Quelle est la fiscalité de l'assurance vie en 2026 ?

En 2025, la collecte nette d’assurance-vie a continué d’augmenter, jusqu’à atteindre +44 milliards d’euros (+22,8 milliards en 2024), soit près du double et un nouveau solde inégalé depuis 2011 (source : ACPR, L’assurance-vie 2025).

Cette hausse reflète à la fois l’augmentation des primes versées (159,1 milliards d’euros) et la baisse des rachats (-71 milliards). Même si les rachats étaient moins élevés que les primes versées, il s’agit de montants significatifs, d’où l’importance de bien comprendre le régime fiscal applicable à l’assurance-vie.
D’abord, il faut comprendre que l’assurance vie est une enveloppe capitalisante : vos plus-values ne sont imposées qu’au moment des rachats ou du décès (sauf pour les prélèvements sociaux sur les fonds euros, prélevés chaque année).
Ainsi, en cas de rachat (retrait) :
- Les plus-values sont imposables soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 7,5 % (ou 12,8 % pour les gains provenant des versements supérieurs à 150 000 €), soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu, selon votre choix, auxquels s’ajoute les prélèvements sociaux de 17,2 %.
- Après 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple avec imposition commune (les PS restent dûs).
En cas de décès :
- Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, avec taxation à 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà.
- Les primes versées après 70 ans sont imposées uniquement au-delà d’un abattement global de 30 500 €, les gains générés restent éxonérés de droits de succession.
À savoir : Les primes versées avant le 13/10/1998 sur les contrats conclus avant le 20/11/1998 sont totalement exonérés de droits de succession.
Dans cet article, nous avons détaillé la fiscalité applicable en 2026 en cas de rachats partiels ou total, la flat tax, les abattements annuels, les règles fiscales avant et après 70 ans, la fiscalité de la rente viagère, ainsi que l’impact de l’assurance-vie sur l’IFI.
Comprendre la fiscalité de l’assurance vie : les principes de base
Contrairement à un compte-titres ordinaire (CTO), l’assurance vie est une enveloppe capitalisante : cela signifie que la fiscalité s’applique à la sortie (rachat)*. Cette caractéristique en fait une enveloppe particulièrement efficace pour capitaliser sur le long terme.
*Il y a une exception pour le fonds euros, expliquée dans la suite de cet article.
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Une fiscalité différée : quand payez-vous des impôts ?
Le principe est simple : tant que vous ne réalisez aucun retrait, vous ne payez pas d’impôt. Vos gains restent capitalisés au sein du contrat, sans frottement fiscal, comme le précise l’article 125-0 A du Code général des impôts.
L’imposition intervient donc exclusivement en cas de retrait, qu’il soit partiel ou total. C’est à ce moment précis que l’administration fiscale considère que vous “réalisez” vos gains.
À savoir : Il existe toutefois une nuance sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux (17,2 %) sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités, même en l’absence de rachat.
Quelle part est imposée dans un rachat ?
Lors d’un rachat, vous n’êtes jamais imposé sur l’intégralité de la somme retirée : seule la part de gains contenue dans le retrait est imposable. Le capital que vous avez investi (les primes) est, lui, totalement exonéré d’impôt.
Chaque retrait est composé d’une fraction de capital et d’une fraction de gains. Cette répartition est calculée automatiquement selon la proportion des gains dans la valeur totale du contrat au moment du rachat.
La formule appliquée est la suivante :
Part imposable = (Gains / Valeur totale du contrat) × Montant du rachat
Ce calcul est géré directement par votre assureur, qui transmet ensuite les informations à l’administration fiscale via l’Imprimé Fiscal Unique (IFU).
Exemple : Vous avez versé 30 000 € sur votre contrat, qui vaut aujourd’hui 40 000 €. Vous disposez donc de 10 000 € de gains. Si vous effectuez un retrait de 10 000 €, la part de gains dans votre contrat est de 25 %. Dans ce cas, la part imposable de votre retrait sera de 2 500 € (10 000 € x 25 %).
Les prélèvements sociaux en 2026 : aucun changement pour l’assurance vie
En 2026, les prélèvements sociaux liés à l’assurance vie restent fixés à 17,2 % des plus-values, malgré une évolution notable sur d’autres placements financiers.
En effet, la Loi de Financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a prévu une hausse de la CSG qui porte les prélèvements sociaux à 18,6 % pour la majorité des revenus du capital.
Bonne nouvelle : l’assurance vie est explicitement exclue de cette hausse.
Fiscalité de l’assurance vie en cas de rachat (retrait)
Lorsque vous effectuez un retrait sur votre assurance vie, la fiscalité varie selon trois éléments : l’ancienneté du contrat, la date de vos versements (avant ou après le 27 septembre 2017) et le montant total investi.
La flat tax (PFU) en assurance vie
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax, s’applique par défaut aux gains issus des versements réalisés à partir du 27 septembre 2017.
Ce prélèvement repose sur un taux global de 24,7 % (ou 30 %), composé de :
- 7,5 % d’impôt sur le revenu (IR) ou 12,8 % pour les gains issus des versements supérieurs à 150 000 €
- 17,2 % de prélèvements sociaux (PS)
L’imposition se fait en deux temps : lors du rachat, l’assureur prélève un acompte fiscal (appelé prélèvement forfaitaire non libératoire), puis une régularisation intervient lors de votre déclaration de revenus l’année suivante. Vous avez alors la possibilité de conserver le PFU ou d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Lire aussi : Option fiscale rachat assurance vie : que choisir ?
*Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs.
Fiscalité avant 8 ans : la moins avantageuse
Avant 8 ans de détention : aucun abattement ne s’applique, ce qui signifie que l’intégralité des gains retirés est imposable.
Pour les versements récents (postérieurs à septembre 2017), la flat tax à 30 % s’applique par défaut (vous pouvez toutefois opter pour le barème progressif de l’IR).
Pour les versements plus anciens, il existe un régime spécifique : le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) qui implique une fiscalité plus importante :
- 35 % avant 4 ans (+ PS)
- 15 % entre 4 et 8 ans (+ PS)
*Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs. Prenez rendez-vous avec un conseiller Goodvest afin d'établir une stratégie personnalisée.
Fiscalité après 8 ans
Après 8 ans, l’assurance vie devient particulièrement avantageuse étant donné que vous bénéficiez chaque année d’un abattement sur les gains retirés :
- 4 600 € pour une personne seule
- 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune
Cet abattement s’applique avant le calcul de l’impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux), ce qui permet, dans certains cas, de neutraliser totalement l’imposition.
Au-delà de cet abattement, la fiscalité dépend du montant de vos versements :
- Jusqu’à 150 000 € investis (tous contrats confondus), vous bénéficiez d’un taux réduit à 7,5 % d’impôt, soit une fiscalité globale de 24,7 % avec les prélèvements sociaux.
- Au-delà de ce seuil, le taux d’impôt remonte à 12,8 %, soit une fiscalité globale de 30 %.
Lire aussi : Retirer l’argent d’une assurance-vie après 8 ans : quelles conséquences ?
Voici une tableau récapitulatif de la fiscalité de l’assurance-vie en cas de rachat :
Fiscalité de l’assurance vie en cas de décès (transmission)
Avant la transmission, les prélèvements sociaux sur les plus‑values des unités de compte (17,2 %) sont directement prélevés par l’assureur sur le contrat. Les fonds euros ayant déjà subi ces prélèvements chaque année, ils ne sont pas concernés.
Ensuite, l’assurance vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique en matière de transmission, expliqué dans l'article L132-12 du Code des assurances, qui précise que “le capital ou la rente stipulés payables au décès de l’assuré à un bénéficiaire déterminé ne font pas partie de la succession de l’assuré”.
Ainsi, les capitaux transmis via l’assurance vie sont exclus des règles civiles de dévolution successorale (sauf versement après 70 ans supérieurs à l’abattement), et sont soumis à une fiscalité spécifique définie notamment par l’article 990 I et 757 B du Code général des impôts : la fiscalité applicable dépend de l’âge du souscripteur au moment des versements.
Versements avant 70 ans : un cadre fiscal très favorable
Lorsque les primes sont versées avant 70 ans, l’assurance vie bénéficie d’un régime spécifique prévu par l’article 990 I du CGI. Ce cadre est l’un des plus avantageux en matière de transmission.
Chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement individuel de 152 500 €, tous contrats confondus, indépendamment du lien de parenté.
Au-delà de ce seuil, les capitaux transmis sont taxés à 20 % jusqu’à 852 500 €, puis à 31,25 % au-delà.
*Si les versements ont été effectués après vos 70 ans et que l’abattement global de 30 500 € (article 757 B du CGI) est dépassé, l’excédent entre dans la masse successorale (hors intérêts).
Versements après 70 ans : intérêts exonérés
Après 70 ans, le régime fiscal relève de l’article 757 B du CGI. Il est souvent perçu comme moins avantageux, mais reste pertinent dans certains cas.
Un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des primes versées, tous bénéficiaires et tous contrats confondus.
Au-delà de ce montant, les capitaux transmis sont soumis aux droits de succession classiques, dont le taux dépend du lien de parenté avec le bénéficiaire (jusqu’à 60 % pour un tiers).
En revanche, les gains générés par le contrat sont totalement exonérés de droits de succession. Seules les primes versées sont prises en compte dans l’assiette taxable.
Cas particulier : exonération totale pour le conjoint
Quel que soit l’âge au moment des versements, le conjoint survivant ou le partenaire de PACS bénéficie d’une exonération totale de droits de succession sur les capitaux transmis via une assurance vie.
Cette exonération, prévue par l’article 796-0 bis du Code général des impôts, s’applique sans limite de montant et indépendamment du régime (avant ou après 70 ans).
Lire aussi : Donation au dernier vivant pour protéger son conjoint
Voici un tableau récapitulatif de la fiscalité de l’assurance-vie en cas de décès :
Fiscalité de l’assurance vie en rente viagère
La rente viagère est une alternative aux rachats programmés : plutôt que de retirer des sommes ponctuelles, vous transformez votre capital en un revenu régulier à vie.
Lire aussi : Faut-il opter pour la rente viagère de l’assurance vie ?
Fonctionnement de la rente viagère
Lorsque vous optez pour une rente viagère, le capital accumulé sur votre contrat est converti en un revenu périodique (réversible ou non).
Le montant de cette rente dépend de deux paramètres : le capital investi et votre âge au moment de la conversion. Plus vous êtes âgé, plus la rente versée sera élevée, car l’espérance de vie restante est réduite. Cette opération est définitive : une fois la rente mise en place, vous ne pouvez plus récupérer le capital sous forme de rachat.
Quelle part de la rente est imposée ?
La fiscalité de la rente viagère repose sur une fraction imposable qui diminue avec l’âge du rentier, conformément à l’article 158 du CGI :
- 70 % de la rente si vous avez moins de 50 ans
- 50 % entre 50 et 59 ans
- 40 % entre 60 et 69 ans
- 30 % à partir de 70 ans
Cette fraction est ensuite imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, et les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent également sur la part imposable.
Assurance vie et IFI : êtes-vous concerné ?
Contrairement aux idées reçues, l’assurance vie n’est pas exonérée d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). L’IFI, instauré en 2018 pour remplacer l’ISF, ne concerne que les actifs immobiliers détenus directement ou indirectement.
Ainsi, si votre contrat d’assurance vie contient des supports liés à l’immobilier, leur valeur doit être intégrée dans l’assiette taxable.
Quels supports d’assurance vie sont imposables à l’IFI ?
Tous les actifs immobiliers détenus via un contrat d’assurance vie sont pris en compte :
- SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)
- OPCI (Organismes de Placement Collectif Immobilier)
- SCI (Sociétés Civiles Immobilières)
- Parts de sociétés civiles détenant de l’immobilier, même à l’étranger, si elles sont imposables en France
Lire aussi : Comment investir dans l'immobilier avec son assurance-vie ?
Comment calculer la part taxable à l’IFI ?
Le calcul de la part taxable se fait en plusieurs étapes : d’abord, il faut valoriser les supports immobiliers au 1er janvier de l’année d’imposition. Pour les SCPI et OPCI, la valeur de retrait ou la valeur liquidative communiquée par la société de gestion sert de référence.
Ensuite, dans le cas d’un contrat mixte (fonds euros + SCPI par exemple), il est nécessaire de déterminer la fraction du contrat correspondant aux actifs immobiliers. Par exemple, si votre contrat vaut 100 000 € et que 30 000 € sont investis en SCPI, seuls ces 30 000 € sont pris en compte pour l’IFI. Le reste du contrat reste non imposable.
La déclaration se fait via le formulaire 2042-IFI, dans la section réservée aux biens détenus indirectement. Chaque contrat doit y être mentionné, avec la valeur nette des supports immobiliers et la fraction correspondante.
Il est fortement recommandé de conserver tous les relevés transmis par l’assureur ou la société de gestion pour justifier la valorisation des actifs en cas de contrôle fiscal.
Lire aussi : SCPI et IFI : Comment déclarer et optimiser votre fiscalité en 2026 ?
L’assurance vie est-elle encore avantageuse en 2026 ?
Malgré sa fiscalité relativement complexe, l’assurance vie combine plusieurs avantages uniques, à la fois en cas de vie (rachats) et en cas de non-vie (transmission).
Dans un premier temps, la fiscalité différée sur les plus-values permet de reporter l’imposition tant que les gains restent investis dans le contrat.
Ensuite, après 8 ans de détention, les abattements annuels sur les plus-values renforcent encore son attractivité :
- 4 600 € pour une personne seule
- 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune
C’est par ailleurs l’une des rares enveloppes qui n’a pas été impactée par la hausse des prélèvements sociaux adoptés dans la LFSS 2026.
Enfin, la fiscalité de l’assurance vie au décès est souvent plus avantageuse que les droits de succession classique (jusqu’à 60 %)*. Les primes versées après le 13 octobre 1998 et avant 70 ans permettent à chaque bénéficiaire d’appliquer un abattement spécifique (152 500 €) avant application de taux réduits (20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà).
*Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toutes les stratégies ne sont pas adaptées à tous. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre profil investisseur et de vos objectifs.*
Lire aussi : Assurance-vie : comment optimiser sa transmission ?
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Questions fréquentes sur l'Assurance-vie
Quelle est la fiscalité sur une assurance vie ?
Les gains sont soumis (au choix) à l’impôt sur le revenu ou au prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 7,5 % ou 12,8 % selon la situation + prélèvements sociaux 17,2 % en cas de rachat, après abattements dès 8 ans de détention.
Quelle est la nouvelle imposition sur l'assurance vie en 2026 ?
Elle reste inchangée depuis 2018 : IR ou PFU 7,5 % ou 12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux sur les plus-values, abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple à imposition commune après 8 ans.
Quels sont les frais de succession pour 150 000 € ?
Pour un contrat d’assurance-vie d’une valeur de 150 000 €, et dans le cadre de l’article 990 I (versements avant 70 ans), il n’y a pas de droits de succession à payer. Au-delà, le taux varie : 20 % jusqu’à 700 000 €, 31,25 % ensuite.
Est-ce que le montant reçu d'une assurance vie est imposable ?
Le capital transmis à un bénéficiaire est soumis au droits de succession uniquement au-delà des abattements spécifiques : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans et 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires pour les primés versées après 70 ans.
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