Combien épargner par mois selon son salaire ?

Les Français sont parmi les meilleurs épargnants d’Europe. Plus de 90 % d’entre eux (parmi les plus de 15 ans) détiennent au moins un livret d’épargne réglementée (source : La Finance Pour tous, Les livrets d’épargne réglementée en bref, 01/26) et fin 2025, le Livret A, le LDDS et le LEP cumulaient un encours record de 695,7 milliards d’euros (source : Caisse des Dépôts, Communiqué de presse, 22/04/26). Pourtant, derrière cette réserve de liquidités, une question revient régulièrement : combien faut-il épargner par mois (selon ses revenus) ?

Les Français épargnent beaucoup, mais souvent mal. Une large part de cet argent dort sur des supports peu rémunérateurs : le Livret A a un rendement annuel abaissé à 1,5 % depuis février 2026 et il peine à se valoriser sur le long terme. Toutefois, on observe une prise de conscience générale : pour la première fois en une décennie, le Livret A a enregistré une décollecte nette de 2,12 milliards d’euros en 2025 (source : Caisse des Dépôts), les épargnants commencent à réorienter leur épargne vers des placements plus rémunérateurs.
Lire aussi : Livret A : quelles alternatives pour un meilleur rendement ?
Mais avant de choisir où placer, encore faut-il savoir combien mettre de côté. Et sur ce point, aucune réponse universelle : le bon montant dépend de votre salaire, du poids de vos charges fixes, de vos projets et de votre âge. Toutefois, afin de vous situer : le taux d'épargne moyen des Français était de 17,9% des revenus en 2025 (source : INSEE).
L'objectif de cet article est de vous donner une méthode claire pour fixer votre effort d’épargne mensuel selon votre situation, le structurer en fonction de vos objectifs, puis de le faire fructifier intelligemment à court, moyen et long terme.
Ce contenu est fourni à titre informatif et pédagogique uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte des risques de perte en capital.
Combien épargner par mois : existe-t-il un montant idéal ?
Il n’existe aucun montant universel qui répondrait, pour tout le monde, à la question « combien épargner par mois ». Le bon chiffre dépend de votre salaire, de vos charges fixes, de votre situation familiale et de vos objectifs.
En revanche, il existe des points de repères (comportement observé chez les Français) qui vous permettent de vous situer et de fixer un objectif à la fois ambitieux et réaliste.
Pourquoi épargner chaque mois change tout
En matière d’épargne, la régularité pèse davantage que le montant. Mieux vaut mettre 150 € de côté chaque mois que 600 € un mois puis plus rien pendant 1 an.
Cette constance crée un automatisme (se payer en premier) et elle active le levier le plus puissant en finance : les intérêts composés.
Exemple : En plaçant 150 € par mois à un rendement annuel moyen de 5 %, vous obtenez environ 23 300 € après 10 ans* (dont 5 300 € d’intérêts), et près de 61 600 € après 20 ans* (dont 25 600 € de gains), pour seulement 36 000 € réellement versés. Ainsi, plus vous commencez tôt, plus la part des intérêts gonfle : le temps fait une grande partie du travail à votre place.
*Cette simulation financière est réalisée à titre indicatif. Investir comporte des risques de perte en capital (rendement non garanti). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Lire aussi : Épargne de précaution 2026 : le montant idéal selon votre situation
À savoir : En mai 2026, 29 % des Français déclarent avoir déjà été à découvert au cours des douze derniers mois (source : Elabe, Les Français et le pouvoir d'achat, 20/05/26). Sans matelas de sécurité, les dépenses imprévues se transforment souvent en agios et/ou en crédit à la consommation, bien plus coûteux que l’effort d’épargne qu’elles auraient demandé en amont.
Le taux d’épargne moyen des Français
Pour vous situer, intéressons-nous au taux d’épargne moyen des ménages (part du revenu disponible). En France, il est historiquement élevé : selon l’INSEE, il a atteint un pic de 18,7 % au 2ᵉ trimestre 2025, un niveau jamais vu depuis le début des années 1980 (hors période Covid), avant de reculer légèrement à 17,9 % au 4ᵉ trimestre 2025. À titre de comparaison, ce taux tournait autour de 15 % avant la crise sanitaire (fin 2019, INSEE).
Attention toutefois à ne pas confondre le taux d’épargne global qui inclut le remboursement du capital d’un crédit immobilier et le taux d’épargne financière qui, lui, ne compte que l’argent réellement placé (livrets, assurance-vie, PER…).
Ce dernier s’établissait autour de 10,5 % du revenu disponible brut au T2 2025 (source : Economie.gouv, Que finance l'épargne des Français, 15/01/26) soit, là encore, un plus haut historique. Fait notable : pour la première fois depuis 2000, l’épargne financière des Français dépasse celle des Allemands.
Pour vous situer, voici le taux d'épargne moyen estimé selon votre salaire :
Ainsi, un Français qui gagne 2 500 € net par mois devrait mettre environ 450 € de côté par mois (dont environ 260 € en financier) afin d'être dans la moyenne.
À savoir : Ces moyennes nationales sont un point de comparaison, pas un objectif. Un taux d’épargne « moyen » ne dit rien de sa qualité : une grande partie de l’épargne française dort sur des supports peu rémunérateurs (comptes courants, Livret A rémunéré à 1,5 %), dont le rendement réel est parfois négatif face à l’inflation.
Lire aussi : Où placer son argent en 2026 ? Guide complet des placements
La fourchette recommandée par les experts
La recommandation des professionnels est généralement située entre 10 % et 20 % des revenus mensuels nets. Il s'agit d'une fourchette suffisamment ambitieuse pour bâtir un patrimoine, mais assez souple pour ne pas se priver au quotidien.
Concrètement, pour un salaire de 3 000 € net, cela représente 300 à 600 € par mois. Pour 1 800 € net, comptez plutôt 180 à 360 €. De toute évidence, ces pourcentages doivent être pondérés selon votre situation, notamment le poids de vos charges fixes (un loyer parisien ne pèse pas comme un crédit en province) et par vos projets. L’essentiel est de fixer un pourcentage réaliste sur le long terme, puis de s’y tenir (et l’augmenter progressivement si possible).
Ceci ne constitue pas un conseil en investissement. Toute décision d’investissement doit faire l’objet d’une étude de votre situation, de votre profil investisseur et de vos objectifs. L’investissement sur les supports en unités de compte comporte un risque de perte en capital puisque leur valeur est sujette à fluctuation, à la hausse comme à la baisse, en fonction notamment de l’évolution des marchés financiers.
La règle 50-30-20 pour structurer votre budget
La règle 50-30-20 est une méthode popularisée par la sénatrice américaine Elizabeth Warren. Sa force : elle transforme une intention floue (« épargner plus ») en une répartition précise de vos dépenses. Voyons comment elle fonctionne, et pourquoi elle ne convient pas à toutes les situations…
Comment fonctionne la règle 50-30-20 ?
Le principe consiste à répartir vos revenus nets mensuels en trois grandes enveloppes :
Sur un salaire de 3 000 € net, cela donne 1 500 € pour les dépenses contraintes, 900 € pour les dépenses “plaisir” et 600 € d’épargne mensuelle.
Lire aussi : Combien mettre de côté par mois ?
Les limites de la règle 50-30-20
Aussi pratique soit-elle, la règle 50-30-20 reste théorique : elle traite chaque profil de la même façon, sans tenir compte ni du niveau de revenus, ni de la composition du foyer.
Pour les revenus modestes, les dépenses contraintes dépassent fréquemment 50 % du budget : le logement seul peut absorber 30 à 40 % du revenu dans les grandes métropoles. Plafonner les besoins à la moitié est alors irréaliste, et la cible des 20 % d’épargne devient difficilement atteignable.
À l’inverse, pour les hauts revenus, consacrer seulement 20 % à l’épargne peut être insuffisant (coût d'opportunité) : au-delà d’un certain niveau de vie, les dépenses n’augmentent plus proportionnellement, et un taux d’épargne de 30 %, 40 % voire plus devient tout à fait soutenable.
La règle 50-30-20 est donc un bon point de départ pour estimer votre capacité d'épargne, à condition de l’ajuster ensuite à votre réalité.
À savoir : Certains adeptes du mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early) poussent cette logique à l’extrême, avec des taux d’épargne de 40 à 70 % des revenus pour atteindre l’indépendance financière en une quinzaine d’années (frugalisme).
Combien épargner par mois selon son salaire
Plus les revenus augmentent, plus la capacité d’épargne progresse, non seulement en valeur absolue, mais aussi en proportion du revenu : les dépenses contraintes (logement, alimentation, énergie, transports) sont relativement incompressibles et n'augmentent pas toujours au même rythme que les revenus.
Le montant à épargner selon son salaire net
Le tableau ci-dessous propose une fourchette indicative de taux d’épargne et de montant mensuel, en fonction de votre salaire net (et/ou dividendes pour les indépendants). Ces repères sont à ajuster ensuite selon le poids réel de vos charges et de vos projets.
Concrètement, un revenu modeste mobilisera généralement 5 à 10 % de ses ressources, l’essentiel du budget étant consacré aux dépenses contraintes. Dans tous les cas, il est important d’installer l’habitude d’épargner, même 50 € par mois.
Les revenus intermédiaires, eux, disposent d’une meilleure marge de manœuvre et peuvent viser 10 à 25 %.
Quant aux revenus élevés, il est plus réaliste de dépasser les 20 % : une fois un certain niveau de vie atteint, les dépenses cessent d’augmenter proportionnellement, et un taux d’épargne de 30 %, 40 % ou davantage devient parfaitement soutenable.
Lire aussi : Comment mieux gérer son salaire ?
Calculer votre capacité d’épargne réelle
Votre capacité d’épargne réelle peut se calculer à l’euro près grâce à cette formule :
Capacité d’épargne = Revenus nets mensuels - Dépenses totales (fixes + variables)
Pour l’établir sans se tromper, le plus efficace est de reprendre ses trois derniers relevés bancaires et à recenser l’intégralité des charges incompressibles : loyer ou mensualité de crédit, assurances, énergie, abonnements essentiels, transports, alimentation. Ensuite, ajoutez-y une estimation honnête des dépenses variables (loisirs, sorties, vêtements) car ce sont précisément celles qui ont tendance à être sous-évaluées.
Pensez également à intégrer les revenus variables (primes, treizième mois, heures supplémentaires) en les lissant sur l’année plutôt. Ensuite, raisonner en moyenne annuelle : certains mois pèsent naturellement plus lourd sur le budget (rentrée, fêtes de fin d’année, anniversaires).
Adapter son taux d’épargne à sa situation
Un taux d’épargne n’est jamais figé : il évolue au rythme de votre vie. L’arrivée d’un enfant, par exemple, alourdit le budget d’un foyer et réduit d’autant la capacité d’épargne. À l’inverse, le remboursement d’un crédit ou le départ des enfants libère mécaniquement de l'épargne qu’il serait dommage de laisser sur un compte courant.
Lire aussi : Combien faut-il laisser d'argent sur son compte courant ?
Définir le bon montant selon ses objectifs d’épargne
Un même versement peut servir des objectifs très différents, qu’il convient de hiérarchiser dans le bon ordre : se protéger, financer ses projets (court/moyen/long terme), transmettre etc.
Lire aussi : Investir stratégiquement : par objectifs
Cette logique prévient l’erreur assez répandue : investir en immobilier ou en bourse (placement de long terme) avant même de disposer d’un matelas de sécurité (un imprévu ne doit jamais compromettre une stratégie bien construite).
Prenez rendez-vous avec un conseiller Goodvest pour construire votre stratégie personnalisée.
Constituer son épargne de précaution
Il s'agit de la priorité absolue avant tout investissement. Le montant généralement admis se situe entre trois et six mois de dépenses courantes (voire davantage pour les entrepreneurs).
Cette épargne doit impérativement rester liquide et sans risque. Voici les principaux livrets sans risques, et leurs rémunérations depuis le 1ᵉʳ février 2026 :
À eux seuls, le Livret A et le LDDS offrent déjà 34 950 € d’épargne totalement liquide et défiscalisée par personne, soit largement de quoi couvrir trois à six mois de dépenses pour la grande majorité des foyers.
Toutefois, avec un taux ramené à 1,50 %, un Livret A au plafond ne rapporte plus qu’environ 344 € par an en 2026, contre près de 689 € lorsqu’il était rémunéré à 3 % en 2024. Le livret sécurise et garde l’argent disponible, il ne le fait pas réellement fructifier (d’où l’importance de ne pas le surdimensionner).
Lire aussi : Où mettre son argent quand le livret A est plein ?
Financer ses projets à court et moyen terme
Cette épargne sert à financer des projets datés : un voyage, un mariage, l’apport d’un achat immobilier, des travaux, ou encore le remplacement d’un véhicule.
Ainsi, il vous suffit de diviser le coût total du projet par le nombre de mois qui les séparent. Par exemple, un apport immobilier de 30 000 € visé dans cinq ans suppose d’épargner 500 € par mois (hors rendement éventuel).
Le choix du support dépend de l’échéance du projet : pour un horizon court (inférieur à deux ou trois ans), il est préférable de rester sur des livrets ou des fonds en euros, sans s’exposer aux fluctuations des marchés, car le temps manquerait pour absorber une baisse passagère.
Lire aussi : Est-il possible de faire un investissement rentable à court terme ?
À savoir : Le Fonds Euro Objectif Climat, accessible via l’assurance-vie Goodvest est l’un des meilleurs fonds en euros du marché, avec un rendement de 3,26 % en 2025, et 3,31 % en 2024 et 2023 !
Performances bruts de prélèvements fiscaux et sociaux. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ceci ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.
De plus, il s’agit du premier fonds en euros français entièrement dédié à la transition écologique, classé Article 9 SFDR, la catégorie la plus exigeante de la réglementation européenne.
Les informations relatives à la durabilité du contrat et de ses supports sont disponibles sur l’URL suivant : https://www.spirica.fr/notre-metier/publication-dinformation-en-matiere-de-durabilite/
Pour un horizon de trois à huit ans, en revanche, une assurance-vie multisupport permet d’aller chercher un rendement potentiellement supérieur grâce aux unités de compte*, à condition d’accepter une part de risque cohérente avec votre profil, votre situation et votre horizon de placement.
*L’investissement sur les supports en unités de compte comporte un risque de perte en capital puisque leur valeur est sujette à fluctuation, à la hausse comme à la baisse, en fonction notamment de l’évolution des marchés financiers.
Lire aussi : Quels sont les meilleurs placements à moyen terme ?
Préparer le long terme et la retraite
Au sommet de la pyramide se trouve l’épargne de long terme, celle où le temps joue en votre faveur. Sur un horizon de dix, vingt ou trente ans, il peut être pertinent d’accepter davantage de risque pour viser un rendement potentiel supérieur* : historiquement, les marchés actions responsables (ex : ETF ISR) ont délivré, du 28 septembre 2007 au 29 mai 2026, un rendement annualisé de 8,78 % avant inflation* (source : MSCI World SRI, Index Fatcsheet, 05/26).
C’est sur ces horizons long terme que, par exemple, l’assurance-vie ou le plan d’épargne retraite (PER) peuvent être intéressants.
Lire aussi : PER ou assurance-vie en 2026 : différences, fiscalité et comment choisir ?
*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte des risques de perte en capital. Performance brut de frais de gestion d'enveloppe, de supports, de prélèvements fiscaux et sociaux. Chaque situation est différente doit être étudiée au cas par cas avant toute recommandation.
Toutefois, le cadre fiscal avantageux de ces enveloppes demande certaines contreparties, notamment le blocage de l’épargne jusqu’à la retraite pour le PER (hors cas de déblocage anticipé), ou encore les 8 années de détention afin de bénéficier de l'abattement de l'assurance vie en cas de rachat.
Lire aussi : Retirer l'argent d'une assurance-vie après 8 ans : fiscalité et impacts ?
Goodvest propose une assurance-vie et un PER en gestion pilotée responsable et alignée sur l’Accord de Paris sur le climat, avec une exclusion des énergies fossiles, de l’armement controversé et du tabac.
Vous pouvez ainsi piloter votre épargne en toute autonomie, à partir de 500 € d’investissement initial (ou 300 € pour Goodvie) et 50 € de versement mensuel, avec un suivi transparent de l’empreinte carbone de votre portefeuille et des frais transparents (0% de frais d’entrée, de sortie, de performance, ni d’arbitrage).
En quelques minutes, le simulateur Goodvest vous montre concrètement ce que peut devenir votre effort d’épargne, selon votre profil et votre horizon.
Questions fréquentes en Épargne et patrimoine
Combien épargner par mois avec un salaire de 2 000 € ?
Comptez environ 200 à 400 € par mois, soit 10 à 20 % de votre revenu. À ajuster selon le poids de vos charges fixes (loyer, crédit) et variables (loisirs, vêtements…).
Quel est le taux d’épargne moyen des Français ?
Selon l’INSEE, il s’établit autour de 18 % du revenu disponible (17,9 % au 4ᵉ trimestre 2025), un niveau historiquement élevé. Viser 15 à 20 % revient donc à se situer dans la moyenne nationale.
Combien d’épargne de précaution faut-il avoir ?
Il est généralement recommandé de conserver l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes minimum sur un livret disponible. Trois mois peuvent suffire à un salarié en CDI, douze mois peuvent être nécessaires pour les entrepreneurs.
Quel est l'épargne moyenne à 30 ans ?
Entre 30 et 39 ans, les Français épargnent en moyenne environ 195 € par mois, soit 2 340 € par an (données INSEE relayées par Ramify, 2026).
Quel est l'épargne moyenne à 40 ans ?
Entre 40 et 49 ans, l'épargne mensuelle moyenne grimpe à environ 270 € par mois, soit 3 239 € par an (données INSEE relayées par Ramify, 2025). La capacité d'épargne progresse avec l'âge, à mesure que les revenus augmentent et que certaines charges diminuent.
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