Le blog GoodvestStratégie d'investissement
Montage holding : tout savoir (fonctionnement, coût, exemple)

Montage holding : tout savoir (fonctionnement, coût, exemple)

En France, les montages en holding sont devenus très courants chez les entrepreneurs et les dirigeants. Selon l’Insee, fin 2018, près de 444 000 sociétés étaient organisées au sein de groupes, soit environ 132 000 groupes de sociétés au total, structure qui repose généralement sur une société holding détenant plusieurs filiales. Ces groupes employaient plus de 10,7 millions de salariés, soit près de la moitié de l’emploi total, ce qui montre que la logique de détention via holding est devenue une norme dans le monde de l’entreprise (source : Insee, Les entreprises en France, édition 2020).

Contrairement aux idées reçues, la majorité des holdings concerne des structures de taille modeste. 65 % des groupes comptent moins de trois sociétés et seuls 3 % en ont au moins dix. De plus, l’Insee recense environ 82 000 sociétés financières dans les groupes, dont 76 % sont des holdings, ce qui confirme leur importance comme outil de détention et de gestion du capital (source : Insee, Les entreprises en France, édition 2020).

Ce modèle permet notamment de gérer la remontée des dividendes, financer de nouveaux investissements ou préparer la transmission du patrimoine.

Dans cet article, nous allons voir comment fonctionne une holding, quels sont ses avantages fiscaux et ses limites, combien coûte sa mise en place et dans quels cas peut-elle être pertinente*. Nous verrons également les montages classiques (SASU/SARL, remontée de dividendes, réinvestissement) ainsi que les principaux risques et points de vigilance avant d’envisager cette solution.

*Les informations présentées dans cet article sont fournies à but pédagogique. Ce n’est pas un conseil personnalisé. La mise en place d’un schéma de holding doit impérativement être validée par un avocat fiscaliste et/ou un expert-comptable.

Montage holding : définition, objectifs et exemples

La holding n’est pas un “outil miracle d’optimisation fiscale”, mais un outil de structuration du capital, des flux financiers et du risque

Son intérêt dépend exclusivement de votre situation (niveau de trésorerie, horizon d’investissement, objectifs de développement, projet de cession ou de transmission).

D’un point de vue économique, la holding permet d’organiser la détention de vos sociétés, de faire remonter de la trésorerie depuis vos filiales et de réallouer ce capital vers d’autres projets (croissance externe, immobilier, diversification financière). 

Lire aussi : Dans quoi investir avec une holding ?

Qu’est-ce qu’un montage holding ?

Un montage holding consiste à interposer une société mère entre vous (personne physique) et vos sociétés opérationnelles. 

Concrètement, la holding détient des participations dans une ou plusieurs filiales. C’est elle qui devient l’actionnaire de référence.

Sur le plan fonctionnel, la holding permet de centraliser la trésorerie, le pilotage stratégique et parfois certaines fonctions support (direction financière, juridique, investissements).

Sur le plan fiscal, la remontée de dividendes peut bénéficier du régime mère-fille (article 145 du CGI), qui permet une quasi-exonération (imposition sur 5 % des dividendes perçues) des dividendes perçus par la holding, sous réserve de respecter notamment le seuil de détention d’au moins 5 % et une durée minimale de détention des titres. 

Pour des groupes plus structurés, le régime de l’intégration fiscale (articles 223 A et suivants du CGI) permet de consolider les résultats fiscaux des sociétés du groupe, ce qui peut lisser l’imposition globale (attention néanmoins aux contraintes juridiques).*

*Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et relèvent d’un cadre légal général. Ce n’est pas un conseil personnalisé. La mise en place d’un schéma de holding doit impérativement être validée par un avocat fiscaliste et/ou un expert-comptable.

Pourquoi créer une holding ?

La première motivation est souvent la remontée de dividendes avec un frottement fiscal limité. Sans holding, les dividendes perçus par une personne physique sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le PLFSS 2026. Avec une holding à l’IS, les dividendes provenant d’une filiale peuvent être quasi exonérés grâce au régime mère-fille, ce qui permet de capitaliser davantage à l’intérieur du groupe.

À savoir : Le montage doit répondre à une logique économique réelle (pilotage, financement, structuration de groupe). À défaut, il y a un risque de requalification pour abus de droit (article L64 du LPF).

Le deuxième objectif est financier : la holding sert de véhicule d’investissement. Elle permet de financer de nouvelles acquisitions (création ou rachat de sociétés, opérations de croissance externe, voire LBO) en utilisant les flux générés par les filiales existantes. On parle ici d’effet de levier interne, très utilisé chez les dirigeants de PME qui souhaitent structurer un groupe.

Troisième usage fréquent : la préparation de la transmission du patrimoine professionnel.

Lire aussi : Comment anticiper pour mieux optimiser sa succession ?

Une holding permet de mieux organiser la détention des titres, de préparer une cession partielle ou totale, voire de structurer une transmission familiale (pacte Dutreil sous conditions, article 787 B du CGI). Enfin, la holding permet une séparation des risques : l’activité opérationnelle reste dans la filiale, tandis que la trésorerie excédentaire et les investissements sont logés dans la société mère.*

*Ces montages peuvent être pertinentes dans certaines situations patrimoniales. Ce n’est pas une solution standard applicable à tous les entrepreneurs. Une étude préalable est indispensable.

Exemple de montage holding simple (PME)

Prenons un exemple concret : Vous détenez 100 % d’une PME opérationnelle qui génère, par exemple, 150 000 € de résultat distribuable par an. 

Vous créez une holding en SASU, qui devient actionnaire à 100 % de votre société d’exploitation. 

Les dividendes versés à la holding peuvent bénéficier du régime mère-fille (article 145 du CGI), ce qui permet à la holding de ne réintégrer fiscalement qu’une quote-part d'impôt de 5 % des dividendes perçus :

  • Dividendes remontés à la holding : 150 000 €
  • Quote-part taxable (5 %) : 7 500 €
  • Impôt sur les sociétés (IS) à payer par la holding :
    • à 15 % = 1 125 € d’IS
    • à 25 % = 1 875 € d’IS

Le frottement fiscal représente donc :

  • 0,75 % des dividendes si IS à 15 %
  • 1,25 % des dividendes si IS à 25 %

Autrement dit, plus de 98 % de la trésorerie reste disponible dans la holding pour réinvestir.

Schéma

Dividendes bruts

Fiscalité immédiate*

Cash disponible pour investir

En direct (personnel)

150 000 €

Flax tax 31,4 % = 47 100 €

102 900 €

Via holding (IS 25 %)

150 000 €

IS = 1 875 €

148 125 €

Via holding (IS 15 %)

150 000 €

IS = 1 125 €

148 875 €

Tableau comparatif détention directe vs montage holding

*Simulation réalisée à titre indicatif et non contractuelle. Selon la réglementation en vigueur.

À savoir : La holding ne supprime pas l’impôt personnel. Elle permet uniquement de le différer pour réinvestir et capitaliser.

Lorsque vous voudrez sortir l’argent de la holding, vous repasserez au PFU de 31,4 % sur les dividendes versés par la holding.

Ce type de montage n’est pas pertinent si l’objectif est de vous verser rapidement des revenus personnels.*

*Ces informations ne constituent pas un conseil personnalisé. Toute mise en œuvre doit être validée par un professionnel.

La trésorerie remontée dans la holding peut, par exemple, être utilisée pour :

  • financer l’acquisition d’une autre société (croissance externe),
  • investir en immobilier via une filiale dédiée (SCI, SAS immo),
  • s’exposer à des actifs non cotés (private equity),
  • Diversifier un patrimoine dans un contrat de capitalisation.*

*Investir comporte des risques de perte en capital.

Lire aussi : Contrat capitalisation personne morale : un outil puissant pour gérer sa trésorerie

Chez Goodvest, nous proposons une solution de private equity accessible dès 100 000 €, avec une sélection de fonds rigoureuse (diversification sectorielle, gestion du risque, impact positif).*

*Investir en Private Equity comporte des risques de perte en capital et de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Afin de valider la cohérence de ce type d’investissement avec votre situation (holding, objectifs, horizon de placement, tolérance au risque), vous pouvez prendre rendez-vous avec un conseiller en gestion privée Goodvest.

Les principaux types de montages holding

La structuration d'un montage dépend directement de votre objectif patrimonial (investir, transmettre, racheter, structurer un groupe). On distingue généralement 3 types.

Montage holding patrimonial

Le montage holding patrimonial vise d’abord la capitalisation long terme et l’organisation du patrimoine professionnel.

Concrètement, une société holding (souvent SAS ou SARL) centralise les participations dans une ou plusieurs sociétés opérationnelles. Les dividendes peuvent remonter à la holding avec un frottement fiscal limité via le régime mère-fille (article 145 du CGI), la quote-part de frais et charges de 5 % restant imposable à l’IS (15 % ou 25 % selon le niveau de bénéfice).

Ce schéma peut être pertinent* pour :

  • Capitaliser au niveau de la holding sans fiscalité immédiate à titre personnel,
  • Préparer une transmission progressive (donation de titres de holding, pacte Dutreil possible sous conditions - article 787 B du CGI),
  • Isoler et protéger le patrimoine financier par rapport aux risques opérationnels des filiales.

*Ce contenu est pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.

espace client

Échangez avec un conseiller privé Goodvest

Nos experts sont là pour vous accompagner

Prendre rendez-vous

Montage holding LBO (rachat avec effet de levier)

Le montage holding LBO consiste à faire porter la dette d’acquisition par la holding qui rachète une société cible. Le remboursement s’effectue ensuite via les flux de dividendes remontés par la filiale.

Les différentes étapes sont :

  • La holding contracte une dette d’acquisition (banque, fonds de dette privée),
  • Les dividendes de la filiale remontent sous régime mère-fille (art. 145 CGI),
  • La capacité de remboursement repose sur le cash-flow opérationnel de la cible.

Le levier financier peut fortement améliorer la rentabilité des fonds propres, mais le risque est réel : en cas de baisse d’activité, la structure de dette peut fragiliser l’ensemble du groupe.

L’AVIS DE GOODVEST

« L’administration fiscale est également attentive aux schémas de remontée de trésorerie et aux montages purement financiers sans logique industrielle (notamment via la doctrine sur l’acte anormal de gestion). »

À savoir : Un LBO engage fortement la responsabilité du dirigeant (covenants bancaires, risques de défaut, enjeux de gouvernance). Une étude préalable est indispensable.

Montage holding de contrôle (pilotage de groupe)

Le montage holding de contrôle vise avant tout l’organisation et la gouvernance d’un groupe de sociétés.

Sur le plan opérationnel, la holding permet :

  • La mutualisation des fonctions supports (finance, juridique, IT, RH) via des conventions de prestations intragroupe (rémunérées à la juste valeur pour éviter toute requalification en acte anormal de gestion),
  • La centralisation de la trésorerie (cash pooling encadré juridiquement),
  • Une meilleure gouvernance multi-filiales (comités stratégiques, allocation du capital, arbitrage des investissements).

Ce type de montage peut s’inscrire dans une logique d’intégration fiscale (articles 223 A et suivants du CGI), sous conditions de détention (95 %) et de périmètre, ce qui peut permettre une compensation des résultats entre sociétés du groupe.

À savoir : Les flux intragroupe (management fees, conventions de trésorerie, remontées de dividendes) doivent être documentés, justifiés économiquement et valorisés à prix de marché. À défaut, le risque de redressement fiscal est élevé. Ce contenu est informatif et ne remplace pas un audit juridique et fiscal personnalisé.

Quelle forme juridique pour une holding ? (SASU, SARL/EURL, SELARL…)

Le choix de la forme juridique de la holding conditionne directement la fiscalité des flux, la souplesse de gouvernance, la capacité à faire entrer des investisseurs et la facilité de transmission

Montage holding en SASU

La holding en SASU est aujourd’hui la structure la plus utilisée pour les montages de croissance et de structuration de groupe.*

  • Souplesse statutaire élevée : liberté d’organisation des pouvoirs (président, comités, pactes), utile pour préparer des entrées d’investisseurs ou un LBO.
  • Dividendes sans cotisations sociales : les dividendes perçus par l’associé personne physique ne supportent pas de cotisations sociales (hors PFU), contrairement aux parts de SARL au-delà de certains seuils.
  • Fiscalité IS standard : imposition à l’IS (15 % jusqu’au seuil de PME éligible, puis 25 %), avec application possible du régime mère-fille sur les dividendes remontés (article 145 du CGI, quote-part de 5 % réintégrée).
  • Facilité d’entrée d’investisseurs : actions, BSPCE, clauses statutaires adaptées aux opérations de haut de bilan.

*Toute mise en place doit être validée avec un avocat fiscaliste et votre expert-comptable.

Montage holding en SARL / EURL

La holding en SARL (ou EURL) est plus adaptée à une logique patrimoniale long terme et à des groupes peu ouverts à des investisseurs externes.

  • Cadre juridique plus rigide : règles statutaires encadrées par le Code de commerce, moins de flexibilité pour structurer des pactes complexes.
  • Statut social du dirigeant (TNS) : le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non-salariés. Lla rémunération supporte des cotisations sociales, ce qui peut être pertinent pour la protection sociale mais plus coûteux en charges.
  • Dividendes potentiellement soumis à cotisations sociales au-delà d’un certain seuil (10 % du capital + comptes courants + primes d’émission) lorsque l’associé est gérant majoritaire.
  • Fiscalité IS + régime mère-fille possible pour les dividendes remontés des filiales.

Montage SELARL holding (professions libérales)

La holding en SELARL concerne principalement les professions libérales réglementées (santé, droit, expertise comptable, etc.), avec des contraintes spécifiques d’agrément et de détention du capital.

  • Structuration du patrimoine professionnel : centralisation des participations dans plusieurs structures d’exercice.
  • Transmission facilitée : organisation progressive de la cession ou de la donation de titres, sous réserve du respect des règles propres à la profession (agréments, plafonds de détention).
  • Logique de capitalisation long terme : remontée de dividendes sous régime mère-fille.
  • Contraintes : les statuts et mouvements de titres sont soumis aux règles de l’ordre ou de l’autorité de tutelle de la profession.

À savoir : Les holdings de professions libérales sont fortement encadrées (Code de la santé publique, textes professionnels, règles ordinales) et doit être validée en amont avec un avocat spécialisé et l’instance de tutelle compétente.

Quel est le coût d’un montage holding ?

La holding peut être un outil efficace, mais il a un coût réel qu’il faut intégrer dans votre rentabilité globale. 

Les éléments ci-dessous sont informatifs et ne constituent pas un conseil personnalisé.

Coût de création d’une holding

La création d’une holding (statuts, formalités, structuration fiscale, éventuel apport de titres) coûte entre 500 € à 2 000 € (Source : Dougs). 

En cas d’apport de titres, les mécanismes de report ou de sursis d’imposition prévus aux articles 150-0 B et 150-0 B ter du CGI doivent être sécurisés pour éviter une taxation immédiate.

Lire aussi : Apport cession : vendre son entreprise sans impôts (ou presque)

Prix annuel de fonctionnement d’une holding

Les frais récurrents (comptabilité, juridique, banque, parfois commissaire aux comptes) se situent généralement entre 1 200 € et 2 000 € par an pour une holding simple (Source : Archipel Lyon), et peuvent monter bien au-delà pour des structures plus complexes.

L’un des objectifs principaux de la holding étant de capitaliser et réinvestir avec un frottement fiscal limité, il conviendra de calculer la rentabilité d'un tel montage pour votre situation.

Dans quel cas le montage holding peut-il être pertinent ?

Une holding n’a de sens que si elle s’inscrit dans une stratégie patrimoniale globale : capacité de réinvestissement, horizon long terme. L’objectif est de transformer des flux de dividendes en capital productif.

Pour rappel, la holding ne doit pas répondre à une logique exclusivement fiscale (article L.64 du LPF). Toute décision doit être validée au préalable avec un expert.

Comment faire travailler la trésorerie de sa holding

Une holding bien structurée permet de réinvestir les dividendes remontés dans une logique de capitalisation long terme plutôt que de consommation immédiate.

Concrètement, cette trésorerie peut être allouée à des compte à terme, des fonds euros ou unités de compte diversifiées* en contrat de capitalisation (ETF responsables, obligations vertes, immobilier durable, infrastructures liées à la transition), ou encore aux meilleurs fonds de private equity.*

*Investir en prívate equity comporte des risques d'illiquidité et de perte en capital.

Lire aussi : Contrat de capitalisation : avantages et inconvénients

Chez Goodvest, les allocations sont construites dans une logique responsable, avec des exclusions strictes (énergies fossiles, charbon, armement controversé) selon notre méthodologie en 7 étapes, avec une sélection de supports alignés avec les accords de Paris sur le climat.

espace client

Échangez avec un conseiller privé Goodvest

Nos experts sont là pour vous accompagner

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes en Stratégie d'investissement

Nos experts sont à votre service

Bénéficiez des conseils personnalisés de nos spécialistes en investissement responsable.
Prendre rendez-vous
Félix Rivierre, Directeur de l’équipe Conseil
Albane de Prémont, Responsable de la clientèleMatthieu Silva Santos, Directeur de l’offre et de l’Investissement Responsable
Arthur Simon, Conseiller en InvestissementGarance Laurant, Analyste Investissement Responsable