place des 10 %.
Pourquoi cet abattement existe-t-il ?
L'abattement de 10 % sur les pensions a été instauré en 1978. L'idée de départ était d'aligner le traitement des retraités sur celui des salariés, qui bénéficient eux aussi d'une déduction forfaitaire de 10 % au titre de leurs frais professionnels.
C'est précisément ce parallèle qui nourrit le débat depuis plusieurs années : un retraité n'a plus de frais professionnels. C'est l'argument qu'a repris le gouvernement à l'automne 2025 pour tenter de réformer le dispositif. Sans succès, comme nous allons le voir.
L'abattement de 10 % est-il supprimé en 2026 ?
Non. Pour couper court aux inquiétudes, voici ce qui s'applique réellement en 2026 :
- L'abattement de 10 % sur les pensions reste en vigueur, avec un minimum de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal.
- L'abattement spécial des personnes âgées ou invalides modestes (article 157 bis du CGI) est lui aussi maintenu, et revalorisé de 0,9 %.
- Les deux mécanismes se cumulent, et aucune démarche n'est requise pour en bénéficier.
Ce que prévoyait l'article 6 du projet de loi de finances 2026
Le projet de loi de finances pour 2026 comportait un article 6 qui prévoyait de remplacer l'abattement proportionnel de 10 % par un abattement forfaitaire de 2 000 € par pensionné, porté à 4 000 € pour un couple de retraités. L'idée d'un abattement forfaitaire, identique pour tous quel que soit le niveau de pension, revenait à concentrer l'avantage sur les retraités les plus modestes.
Le mécanisme aurait fait des gagnants et des perdants. Un retraité aux pensions modestes, dont l'abattement de 10 % représente moins de 2 000 €, y aurait gagné. À l'inverse, tout retraité dont les pensions dépassent 20 000 € par an y aurait perdu, jusqu'au plafond actuel.
Le rejet du 13 novembre 2025
L'Assemblée nationale a supprimé cet article 6 le 13 novembre 2025. Le scrutin public n° 3694 a vu 213 députés voter pour les amendements de suppression, contre 17, avec 3 abstentions.
Attention à la formulation que l'on lit un peu partout : il ne s'agissait pas d'un vote « contre la réforme », mais d'un vote en faveur d'amendements supprimant l'article. Le résultat est le même, la nuance compte pour comprendre le déroulé parlementaire.
Bon à savoir : la loi de finances pour 2026 promulguée (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a pas rétabli la mesure. À la date du 1er juillet 2026, l'article 158, 5-a du Code général des impôts porte toujours « abattement de 10 % », avec le plancher de 454 € et le plafond de 4 439 €.
Le plafond a-t-il été abaissé ?
Non plus, et c'est une confusion fréquente. Le plafond est passé de 4 399 € (revenus 2024) à 4 439 € (revenus 2025). Il s'agit d'une simple revalorisation de 0,9 %, appliquée comme chaque année à l'ensemble des seuils du barème. Aucun abaissement n'a été voté.
Méfiez-vous d'ailleurs des montants qui circulent : plusieurs sites très visibles évoquent encore un minimum de 400 € ou 450 €, ou un plafond de 4 321 €. Ce sont des chiffres périmés ou erronés. Les seuls montants applicables aux revenus 2025 sont 454 € et 4 439 €.
Quels sont les plafonds de l'abattement en 2026 ?
C'est ici que se joue l'essentiel, et c'est aussi le point le plus mal expliqué du web. Le minimum et le maximum ne se comptent pas au même niveau.
Le minimum de 454 € s'apprécie par retraité
Le plancher de 454 € s'applique aux pensions perçues par chaque retraité membre du foyer fiscal. Un couple de deux retraités bénéficie donc d'un plancher cumulé de 908 €.
Concrètement, si votre conjoint ne perçoit qu'une petite pension de réversion de 3 000 € par an, l'abattement de 10 % ne lui donnerait que 300 €. Le plancher s'applique : son abattement sera porté à 454 €. Une seule limite, l'abattement ne peut jamais dépasser le montant brut de la pension.
Le plafond de 4 439 € s'apprécie par foyer fiscal
Le plafond, lui, fonctionne à l'inverse. Il s'applique au montant total des pensions perçues par l'ensemble des membres du foyer. Il n'est donc pas doublé pour un couple.
C'est l'erreur la plus répandue, et elle coûte cher en compréhension : non, un couple de retraités ne plafonne pas à 8 878 €. Deux conjoints qui perçoivent chacun 25 000 € de pensions, soit 50 000 € au total, voient leur abattement théorique de 5 000 € ramené à 4 439 €.
À partir de quel montant de pension êtes-vous plafonné ?
| Situation | Pensions annuelles | Abattement obtenu |
|---|---|---|
| Retraité seul, petite pension | Moins de 4 540 € | Plancher de 454 € (plus favorable que 10 %) |
| Retraité seul, cas courant | De 4 540 € à 44 390 € | 10 % de la pension |
| Retraité seul, pension élevée | Plus de 44 390 € | Plafond de 4 439 € |
| Couple, pensions cumulées | Plus de 44 390 € à deux | Plafond de 4 439 € (non doublé) |
Seuils calculés à partir des montants légaux applicables aux revenus 2025 (susceptibles d'évoluer selon la réglementation).
Le seuil de plafonnement s'obtient simplement : 4 439 € divisés par 10 % font 44 390 € de pensions annuelles. Pour un couple, ces 44 390 € se comptent à deux, soit environ 22 195 € chacun. Beaucoup de couples de retraités sont donc plafonnés sans le savoir.
Qui a droit à l'abattement, et sur quelles pensions ?
L'abattement de 10 % ne dépend ni de votre âge, ni de vos revenus. Il s'applique à tous les titulaires d'une pension imposable. En revanche, tous les revenus perçus à la retraite n'y ont pas droit.
Les pensions et rentes concernées
- Les retraites de base (régime général, régimes spéciaux, pensions de l'État) ;
- Les retraites complémentaires, à commencer par l'Agirc-Arrco ;
- Les pensions de réversion ;
- Les pensions d'invalidité imposables ;
- Les rentes viagères à titre gratuit, c'est-à-dire les rentes issues d'un PER, d'un PERP, d'un contrat Madelin, d'un « article 83 » ou de la Préfon ;
- Les pensions alimentaires perçues, ce qui est contre-intuitif mais bien confirmé par l'administration.
Les revenus exclus de l'abattement de 10 %
C'est la partie que la plupart des articles passent sous silence, et elle réserve quelques surprises.
- La sortie en capital d'un PER, pour la part correspondant aux versements que vous aviez déduits : elle est imposée au barème, mais sans l'abattement de 10 % (article 158, 5-b quinquies du CGI). Les gains, eux, relèvent du prélèvement forfaitaire unique.
- Les rentes viagères à titre onéreux (une rente issue d'un contrat d'assurance-vie, un viager) : elles n'ont pas droit aux 10 %, mais ne sont imposables que sur une fraction de leur montant, déterminée par votre âge lors du premier versement.
- Les allocations chômage, qui relèvent des traitements et salaires et non des pensions.
- Les revenus exonérés (Aspa, allocation supplémentaire d'invalidité, retraite du combattant) : ils ne sont tout simplement pas imposables, il n'y a donc rien à abattre.
Le cas du PER : la rente et le capital ne se valent pas
Voilà une subtilité qui peut peser lourd et que presque personne ne mentionne. Si vous détenez un plan d'épargne retraite, le mode de sortie que vous choisirez au moment de liquider votre plan change la fiscalité de vos versements déduits.
| Sortie du PER (versements déduits à l'entrée) | Imposition à la sortie | Abattement de 10 % ? |
|---|---|---|
| Sortie en rente viagère | Imposée comme une pension de retraite | Oui |
| Sortie en capital | Barème de l'impôt sur le revenu (gains au PFU) | Non |
Régime applicable aux versements volontaires ayant fait l'objet d'une déduction à l'entrée (articles 158, 5-a et 158, 5-b quinquies du CGI).
Autrement dit, la rente d'un PER est une rente viagère à titre gratuit : elle rejoint vos pensions, s'ajoute à leur total et bénéficie du même abattement de 10 %, dans les mêmes limites de plancher et de plafond. La sortie en capital, elle, en est privée.
C'est un paramètre à intégrer bien avant la retraite, au moment de construire son épargne. Nous détaillons les deux options dans notre article dédié.
Lire aussi : Sortie du PER : rente ou capital ?
L'abattement spécial des plus de 65 ans (article 157 bis)
Il existe un second abattement, bien moins connu, réservé aux personnes âgées ou invalides aux revenus modestes. Il se cumule avec les 10 %, et il peut représenter jusqu'à 5 644 € pour un couple.
Les conditions d'âge et d'invalidité
Pour y avoir droit au titre des revenus 2025, il faut remplir l'une de ces deux conditions :
- avoir plus de 65 ans au 31 décembre 2025 (et non à la date de votre déclaration) ;
- ou être invalide au sens de l'article 195 du CGI : titulaire d'une pension militaire ou d'accident du travail pour une invalidité d'au moins 40 %, ou titulaire de la carte mobilité inclusion mention « invalidité ».
Les montants 2026 selon votre revenu net global
| Revenu net global du foyer | Une personne remplit la condition | Les deux conjoints la remplissent |
|---|---|---|
| Jusqu'à 17 670 € | 2 822 € | 5 644 € |
| De 17 670 € à 28 430 € | 1 411 € | 2 822 € |
| Au-delà de 28 430 € | Aucun abattement | Aucun abattement |
Montants applicables aux revenus 2025 (article 157 bis du CGI), susceptibles d'évoluer selon la réglementation.
Un avertissement s'impose ici. Vous trouverez sur de nombreux sites les montants de 2 820 € et 1 410 €, avec des seuils de 17 667 € et 28 423 €. Ces chiffres sont faux. La loi impose un arrondi à l'euro supérieur pour les abattements et à la dizaine d'euros supérieure pour les seuils : un seuil qui n'est pas un multiple de 10 est juridiquement impossible. Les bons montants sont 2 822 € et 1 411 €, pour des seuils de 17 670 € et 28 430 €.
Peut-on cumuler les deux abattements ?
Oui, et c'est même la règle. Mais les deux ne s'appliquent pas au même étage du calcul, et cette nuance est décisive.
L'abattement de 10 % est catégoriel : il se déduit de vos pensions pour former votre revenu net de la catégorie « pensions ». L'abattement de l'article 157 bis, lui, se déduit du revenu net global, donc après les 10 %.
Conséquence très concrète : les seuils de 17 670 € et 28 430 € s'apprécient sur votre revenu déjà diminué de l'abattement de 10 %, et non sur vos pensions brutes. Un retraité seul percevant 31 000 € de pensions affiche un revenu net global de 27 900 €, une fois les 3 100 € d'abattement retranchés. Il passe donc sous la barre des 28 430 € et décroche 1 411 € d'abattement supplémentaire, là où un calcul fait sur le brut l'en aurait cru exclu.
Comment calculer votre impôt de retraité après abattement ?
La méthode en quatre étapes
- Additionnez vos pensions annuelles brutes, celles de votre conjoint comprises.
- Retranchez l'abattement de 10 %, en respectant le plancher par personne et le plafond par foyer. Vous obtenez votre revenu net global.
- Retranchez, le cas échéant, l'abattement des plus de 65 ans, selon le tableau ci-dessus. Vous obtenez votre revenu net imposable.
- Appliquez le barème de l'impôt sur le revenu à votre revenu par part, multipliez par le nombre de parts, puis appliquez la décote si vous y avez droit.
| Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025), pour une part | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Barème indexé de 0,9 % par la loi de finances pour 2026 (susceptible d'évoluer selon la réglementation).
Exemple : un retraité seul avec 1 800 € de pension par mois
Prenons Michel, célibataire, 64 ans, qui perçoit 1 800 € de pension mensuelle, soit 21 600 € par an. Ses pensions sont son seul revenu.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Pensions annuelles | 1 800 € × 12 | 21 600 € |
| Abattement de 10 % | 21 600 € × 10 % (entre le plancher et le plafond) | 2 160 € |
| Revenu net imposable | 21 600 € − 2 160 € (pas d'abattement 65 ans, il a 64 ans) | 19 440 € |
| Impôt brut (1 part) | (19 440 € − 11 600 €) × 11 % | 862 € |
| Décote | 897 € − (45,25 % × 862 €) | 507 € |
| Impôt à payer | 862 € − 507 € | 355 € |
Exemple pédagogique établi sur les paramètres officiels des revenus 2025, hors réductions et crédits d'impôt. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.
Michel paiera environ 355 € d'impôt, soit un taux moyen de 1,6 % de ses pensions. Sans l'abattement de 10 %, son revenu imposable serait de 21 600 €, son impôt brut de 1 100 € et, après décote, il paierait environ 701 €. L'abattement lui fait donc économiser près de 345 €.
Lire aussi : Quelle retraite avec 1 800 € net par mois ?
Exemple : un couple de retraités avec 3 500 € de pensions par mois
Prenons maintenant Jacqueline et Alain, mariés, tous deux âgés de plus de 65 ans. Elle perçoit 2 000 € de pension mensuelle, lui 1 500 €, soit 42 000 € de pensions annuelles à deux.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Pensions annuelles du foyer | 24 000 € + 18 000 € | 42 000 € |
| Abattement de 10 % | 2 400 € + 1 800 € (sous le plafond de 4 439 €) | 4 200 € |
| Revenu net global | 42 000 € − 4 200 € | 37 800 € |
| Abattement plus de 65 ans | Revenu net global supérieur à 28 430 € | 0 € |
| Impôt brut (2 parts) | ((18 900 € − 11 600 €) × 11 %) × 2 | 1 606 € |
| Décote | 1 483 € − (45,25 % × 1 606 €) | 756 € |
| Impôt à payer | 1 606 € − 756 € | 850 € |
Exemple pédagogique établi sur les paramètres officiels des revenus 2025, hors réductions et crédits d'impôt. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.
Notez le détail qui fait mal : bien qu'ils aient tous deux plus de 65 ans, Jacqueline et Alain ne touchent pas un euro de l'abattement de l'article 157 bis. Leur revenu net global de 37 800 € dépasse le seuil de 28 430 €. Le dispositif est bel et bien réservé aux revenus modestes.
Notez aussi qu'ils restent en dessous du plafond de 4 439 €, avec 4 200 € d'abattement. Il leur suffirait de 2 400 € de pensions supplémentaires par an pour l'atteindre, et voir leur abattement cesser de progresser.
À partir de quel montant un retraité paie-t-il des impôts ?
C'est la question que tout le monde se pose. La réponse honnête, c'est qu'il n'existe aucun seuil officiel publié par l'administration : le montant se reconstitue à partir du barème, de la décote et du seuil de mise en recouvrement.
Pour un retraité célibataire dont les pensions sont l'unique revenu, l'impôt devient dû, en ordre de grandeur, à partir d'environ 19 100 € de pension annuelle brute, soit près de 1 590 € par mois. Et comme un impôt inférieur à 61 € n'est pas mis en recouvrement, il n'y a en pratique rien à payer jusqu'à 19 550 € environ.
Si vous avez plus de 65 ans et des revenus modestes, l'abattement de l'article 157 bis repousse ce seuil à environ 20 700 € de pension annuelle.
À noter : ces trois montants sont des ordres de grandeur calculés à partir des paramètres officiels, dans l'hypothèse d'une personne seule (une part), sans autre revenu, sans réduction ni crédit d'impôt. Votre situation réelle peut différer sensiblement. Le simulateur en haut de cette page vous donnera une estimation adaptée à vos chiffres.
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Les cases à contrôler
Vos pensions sont pré-remplies en cases 1AS, 1BS, 1CS et 1DS de la déclaration 2042, une case par membre du foyer. Le montant qui y figure doit correspondre au montant imposable indiqué sur l'attestation fiscale envoyée par votre caisse de retraite, pas au montant que vous avez effectivement encaissé sur votre compte.
La différence entre les deux, ce sont les prélèvements sociaux déjà retenus à la source : CSG, CRDS et, selon vos revenus, la Casa. Une pension nette versée de 1 800 € correspond ainsi à un montant imposable plus élevé.
Les erreurs fréquentes
- Oublier une caisse. Si vous avez eu plusieurs employeurs ou plusieurs statuts, vérifiez que toutes vos pensions figurent bien dans le pré-rempli. Une caisse manquante est vite arrivée.
- Ne pas cocher la case invalidité. Les cases 1AZ à 1DZ ne sont pas pré-remplies : si vous remplissez la condition d'invalidité, c'est à vous de le signaler, sans quoi l'abattement de l'article 157 bis vous échappera.
- Déclarer une rente viagère à titre onéreux comme une pension. Elle a ses propres cases (1AW à 1DW) et sa propre fiscalité, bien plus douce.
- Croire que l'abattement doit être déduit soi-même. Il ne faut jamais retrancher les 10 % du montant que vous déclarez : le fisc s'en charge.
Qu'est-ce qui change pour les retraités en 2026 ?
Puisque la question revient sans cesse, mettons les choses au clair sur ce qui bouge, et sur ce qui ne bouge pas.
Ce qui ne change pas : l'abattement de 10 %, son plancher de 454 € par retraité et son plafond de 4 439 € par foyer. L'abattement des plus de 65 ans, maintenu et revalorisé. Le cumul des deux.
Ce qui évolue : les montants sont revalorisés de 0,9 %, comme l'ensemble du barème de l'impôt sur le revenu. Cet avantage fiscal, l'un des plus anciens accordés aux personnes âgées, est donc préservé dans son principe comme dans ses montants.
Quels retraités vont payer plus d'impôts en 2026 ?
Mécaniquement, ceux dont les pensions ont été revalorisées plus vite que le barème : si votre pension augmente davantage que les 0,9 % d'indexation, une fraction plus importante de vos revenus bascule dans la tranche supérieure. Et ceux dont les pensions cumulées dépassent 44 390 € : leur abattement est bloqué à 4 439 €, donc chaque euro de pension supplémentaire est imposé sans le moindre abattement.
Un troisième cas, souvent oublié, tient aux prélèvements sociaux et non à l'impôt : le taux de CSG appliqué à vos pensions dépend de votre revenu fiscal de référence, et le franchissement d'un seuil deux années de suite fait basculer d'un taux à l'autre.
Lire aussi : Loi de Finances 2026 : ce qui change pour votre PER
Au-delà de l'abattement : comment alléger sa fiscalité à la retraite ?
Soyons honnêtes : l'abattement de 10 % ne se pilote pas. Il est automatique, plafonné, et vous n'avez aucune prise dessus. En revanche, la fiscalité des revenus complémentaires que vous vous constituez, elle, se pilote très bien. Et c'est là que tout se joue.
Anticiper avec le PER pendant la vie active
Le plan d'épargne retraite (PER) repose sur un principe simple : les versements que vous effectuez pendant votre vie active sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond d'épargne retraite. Autrement dit, alimenter votre épargne retraite avec un PER réduit votre revenu imposable aujourd'hui, et l'économie d'impôt est d'autant plus forte que votre tranche marginale est élevée.
À la sortie, si vous optez pour la rente viagère, celle-ci rejoint vos pensions et bénéficie du même abattement de 10 %. Vous êtes alors le plus souvent dans une tranche d'imposition inférieure à celle de votre vie active : c'est tout l'intérêt du différé.
Attention : un PER est investi en unités de compte, qui présentent un risque de perte en capital. Il est par ailleurs bloqué jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Lire aussi : Comment défiscaliser avec un PER ?
L'assurance-vie, pour compléter ses revenus sans gonfler son impôt
C'est le complément naturel du PER, et il répond à une logique inverse. Un rachat sur une assurance-vie de plus de huit ans n'est imposé que sur la part de gains qu'il contient, après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple.
Autrement dit, un retraité qui pioche chaque année dans son assurance-vie pour compléter ses pensions peut, dans bien des cas, le faire sans alourdir son impôt sur le revenu. Là où une pension supplémentaire serait taxée à sa tranche marginale, un rachat bien calibré peut rester très peu, voire pas du tout, imposé.
Selon les supports choisis, une assurance-vie peut être investie en unités de compte présentant un risque de perte en capital. Les avantages fiscaux dépendent de votre situation et de la réglementation, susceptible d'évoluer.
Lire aussi : Quelle est la fiscalité de l'assurance vie en 2026 ?
L'AVIS DE GOODVEST
« Le débat sur l'abattement de 10 % a occulté l'essentiel. Cet abattement, vous ne le choisissez pas, vous le subissez : il est automatique et plafonné à 4 439 € par foyer, un plafond que beaucoup de couples atteignent sans même le savoir. Le vrai levier fiscal d'un retraité n'est pas là. Il est dans la façon dont il a construit ses revenus complémentaires, entre rente et capital, entre PER et assurance-vie. Cela se décide des années avant de liquider ses droits, pas au moment de remplir sa déclaration. »
Cet avis reflète l'analyse de Goodvest et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
Et si votre épargne finançait la transition ?
Préparer sa retraite ne se résume pas à optimiser son impôt. L'argent que vous placez aujourd'hui finance des entreprises, des projets, une économie. Chez Goodvest, nous construisons des portefeuilles alignés sur l'Accord de Paris, sans énergies fossiles, pour que votre épargne retraite serve aussi à quelque chose.
Cet article est fourni à titre pédagogique et informatif. Il ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni une recommandation d'investissement personnalisée. Les montants, seuils et règles cités sont ceux applicables aux revenus 2025 (déclaration 2026), sourcés auprès de l'administration fiscale et de Légifrance ; ils sont susceptibles d'évoluer selon la réglementation. Les exemples chiffrés sont des illustrations simplifiées et ne préjugent pas de votre situation réelle. Les placements évoqués (plan d'épargne retraite, assurance-vie) investis en unités de compte présentent un risque de perte en capital : la valeur de ces investissements peut varier à la hausse comme à la baisse, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, rapprochez-vous de l'administration fiscale ou d'un professionnel habilité.
Questions fréquentes en Plan Épargne Retraite
Quel est l'abattement fiscal pour les retraités en 2026 ?
Les pensions de retraite bénéficient d'un abattement de 10 %, appliqué automatiquement par l'administration fiscale. Pour la déclaration 2026 (revenus 2025), il ne peut être inférieur à 454 € par retraité, ni dépasser 4 439 € pour l'ensemble du foyer fiscal (article 158 du Code général des impôts). Aucune démarche n'est nécessaire : le montant est déduit lors du calcul de l'impôt. Cet abattement est distinct de l'abattement spécial réservé aux personnes de plus de 65 ans, avec lequel il peut se cumuler.
Quel est l'abattement fiscal pour les plus de 65 ans ?
Au-delà de l'abattement de 10 % sur les pensions, les personnes de plus de 65 ans au 31 décembre 2025 (ou invalides) aux revenus modestes bénéficient d'un abattement supplémentaire, prévu par l'article 157 bis du CGI. Pour les revenus 2025, il s'élève à 2 822 € si le revenu net global du foyer ne dépasse pas 17 670 €, et à 1 411 € s'il est compris entre 17 670 € et 28 430 €. Au-delà, il ne s'applique pas. Ces montants sont doublés lorsque les deux membres d'un couple remplissent la condition d'âge ou d'invalidité.
L'abattement de 10 % sur les retraites est-il supprimé en 2026 ?
Non. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait, à son article 6, de remplacer l'abattement de 10 % par un forfait de 2 000 € par pensionné, mais cet article a été supprimé par l'Assemblée nationale le 13 novembre 2025. La loi de finances pour 2026 finalement promulguée (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a pas retenu cette réforme. L'abattement de 10 % reste donc pleinement en vigueur en 2026, avec son plancher de 454 € et son plafond de 4 439 €.
Quel est le montant de la retraite pour ne pas payer d'impôts ?
Il n'existe pas de seuil officiel, mais un ordre de grandeur se déduit du barème et de la décote. Pour un retraité célibataire dont les pensions sont l'unique revenu, l'impôt reste nul ou non mis en recouvrement jusqu'à environ 19 500 € de pension annuelle brute, soit près de 1 620 € par mois. Avec l'abattement des plus de 65 ans, ce seuil monte à environ 20 700 €. Ces montants supposent une personne seule, sans autre revenu ni réduction d'impôt : votre situation réelle peut différer. Le simulateur de notre article vous donne une estimation personnalisée.
Quels retraités vont payer plus d'impôts en 2026 ?
L'abattement de 10 % étant maintenu, aucune hausse d'impôt ne vient d'une réforme de cet abattement. Paient mécaniquement davantage les retraités dont les pensions ont été revalorisées plus vite que le barème de l'impôt (indexé de 0,9 % pour 2026), ainsi que ceux dont les pensions cumulées dépassent 44 390 € par foyer : leur abattement est bloqué à 4 439 €, si bien que chaque euro supplémentaire est imposé sans abattement. À part, un franchissement de seuil de revenu fiscal de référence peut aussi relever le taux de CSG appliqué aux pensions.
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