Assurance-vie enfant : ouvrir un contrat au nom de son enfant mineur

Mettre de l'argent de côté pour un enfant, c'est raisonner sur 15 ou 18 ans : ses études, son permis, un premier logement. Sur une telle durée, l'enveloppe retenue au départ pèse sur ce que l'enfant trouvera à sa majorité. L'assurance-vie ouverte à son nom obéit à des règles précises sur l'ouverture, les versements et l'accès à l'argent.

En bref :
Oui, les parents peuvent ouvrir une assurance-vie au nom de leur enfant dès sa naissance : ils signent ensemble le contrat, et l'enfant le signe aussi à partir de 12 ans. L'argent lui appartient, mais il n'en dispose librement qu'à sa majorité.
- Les versements des parents sont des donations, sans droits à payer jusqu'à 100 000 € par parent et par enfant sur 15 ans (31 865 € pour un grand-parent).
- Ouvert avant les 10 ans de l'enfant, le contrat a dépassé 8 ans à sa majorité : les gains retirés bénéficient alors d'un abattement annuel, puis d'un impôt de 7,5 % au lieu de 12,8 % (pour des versements jusqu'à 150 000 €), hors prélèvements sociaux.
- Un pacte adjoint peut reporter et/ou conditionner l'accès à l'argent au-delà de 18 ans, en pratique jusqu'aux 25 ans de l'enfant au plus tard.
Ouvrir une assurance-vie pour un enfant mineur : âge et signatures
Un enfant mineur ne peut pas signer seul un contrat (article 1146 du Code civil). Ce sont donc ses parents, en tant qu'administrateurs légaux (les représentants chargés de gérer ses biens), qui ouvrent l'assurance-vie en son nom et pour son compte. Le contrat appartient pourtant à l'enfant : il en est le souscripteur et l'assuré, et l'argent versé devient le sien.
Assurance-vie pour bébé : une ouverture possible dès la naissance
Aucun âge minimum n'est exigé : une assurance-vie peut être ouverte au nom d'un nouveau-né. C'est même l'âge où l'ouverture a le plus de sens, puisque le contrat dispose alors de l'horizon le plus long avant la majorité.
En pratique, l'assureur demande les pièces d'identité des parents, le livret de famille et un justificatif de domicile.
Signature de l'assurance-vie d'un enfant : les deux parents, puis l'enfant dès 12 ans
Qui signe dépend de l'organisation de l'autorité parentale et de l'âge de l'enfant :
- Autorité parentale exercée en commun : les deux parents signent le contrat.
- Autorité parentale exercée par un seul parent : ce parent signe seul.
- Enfant de 12 ans ou plus : il signe aussi le contrat, les assureurs demandant son accord.
- Mineur émancipé : il peut ouvrir et gérer seul son contrat, comme un majeur.
Assurance-vie enfant ou livret : pourquoi l'horizon change tout ?
Pour une somme destinée à l'enfant dans 10, 15 ou 18 ans, livret et assurance-vie ne jouent pas le même rôle. Le livret sert l'argent dont on peut avoir besoin du jour au lendemain.
Sur un horizon aussi long, cette disponibilité ne sert à rien à l'enfant, et le livret laisse son épargne exposée à deux effets qui se cumulent :
- L'inflation : le taux du Livret A est calculé en partie à partir de la hausse passée des prix, avec plusieurs mois de décalage, et il peut rester en dessous. Entre 2022 et 2025, les prix ont augmenté d'environ 13,6 % (Insee), quand l'argent placé sur un Livret A progressait d'environ 9,8 % (à titre illustratif, calcul sur les taux successifs du livret). En septembre 2026, l'inflation atteignait 3 % sur un an (estimation provisoire de l'Insee), pour un Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2026 (info.gouv.fr).
- Le coût d'opportunité : chaque année passée à ce taux est une année où l'argent n'a pas pu viser davantage, alors que l'enfant n'en aura pas besoin avant longtemps.
Le bon critère pour choisir n'est donc pas le placement le plus sûr dans l'absolu, mais l'horizon de la somme.
Lire aussi : Que choisir entre livret A et assurance-vie en 2026 ?
Prendre date : un contrat de plus de 8 ans à la majorité
La fiscalité de l'assurance-vie s'allège quand le contrat a 8 ans. Ce qui compte, c'est l'âge du contrat, pas celui de l'enfant. Un contrat ouvert avant ses 10 ans a donc franchi ce cap à sa majorité, au moment où il risque le plus d'avoir besoin de l'argent (études, logement).
Assurance-vie enfant : aucun plafond de versement
Les livrets sont plafonnés : 22 950 € pour le Livret A ce qui limite grandement votre marge de manœuvre.
L'assurance-vie n'a pas de plafond de versement. Elle peut accueillir 18 ans de versements réguliers comme une donation importante, sans qu'il faille répartir l'argent sur plusieurs supports d'épargne.
Supports de l'assurance-vie enfant : fonds en euros et unités de compte
Une assurance-vie donne accès à deux familles de supports :
- Le fonds en euros : le capital est garanti par l'assureur, en contrepartie d'un rendement plus limité (mais potentiellement supérieur à celui du Livret A selon le fonds en euros).
- Les unités de compte : des fonds investis en actions, en obligations ou en immobilier, ou des ETF (fonds qui répliquent un indice boursier). Leur capital n'est pas garanti.
Les unités de compte présentent un risque de perte en capital, et leurs performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Cela dit, plus l'horizon est long, plus les baisses passagères ont le temps d'être absorbées, sans que rien ne le garantisse. C'est pourquoi l'horizon d'un contrat ouvert pour un jeune enfant peut se prêter à une part d'unités de compte, qui se réduit à mesure que la majorité approche au profit d’un fonds en euros pour garantir la capital acquis à sa majorité.
Cette méthode de sécurisation progressive peut se mettre en œuvre automatiquement dans un contrat en gestion pilotée.
Alimenter l'assurance-vie d'un enfant : versements et donations
Un mineur ne verse généralement pas lui-même sur son contrat : l'argent vient de ses parents, de ses grands-parents ou d'autres proches.
Juridiquement, chaque versement d'un tiers sur le contrat de l'enfant est une donation, puisque l'argent quitte le patrimoine de celui qui verse pour entrer dans celui de l'enfant.
Une donation est taxée selon le lien de parenté, après un abattement renouvelable tous les 15 ans. En principe, elle doit être déclarée en ligne depuis l'espace particulier sur impots.gouv.fr, même lorsqu'aucun droit n'est dû grâce à l'abattement (Service-Public, vérifié le 1er janvier 2026).
Lire aussi : Comment faire une donation à un enfant mineur ?
Versements des parents : un abattement de 100 000 € par parent et par enfant
Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chacun de ses enfants sans droits de donation, sur une période de 15 ans (Service-Public).
Exemple : un parent verse 100 000 € sur l'assurance-vie de son enfant. Le versement est une donation, mais l'abattement de 100 000 € l'efface entièrement : aucun droit n'est dû. Les deux parents peuvent ainsi transmettre ensemble 200 000 € par enfant, puis renouveler l'opération 15 ans plus tard.
Versements des grands-parents : un abattement de 31 865 € par petit-enfant
Chaque grand-parent dispose d'un abattement de 31 865 € par petit-enfant, lui aussi renouvelable tous les 15 ans (Service-Public). Un enfant peut donc recevoir de ses quatre grands-parents jusqu'à 127 460 € sans droits de donation.
Lire aussi : Comment ouvrir une assurance vie pour son petit-fils ?
Bon à savoir : il existe un second abattement de 31 865 € pour les dons de sommes d'argent, mais il est réservé aux bénéficiaires majeurs ou émancipés : il ne s'applique pas tant que l'enfant est mineur.
Présents d'usage : les cadeaux qui échappent aux droits de donation
Les présents d'usage, comme les sommes offertes à Noël ou pour un anniversaire, ne sont pas traités comme des donations. Ils peuvent alimenter le contrat sans entamer les abattements, à deux conditions (Cour de cassation, 1re chambre civile, 6 décembre 1988, n° 87-15.083) :
- être offerts à l'occasion d'un événement ;
- rester d'un montant raisonnable au regard des revenus et du patrimoine de celui qui donne.
Aucun seuil n'est fixé par la loi : l'administration fiscale apprécie au cas par cas. Un versement important sera difficilement qualifié de présent d'usage.
Placer un héritage reçu par l'enfant
Un enfant qui hérite peut voir cette somme placée sur son assurance-vie. La décision revient aux parents, en tant qu'administrateurs légaux, sauf si le défunt a confié la gestion de ce qu'il lègue à une autre personne.
Assurance-vie enfant : qui gère l'argent et quand l'enfant le récupère ?
Jusqu'à 18 ans, les parents gèrent le contrat, mais l'argent reste celui de l'enfant. À sa majorité, il en devient seul titulaire et peut en disposer librement, sauf si un pacte adjoint a reporté cette date.
Retrait sur l'assurance-vie d'un mineur : l'accord des deux parents
Un mineur non émancipé ne peut pas retirer lui-même d'argent de son contrat. Un retrait (ou rachat) réduit le patrimoine de l'enfant : lorsque les deux parents exercent l'autorité parentale, il suppose leur accord à tous les deux.
- En cas de désaccord entre les parents, le juge des tutelles est saisi pour autoriser ou non le retrait.
- Pour certains actes importants, l'autorisation du juge est requise par la loi, et certains assureurs la demandent par précaution pour les retraits élevés.
- Un parent seul ne peut pas retirer l'argent sans l'accord de l'autre : la Cour de cassation l'a rappelé à un père qui voulait transférer l'épargne de son fils vers son propre contrat (2e chambre civile, 26 novembre 2020, n° 19-12.499).
Dans tous les cas, l'argent retiré doit servir l'intérêt de l'enfant.
Assurance-vie enfant à 18 ans : l'enfant devient seul titulaire
À sa majorité, l'enfant gère seul son contrat. Il peut :
- retirer tout ou partie de l'épargne ;
- continuer à verser ;
- modifier la répartition entre les supports ;
- désigner librement ses bénéficiaires.
Les parents ne décident plus des opérations sur le contrat, sauf si un pacte adjoint a été conclu.
Pacte adjoint : encadrer l'argent jusqu'aux 25 ans de l'enfant
Le pacte adjoint est un acte joint à une donation, par lequel celui qui donne fixe les conditions d'utilisation de l'argent. Il permet notamment :
- d'interdire les retraits avant un âge donné, en pratique jusqu'aux 25 ans de l'enfant au plus tard. Cette clause d'inaliénabilité (interdiction de retirer l'argent) doit être temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime (article 900-1 du Code civil) ;
- de prévoir des exceptions, par exemple pour financer des études ou un premier logement ;
- d'imposer que certaines donations futures soient versées sur le contrat.
Bon à savoir : tous les contrats n'acceptent pas de pacte adjoint, et ceux qui l'acceptent l'exigent souvent sur papier. C'est un point à vérifier avant l'ouverture.
Lire aussi : Assurance vie pour enfant mineur et pacte adjoint : la bonne solution ?
Fiscalité des retraits de l'assurance-vie d'un enfant
Tant qu'aucun retrait n'est effectué, les gains ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Seuls les intérêts du fonds en euros supportent chaque année les prélèvements sociaux. Lors d'un retrait, seule la part de gains contenue dans la somme retirée est imposée, pas les versements.
Source : Service-Public, vérifié le 15 avril 2026.
Bon à savoir : tant que l'enfant est à la charge de ses parents, ses revenus sont déclarés par leur foyer fiscal. Les gains d'un retrait effectué pendant sa minorité sont donc imposés avec ceux des parents, et l'abattement annuel est partagé avec leurs propres contrats. Une fois l'enfant devenu majeur et doté de son propre foyer fiscal, il bénéficie de son propre abattement.
Exemple, à titre illustratif : l'enfant devenu majeur retire 10 000 € d'un contrat ouvert depuis plus de 8 ans, dont 2 500 € de gains. L'abattement de 4 600 € couvre ces gains : aucun impôt sur le revenu n'est dû. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent, soit 430 €, moins la part déjà prélevée chaque année sur le fonds en euros.
Lire aussi : Fiscalité du rachat en assurance vie 2026 : abattement, PFU 30 % et stratégies pour optimiser
Choisir une assurance-vie pour son enfant : les critères à comparer
Les contrats destinés aux enfants se distinguent sur quelques points concrets :
- Les frais : frais de gestion annuels (sur les unités de compte, sur le fonds en euros, et sur le mandat en gestion pilotée), frais sur versements, frais d'arbitrage (changement de support). Ils sont une soustraction certaine, alors que la performance ne l'est pas : un contrat plus coûteux peut faire mieux si ses choix d'investissement compensent son coût, sans que rien permette de le savoir à l'avance.
- Le ticket d'entrée et les versements programmés : un montant minimum faible et des versements mensuels de petite taille permettent d'épargner au fil des anniversaires et des étrennes.
- Le mode de gestion : en gestion libre, les parents construisent eux-mêmes l'allocation, et le nombre de supports disponibles compte. En gestion pilotée, un gestionnaire ajuste l'allocation à l'horizon de l'enfant ; ce qui se vérifie alors, c'est la qualité des supports retenus.
- Le fonds en euros : sa présence, son rendement et ses conditions d'accès.
- Le pacte adjoint : la possibilité d'en joindre un au contrat, si vous souhaitez encadrer l'argent au-delà de 18 ans.
Assurance-vie responsable pour enfant : investir dans le monde qu'il trouvera à sa majorité
Une assurance-vie ouverte pour un enfant place son argent pendant 15 ou 18 ans, soit l'horizon sur lequel se jouent les objectifs climatiques européens (neutralité carbone visée en 2050). Choisir des supports orientés vers la transition écologique, c'est faire en sorte que cette épargne finance des entreprises dont l'activité s'inscrit dans ce cap, plutôt que des secteurs qui s'en éloignent.
Trois repères permettent de vérifier l'orientation d'un contrat :
- la classification européenne des fonds (règlement SFDR) : les fonds « article 9 » ont un objectif d'investissement durable, les fonds « article 8 » promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales ;
- les labels publics, comme le label ISR ou le label Greenfin ;
- la politique d'exclusion du contrat, notamment vis-à-vis des énergies fossiles.
Un contrat responsable reste un placement financier : son orientation ne garantit ni sa performance ni son capital, et les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Goodvest Kids : l'assurance-vie responsable pour votre enfant
Nous proposons avec Goodvest Kids une assurance-vie au nom de l'enfant, adossée au contrat GOODVIE assuré par Generali Vie. Le contrat est en gestion pilotée : notre équipe construit et ajuste l'allocation selon l'horizon de l'enfant.
- Des supports à objectif durable : 100 % des supports ont un objectif d'investissement durable (article 9 du règlement SFDR ou éligibles), et le contrat est conçu pour être compatible avec l'Accord de Paris, sur la base des données de Carbon 4 Finance.
- Une ouverture accessible : dès 300 €, puis 50 € par mois (versements mensuels facultatifs au-delà de 1 000 € investis).
- Des frais affichés : de 1,75 % à 1,95 % par an tout compris (Goodvest, Generali et fonds), et aucuns frais d'entrée, de versement ou de sortie.
- La remise du contrat à la majorité de l'enfant ou à un âge choisi à l'avance, dans la limite de 25 ans.
Comme tout contrat investi en unités de compte, Goodvest Kids présente un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les informations de cet article sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. L'investissement en unités de compte présente un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Assurance-vie enfant et parents séparés
La séparation des parents ne change pas, en principe, l'exercice de l'autorité parentale : les deux restent administrateurs légaux. Leurs deux signatures restent nécessaires pour ouvrir le contrat comme pour retirer de l'argent, et le juge des tutelles tranche en cas de désaccord.
Lorsque l'autorité parentale a été confiée à un seul parent, celui-ci gère seul le contrat. Pour un retrait, certains assureurs demandent alors l'autorisation du juge des tutelles.
Questions fréquentes en Assurance-vie
Peut-on ouvrir une assurance-vie à un bébé ?
Oui. Aucun âge minimum n'est exigé : les parents peuvent ouvrir une assurance-vie au nom de leur enfant dès sa naissance. Le contrat dispose alors de l'horizon le plus long, et il a dépassé 8 ans bien avant la majorité.
Faut-il ouvrir une assurance-vie à son enfant ou le désigner bénéficiaire de la sienne ?
Les deux ne répondent pas au même objectif. Un contrat ouvert au nom de l'enfant lui transmet l'argent tout de suite : c'est une donation, et le contrat prend date à son nom. Désigner l'enfant bénéficiaire de votre propre contrat lui transmet le capital à votre décès seulement, selon la fiscalité propre à la transmission de l'assurance-vie.
Qui sont les bénéficiaires de l'assurance-vie d'un enfant ?
Avant 16 ans, l'enfant ne peut pas désigner de bénéficiaire : en cas de décès, le capital revient à ses héritiers, en général ses parents. À partir de 16 ans, il peut en désigner par testament, dans la limite de la moitié de ce dont un majeur pourrait disposer (article 904 du Code civil). À 18 ans, il les désigne librement.
Un mineur peut-il ouvrir seul une assurance-vie ?
Non, sauf s'il est émancipé. Ce sont ses parents qui ouvrent le contrat en son nom : les deux signent si l'autorité parentale est exercée en commun, et l'enfant signe aussi à partir de 12 ans.
Que se passe-t-il si un enfant mineur est bénéficiaire d'une assurance-vie ?
Le capital lui est versé, mais ce sont ses parents, en tant qu'administrateurs légaux, qui le gèrent jusqu'à sa majorité. Le souscripteur du contrat peut toutefois prévoir dans la clause bénéficiaire un versement différé, un placement bloqué jusqu'à 25 ans ou la désignation d'une autre personne pour gérer cet argent.
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