Peut-on avoir plusieurs assurances vie ?

Combien d'assurances-vie peut-on avoir ? La bonne approche
Aucun texte ne fixe de nombre maximum d'assurances-vie par personne. En théorie, vous pouvez en détenir une, dix, ou cent. En pratique, la bonne question n'est pas « combien » mais « pour quoi faire ».
Théoriquement illimité, pratiquement raisonnable
Le Code des assurances n'impose aucune limite : ni sur le nombre de contrats par personne, ni sur leur répartition entre assureurs, ni sur le montant cumulé d'encours. Cette absence de plafond distingue l'assurance-vie du Livret A, du PEL ou du PEA, tous limités à un exemplaire par personne.
Pour autant, multiplier les contrats au-delà du raisonnable se retourne contre vous. Chaque nouveau contrat ajoute une ligne de frais à suivre, une clause bénéficiaire à maintenir à jour et un assureur à comparer dans la durée. Au-delà de 4 à 5 contrats actifs, la plupart des épargnants peinent à garder une vision claire de leur allocation globale et finissent par dupliquer les mêmes supports d'un contrat à l'autre, une fausse diversification qui annule l'intérêt même de la multi-détention.
Dans les faits, deux à quatre contrats couvrent l'essentiel des situations patrimoniales.
La règle des « 1 contrat = 1 projet = 1 stratégie »
Plutôt que de raisonner en nombre, raisonnez en usage. Un principe résume une stratégie multi-contrats efficace : un contrat = un projet = une stratégie. À chaque contrat correspondent un horizon de placement, un profil de risque, une fiscalité de rachat et une clause bénéficiaire qui lui sont propres.
Préparer sa retraite, financer un apport immobilier, transmettre à ses enfants, isoler les versements effectués après 70 ans, conserver l'antériorité fiscale d'un ancien contrat tout en investissant via un contrat plus moderne : chacun de ces objectifs justifie son propre contrat. La section suivante détaille ces cas d'usage et explique comment en tirer le meilleur parti.
Pourquoi ouvrir plusieurs assurances-vie ?
Avoir plusieurs assurances-vie est certainement mieux que d’en avoir qu’une seule pour de nombreuses raisons tenant principalement à la bonne gestion de votre patrimoine, à la répartition du risque et à la transmission de votre patrimoine.
Avoir plusieurs assurances-vie pour réaliser plusieurs objectifs
L’un des premiers avantages (et pas des moindres) à avoir plusieurs assurances-vie est le fait que vous pouvez multiplier les objectifs d’investissement et gérer vos placements en fonction de ces derniers.
Dans notre guide sur l’investissement pour débutant, nous avons évoqué l’importance de définir vos objectifs d’investissement notamment pour définir votre horizon et le besoin de disponibilité de votre épargne.
Or, il n’est pas rare que dans le même temps vous souhaitiez par exemple constituer un apport pour faire un investissement immobilier et faire fructifier une partie de votre épargne sur le long terme. Les horizons et objectifs ne sont pas les mêmes.
Il peut devenir alors intéressant de répartir cette épargne sur plusieurs contrats d’assurance-vie en adaptant vos supports d’investissement en conséquence.
Exemple : Vous souhaitez investir avec deux objectifs distincts : acheter votre résidence principale et préparer votre retraite. Pour ce faire vous pouvez ouvrir deux assurances-vie différentes avec une stratégie de placement différente afin d’optimiser le couple rentabilité/risque en fonction de l’horizon :
- La première assurance-vie peut être dédiée à votre apport immobilier. En raison de l’horizon incertain, cette épargne sera investie sur un mix équilibré de supports risqués (unités de compte) et non risqués (fonds euros).
- La seconde assurance-vie dédiée à un investissement à long terme pourra être investie en totalité en unités de compte (supports risqués, mais le niveau de risque diminue à mesure que le temps passe).
Lire aussi : Investir stratégiquement par objectifs
Bénéficier d’une plus grande gamme de supports d’investissement
Cela nous amène au deuxième avantage à avoir plusieurs assurances-vie : la possibilité d’investir dans plus de supports d’investissement.
Contrairement à un compte titre, vous ne pouvez pas investir votre assurance-vie dans n’importe quels titres financiers. Vous êtes en réalité tributaire d’une sélection plus ou moins large effectuée par l’assureur.
Certains vous proposeront quelques fonds type OPC (gestion active) ou fonds euros tandis que d’autres peuvent vous proposer une large gamme d’ETF ou même faire une présélection de fonds répondant à des objectifs d’investissement durable (c’est le cas de Goodvest par exemple).
Lire aussi : Unités de compte ou fonds en euros ?
Bref, chaque assurance-vie est différente que ce soit dans les opportunités d’investissement offertes que dans les critères de sélection des produits financiers proposés.
Or, la diversification est la clé d’un patrimoine financier bien géré tant pour baisser votre exposition au risque que pour optimiser la rentabilité.
Dès lors, ouvrir plusieurs assurances-vie vous permet d’accroître le niveau de diversification de votre patrimoine et ainsi, améliorer votre ratio rentabilité/risque.
Lire aussi : Comment bien diversifier son portefeuille ?
Ouvrir plusieurs assurances-vie pour augmenter la gamme de supports d’investissement disponible
Cela nous amène au deuxième avantage à avoir plusieurs assurances-vie : la possibilité d’investir dans plus de supports d’investissement.
Contrairement à un compte titre, vous ne pouvez pas investir votre assurance-vie dans n’importe quels titres financiers. Vous êtes en réalité tributaire d’une sélection plus ou moins large effectuée par l’assureur.
Certains vous proposeront quelques fonds type OPC (gestion active) ou fonds euros tandis que d’autres peuvent vous proposer une large gamme d’ETF ou même faire une présélection de fonds répondant à des objectifs d’investissement durable (c’est le cas des assurances-vie responsables de Goodvest par exemple).
Lire aussi : assurance-vie : faut-il garder ses fonds en euros ?
Bref, chaque assurance-vie est différente que ce soit dans les opportunités d’investissement offertes que dans les critères de sélection des produits financiers proposés.
Or, la diversification est la clé d’un patrimoine financier bien géré tant pour baisser votre exposition au risque que pour optimiser la rentabilité.
Dès lors, ouvrir plusieurs assurances-vie vous permet d’accroître le niveau de diversification de votre patrimoine et ainsi, améliorer votre ratio rentabilité/risque.
Lire aussi : Comment bien diversifier son portefeuille ?
Ouvrir plusieurs assurances-vie pour diversifier les modes de gestion
Il existe plusieurs façons de gérer l’allocation de l’épargne logée dans vos assurances-vie. Il existe deux grands modes de gestion en assurance-vie :
- la gestion pilotée (ou sous mandat) où un conseiller (ou un algorithme, aussi appelé robo advisor), vous recommande la meilleure manière de placer votre argent selon vos objectifs (solution la plus optimale si vous n’êtes pas un professionnel de l’investissement).
- la gestion libre, vous laissant une totale liberté dans l’allocation de votre épargne sur les différents supports proposés par l’assurance-vie.
Dès lors, avoir plusieurs assurances-vie vous permet de varier les modes de gestion et de les adapter par exemple selon les bénéficiaires désignés sur chacune de vos assurances-vie.
Lire aussi : Comment fonctionne le paiement d'une assurance-vie en présence de plusieurs bénéficiaires ?
Améliorer la gestion des bénéficiaires avec plusieurs assurances-vie
Une assurance-vie vous permet de nommer un ou plusieurs bénéficiaires qui pourront toucher la totalité du capital en cas de décès du souscripteur. Ce capital répond à un régime de succession particulier puisqu’il échappe à l’actif successoral du défunt (si les versements ont été effectués avant les 70 ans de ce dernier). Il en résulte un régime fiscal de transmission particulièrement avantageux.
Bien que vous puissiez nommer plusieurs bénéficiaires dans un seul contrat d’assurance-vie (et prévoir la répartition du capital en cas de décès), il peut être intéressant d’avoir plusieurs assurances-vie pour faire correspondre votre stratégie d’investissement en fonction de chaque bénéficiaire.
Exemple : Si vous désignez votre frère comme bénéficiaire et qu’il est un fervent écologiste soucieux des enjeux climatiques, une assurance-vie éco-responsable placée dans des projets et entreprises durables semble plus adaptée qu’une assurance-vie investie indirectement dans des entreprises pétrolières.
Plusieurs assurances-vie pour distinguer les versements après et avant 70 ans
Dès lors que des versements sont effectués par le souscripteur après ses 70 ans, le régime fiscal de la transmission de capital en cas de décès change. Mais cette situation n’est pas pour autant inintéressante en matière de succession.
En effet, les versements effectués après les 70 ans du souscripteur sont soumis au droit de succession après application d’un abattement commun à tous les bénéficiaires de 30 500 euros.
Lire aussi : Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie en cas de décès ?
Exemple : Il peut être intéressant d’avoir au moins deux assurances-vie pour optimiser l’usage de clause bénéficiaire :
- la première dédiée aux versements effectués avant vos 70 ans pour faire bénéficier notamment d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire ;
- la seconde pour les versements après 70 ans afin de bénéficier de l’abattement supplémentaire de 30 500 euros commun aux bénéficiaires de cette assurance-vie.
Avoir plusieurs assurances-vie dans ce cas de figure permet alors de faciliter la gestion et la visibilité des sommes que recevra chaque bénéficiaire.
Lire aussi : Clause bénéficiaire démembrée d'assurance-vie : dans quel but ?
Conserver les avantages fiscaux des anciens contrats d’assurance-vie
Le régime fiscal applicable aux gains issus d’un rachat (retrait) partiel ou total d’une assurance-vie a suivi une longue évolution depuis sa création.
Initialement, la part des gains issus d’un retrait était exonérée d’impôt sur le revenu de sorte que l’assurance-vie était une véritable niche fiscale. Il s’agissait des contrats ouverts avant le 1er janvier 1983. À force de réformes successives, la fiscalité applicable aux gains des nouveaux contrats d’assurance-vie a augmenté pour atteindre un taux forfaitaire de 7,5 % pour les retraits effectués après la 8e année. Mais, les anciens contrats bénéficient toujours du régime fiscal applicable au moment de leur souscription de sorte que certains heureux souscripteurs bénéficient toujours d’une fiscalité très avantageuse.
Ceci étant, ces vieux contrats ne proposent pas toujours d’excellents supports d’investissement et les frais de gestion peuvent être très élevés. C’est pourquoi il peut être préférable de conserver son vieux contrat en raison de sa fiscalité, mais d’ouvrir une autre assurance-vie pour investir dans des supports plus performants ou mieux adaptés à vos convictions personnelles (pour ceux qui souhaitent faire par exemple un investissement écologique).
Diversifier le risque de défaillance de l’assureur en ouvrant plusieurs assurances-vie
Enfin, le dernier avantage à posséder plusieurs assurances-vie tient au risque de contrepartie. En effet, bien que les assureurs soient solides financièrement, nous ne sommes pas à l’abri de la faillite de l’un d’eux. L’histoire récente (2008) nous a montré que certaines sociétés financières pouvaient faire défaut au risque de ne plus pouvoir honorer les demandes de retraits des épargnants.
Fort heureusement, chaque personne voit l’épargne de son assurance-vie garantie à hauteur de 70 000 euros par le FGAP (fonds de garantie des assurances de personnes). Son fonctionnement est simple : en cas de défaillance de l’assureur, le fonds de garantie prend le relais et rembourse l’épargnant jusqu’à 70 000 euros de ses avoirs.
Or, cette garantie s’applique par compagnie d’assurance et par personne. Ainsi, ouvrir plusieurs assurances-vie auprès de plusieurs assureurs vous permet de bénéficier plusieurs fois de l’indemnisation du fonds de garantie.
Un avantage non négligeable si vous souhaitez vous protéger contre les risques de faillite du système.
Peut-on cumuler les avantages fiscaux en cumulant plusieurs assurances-vie ?
Détenir plusieurs contrats ne multiplie pas les abattements fiscaux : ils s'apprécient au niveau du souscripteur, tous contrats confondus.
L'abattement annuel sur les gains après 8 ans plafonne à 4 600 € (9 200 € pour un couple), peu importe le nombre de contrats sur lesquels vous effectuez un rachat dans l'année. Le seuil de 150 000 € de primes, qui détermine si vos gains sont taxés à 7,5 % ou 12,8 %, s'apprécie également sur l'ensemble de vos contrats.
Même logique en succession : l'abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI) se calcule par bénéficiaire, pas par contrat. Et l'abattement de 30 500 € sur les versements après 70 ans est unique, partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats du défunt.
Le seul vrai levier de démultiplication reste le nombre de bénéficiaires désignés dans vos clauses : chaque bénéficiaire ouvre droit à son propre abattement de 152 500 €. Mais cela se joue dans la rédaction des clauses, pas dans le nombre de contrats.
Bon à savoir : Les avantages fiscaux à la transmission en cas de décès sont communs avec ceux du PER assurance. Il est impératif d’évaluer les conséquences pour votre succession si vous cumulez PER assurance et assurance-vie.
Comment choisir son deuxième contrat d'assurance-vie ?
Vous êtes convaincu de l’utilité d’avoir plusieurs assurances-vie ? Reste à savoir comment choisir vos autres contrats d’assurance-vie. Si le choix dépend principalement de vos objectifs et des caractéristiques de votre premier contrat, il reste néanmoins des critères objectifs à prendre absolument en compte pour faire un choix éclairé :
- Frais de gestion : Comparez les frais de gestion, d'entrée et d'arbitrage. Un bon contrat d’assurance-vie ne facture que des frais de gestion (maximum 2 % par an) et des supports économes en frais (inférieur à 1 % par an). Par exemple, l’assurance-vie Goodvie seulement entre 1,75 % et 1,95 % par an (frais de support compris) faisant de ce contrat l’un des plus compétitifs du marché.
- Options de gestion : Vérifiez si le contrat offre la gestion libre ou pilotée en fonction de vos objectifs.
- Supports d'investissement : Examinez la diversité et la qualité des fonds en euros et des unités de compte proposés principalement en fonction des frais pratiqués par ces supports (qui peuvent être très élevés dans les contrats proposés par les banques et assureurs).
- Service client : Évaluez la qualité du service client et l'accompagnement proposé. Généralement, une assurance-vie en ligne est beaucoup plus facile à gérer (si vous savez vous servir d’un téléphone ou d’un ordinateur) qu’une assurance-vie souscrite en agence sans espace client en ligne.
Comparatif assurance-vie Goodvest vs Assurance-vie traditionnelle
Au-delà des frais et de la qualité des supports, le choix de votre deuxième contrat peut aussi être l'occasion de combler une lacune de votre premier : l'impact environnemental de votre épargne. Voici les principales différences entre une assurance-vie Goodvest et un contrat bancaire classique.
Questions fréquentes sur l'Assurance-vie
Quel est le montant maximum que l’on peut mettre sur une assurance-vie ?
En France, il n'existe pas de montant maximum légal pour les versements sur une assurance vie. Cela signifie que les souscripteurs sont libres de déposer la somme qu'ils souhaitent, en fonction de leurs capacités financières et des conditions proposées par leur assureur. Toutefois, les assureurs peuvent fixer des limites en fonction de leurs propres politiques et des profils des clients. Il est donc important de se renseigner directement auprès de l'assureur pour connaître les conditions spécifiques liées aux versements sur une assurance vie.
Comment récupérer l'argent d'une assurance vie ?
Pour récupérer l'argent d'une assurance vie, il faut d'abord envoyer un dossier complet à l'assureur, incluant un formulaire de demande de rachat, une copie d'identité, un RIB, et éventuellement d'autres pièces justificatives. L'assureur a ensuite un délai légal pour effectuer le paiement, qui peut varier selon les cas. Il est important de noter que le rachat peut avoir des implications fiscales.
Lire aussi : Comment récupérer l'argent d'une assurance vie ?
Peut-on ouvrir plusieurs assurances-vie après 70 ans ?
Oui, et c'est même souvent recommandé. Les versements effectués après 70 ans suivent une fiscalité successorale spécifique : abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, puis droits de succession classiques au-delà. En isoler ces versements sur un contrat dédié, distinct de ceux alimentés avant 70 ans, simplifie le travail du notaire et clarifie la part qui reviendra à chaque bénéficiaire. À noter : les gains générés par ces versements post-70 ans restent, eux, totalement exonérés de droits de succession.
Peut-on avoir plusieurs assurances-vie dans la même banque ?
Légalement, oui. Mais l'intérêt est limité. Les contrats d'un même établissement partagent souvent les mêmes supports, la même grille de frais et le même assureur, ce qui annule l'essentiel des bénéfices de la multi-détention. Pour profiter d'une réelle diversification, mieux vaut ouvrir vos contrats chez des assureurs distincts (Spirica, Generali, etc.). Attention aussi à la garantie du FGAP : elle s'apprécie par assureur, non par contrat. Trois contrats chez le même assureur restent plafonnés à 70 000 € d'indemnisation cumulée en cas de défaillance.
Peut-on être bénéficiaire de plusieurs assurances-vie ?
Oui, sans aucune limite. Vous pouvez être désigné bénéficiaire de plusieurs contrats souscrits par des personnes différentes (parent, conjoint, ami…) ou par une même personne sur plusieurs contrats. Côté fiscalité, l'abattement de 152 500 € sur les primes versées avant 70 ans s'apprécie par couple souscripteur–bénéficiaire, tous contrats confondus. Si un même souscripteur vous lègue 200 000 € via deux contrats, vous bénéficiez d'un seul abattement de 152 500 €. En revanche, si deux personnes différentes vous désignent bénéficiaire, chaque couple souscripteur–bénéficiaire ouvre droit à son propre abattement.
Combien de contrats sont nécessaires pour optimiser sa succession ?
Il n'existe pas de chiffre magique, mais dans la majorité des situations patrimoniales, deux à quatre contrats suffisent. Une organisation classique consiste à dédier un contrat aux versements avant 70 ans (abattement de 152 500 € par bénéficiaire), un second aux versements après 70 ans (abattement de 30 500 € global), et éventuellement un troisième par bénéficiaire pour isoler les clauses complexes (démembrement, parts inégales, bénéficiaire sensible). Au-delà, les frais de gestion cumulés et la complexité administrative tendent à effacer le gain d'optimisation.
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