Hausse de la CSG en 2026 : quel impact sur vos revenus et vos placements ?

Selon France Assureurs, l'encours de l'assurance vie a franchi le cap symbolique des 2 107 milliards d'euros fin 2025, détenus par 20 millions de Français, avec une collecte nette exceptionnelle de 44 milliards d'euros sur la seule année 2025, son plus haut niveau depuis le début de la série statistique en 2011 (source : France Assureurs, bilan annuel, janvier 2026).

De son côté, le PEA affiche lui aussi un encours record de 126,5 milliards d'euros, réparti sur 7,3 millions de plans (source : Banque de France, statistiques PEA 2025). Autant dire que la moindre réforme fiscale qui touche ces enveloppes concerne une part considérable des ménages français.
C'est précisément le cas de la hausse de la CSG entrée en vigueur en 2026 : selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale, le déficit prévu pour 2026 devrait atteindre 23,2 milliards d'euros, en dégradation de 3,8 milliards par rapport aux prévisions initiales de la loi de financement (source : Commission des comptes de la Sécurité sociale, rapport du 28 mai 2026).
Pour y faire face, le législateur a choisi de relever la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point, une mesure dont le rendement est estimé à 2,66 milliards d'euros au profit des organismes de Sécurité sociale (source : amendement n° 127, Assemblée nationale, projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026).
Néanmoins, cette hausse ne traite pas tous les placements de la même façon. Le PEA, malgré son record d'encours, n'échappe pas à la réforme : ses gains sont désormais taxés à 18,6 % (après 5 ans de détention), contre 17,2 % auparavant. L'assurance vie, elle, conserve son taux historique à 17,2 % (8 ans de détention, gains inférieurs aux abattements annuels).
Dans cet article, nous reviendrons d'abord sur ce que change concrètement cette hausse de la CSG et son calendrier d'application. Nous détaillerons ensuite, placement par placement, quels supports sont concernés par le nouveau taux de 18,6 %, avant de faire le point sur les enveloppes qui y échappent. Nous conclurons sur les bons réflexes à adopter pour votre stratégie d'épargne face à cette hausse.
Hausse de la CSG en 2026 : ce qui change concrètement
Si vous détenez des placements financiers, vous êtes peut-être déjà au courant de la nouvelle : les prélèvements sociaux ont augmenté en 2026. Cette hausse, votée dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026), touche des dizaines de millions d'épargnants, mais pas tous de la même façon ni au même moment.
Avant de savoir si vous êtes concerné et dans quelle mesure, il faut comprendre précisément ce que change cette loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025.
De 17,2 % à 18,6 % : le nouveau taux des prélèvements sociaux
La CSG (contribution sociale généralisée) applicable à certains revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %, soit une hausse de 1,4 point. Étant donné que la CSG n'est qu'une composante des prélèvements sociaux, aux côtés de la CRDS (0,5 %) et du prélèvement de solidarité (7,5 %), c'est bien le taux global qui grimpe de 17,2 % à 18,6 %.
Concrètement, sur chaque tranche de 10 000 € de gains concernés, vous payez désormais 140 € de prélèvements sociaux supplémentaires : un montant qui peut sembler marginal mais qui pèse les plus-values conséquentes, cumulées année après année (intérêts composés).
Une hausse à deux vitesses : produits de placement et revenus du patrimoine
Cette hausse n'entre pas en vigueur au même moment pour tous vos revenus. L'administration fiscale distingue en effet deux catégories, avec un calendrier d'application différent.
Les produits de placement (dividendes, gains sur PEA, revenus de l'épargne salariale, gains sur PER) sont taxés au nouveau taux dès leur encaissement en 2026.
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Les revenus du patrimoine (plus-values mobilières, revenus LMNP) sont taxés au moment de leur déclaration l'année suivante : c'est donc les revenus perçus dès 2025 qui basculent au taux de 18,6 % lors de votre déclaration en 2026.
À savoir : Si vous avez perçu des plus-values mobilières ou des loyers LMNP en 2025 et déjà réglé des acomptes de prélèvements sociaux sur la base de l'ancien taux, un complément vous sera réclamé en septembre 2026, correspondant à la différence entre 17,2 % et 18,6 % sur les sommes concernées.
Pourquoi cette hausse : le contexte budgétaire
Cette augmentation ne sort pas de nulle part : le déficit public et le financement de la Sécurité sociale sont sous tension. En effet, le déficit des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse a atteint 21,6 milliards d'euros en 2025, son plus haut niveau depuis 2012, hors Covid 19 (source: Cour des comptes, Sécurité sociale 2026).
Le choix du législateur a été de faire porter l'effort sur les revenus du capital, plutôt que sur les revenus du travail.
À savoir : La fraction de CSG déductible de votre revenu imposable, pour les revenus soumis au barème progressif, reste fixée à 6,8 %, et non 10,6 %. Autrement dit, la hausse de 1,4 point s'applique intégralement en prélèvement, mais n'augmente pas la part déductible.
Ces informations correspondent au cadre légal issu de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, susceptible d'évoluer dans le temps. Elles ont une vocation informative et ne constituent ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement personnalisé. Échangez avec un conseiller Goodvest pour faire le point sur votre situation : prenez rendez-vous.
CSG 18,6 % en 2026 : quels placements sont concernés ?
Tous les supports d'épargne ne sont pas logés à la même enseigne face à cette réforme : certains y échappent totalement, nous y reviendrons dans le prochain chapitre.
Voici, placement par placement, la liste précise de ceux qui sont concernés par la hausse à 18,6 %.
Les produits de placement financiers touchés
Sont directement visés par la hausse, avec application dès l'encaissement en 2026 :
- Les dividendes et distributions assimilées, qu'ils proviennent d'actions détenues en direct ou via un compte-titres ordinaire.
- Les produits de placement à revenu fixe : intérêts d'obligations, de créances, de dépôts, de cautionnements, ainsi que les livrets alternatifs (hors Livret A, LDDS, LEP et autres livrets réglementés exonérés).
- Les gains réalisés dans le cadre d'un PEA (plan d'épargne en actions) ou d'un compte PME innovation, lorsqu'ils sont retirés avant ou après cinq ans.
- Les produits de l'épargne salariale, qu'il s'agisse de la participation aux résultats de l'entreprise, ou des gains issus d'un PEE, d'un PEI ou d'un Perco.
- Les gains issus d'un PER (Plan d'Épargne Retraite), qu'il soit bancaire ou assurantiel (détaillé juste après).
Les revenus du patrimoine concernés
Sont également touchés, mais selon le calendrier rétroactif évoqué précédemment (application dès les revenus perçus en 2025) :
- Les plus-values sur valeurs mobilières et droits sociaux, réalisées lors de la cession d'actions ou de parts sociales.
- Les gains de cession d'actifs numériques (cryptomonnaies), ainsi que les plus-values et créances soumises à l'exit tax.
- Les loyers perçus par les loueurs en meublé non professionnels (LMNP), imposés en bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non comme des revenus fonciers classiques.
- Les rentes viagères à titre onéreux et les profits réalisés sur les instruments financiers à terme.
À savoir : Contrairement à la location nue (exclue de la hausse), la location meublée non professionnelle reste pleinement concernée. Pour les LMNP relevant du régime micro-BIC, cette hausse s'ajoute d'ailleurs à d'autres ajustements récents de leur fiscalité, ce qui alourdit sensiblement leur imposition globale en 2026.
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Le PER également concerné, bancaire comme assurantiel
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) n'échappe pas à la hausse : depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les gains du PER passe elle aussi de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux applicables à ses gains à 18,6 %.
De plus, la hausse s'applique sans distinction entre PER bancaire et PER assurantiel, contrairement à l'assurance vie qui, elle, reste préservée.
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Ces informations ont une vocation informative et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. L’intérêt du PER dépend de votre situation (TMI actuel, revenus futurs, horizon d’investissement). Chaque situation est différente et doit être étudiée au cas par cas avec un professionnel.
Les placements épargnés par la hausse de la CSG
Certaines enveloppes financières échappent totalement à cette hausse et conservent l'ancien taux de 17,2 %.
L'assurance vie et les contrats de capitalisation, grands gagnants de la réforme
Les produits attachés aux contrats d'assurance vie et de capitalisation restent soumis au taux de CSG de 9,2 %, soit des prélèvements sociaux globaux maintenus à 17,2 %. Cette exception est explicitement inscrite dans la loi, au même titre que les revenus fonciers.
Lire aussi : Flat tax (PFU) en assurance-vie : ce qui change en 2026 !
Cela signifie qu'un même gain, réalisé sur un PEA ou sur une assurance vie, ne sera plus taxé de la même façon : 18,6 % dans le premier cas (après 5 ans), 17,2 % dans le second cas, après 8 ans et en respectant l’abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à déclaration commune).
Lire aussi : PEA ou assurance-vie : que choisir ?
À savoir : Notre assurance vie responsable bénéficie par conséquent de ce maintien des prélèvements sociaux à 17,2 %. C’est également le cas pour les autres contrats classiques (y compris le pires assurances-vie) mais notre différence se joue ailleurs : sur la manière dont votre épargne est investie. Nos supports sont sélectionnés selon des critères ESG exigeants, alignés sur l'Accord de Paris, notamment avec exclusion des énergies fossiles, du tabac et de l'armement, et gérés en gestion pilotée selon votre situation, votre profil de risque et votre horizon de placement.
Investir en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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Les autres exceptions à connaître
L'assurance vie n'est pas la seule enveloppe épargnée. La loi maintient également l'ancien taux pour plusieurs autres catégories de revenus, limitativement énumérées à l'article L. 136-8, IV du Code de la sécurité sociale :
- Les revenus fonciers issus de la location nue, afin de ne pas pénaliser davantage l'investissement locatif classique, déjà fragilisé par la crise du logement.
- Les intérêts et primes du CEL et du PEL de plus de 12 ans, ouverts avant le 1ᵉʳ janvier 2018, ainsi que les produits des plans d'épargne populaire (PEP).
- Les plus-values immobilières de cession, qui restent hors du champ de la réforme, contrairement aux plus-values mobilières.
Flat tax 2026 : l'impact sur le prélèvement forfaitaire unique
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), plus connu sous le nom de flat tax, intègre lui aussi la hausse de la CSG. Pour rappel, ce PFU combine deux composantes : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, et les prélèvements sociaux, jusqu'ici à 17,2 %.
Avec le passage des prélèvements sociaux à 18,6 %, la flat tax globale grimpe donc mécaniquement de 30 % à 31,4 % sur les revenus concernés. Et pour les foyers les plus aisés, l'addition peut encore s'alourdir : en cas d'application de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (jusqu'à 4 %), le taux global peut atteindre 35,4 %.
À savoir : Ce relèvement de la flat tax à 31,4 % peut légèrement modifier l'arbitrage entre l'option PFU et l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, disponible sur demande expresse et irrévocable lors de votre déclaration. Pour les contribuables faiblement imposés (tranches à 0 % ou 11 %), l'option pour le barème progressif, combinée à l'abattement de CSG déductible, peut s'avérer plus avantageuse que la flat tax à 31,4 %.
Ce calcul dépend entièrement de votre tranche marginale d'imposition et de la nature de vos revenus. Ainsi, il mérite d'être vérifié au cas par cas et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.
Lire aussi : Quel est le barème de l'impôt sur le revenu 2026 ? Fonctionnement des tranches d’imposition
Comment adapter sa stratégie face à la hausse de la CSG
Face à cette nouvelle hausse, où même le PER n'est plus épargné, faut-il revoir votre stratégie d'épargne ?
Prenez le temps d'y réfléchir, ne vous précipitez pas. Une hausse de 1,4 point ne justifie pas de bouleverser votre allocation du jour au lendemain. Chaque situation patrimoniale étant différente, le meilleur réflexe est de vous faire accompagner pour y voir clair avant d'agir.
Ne pas décider uniquement sur un critère fiscal
Cette hausse ne doit jamais faire perdre de vue votre horizon, votre tolérance au risque et vos objectifs (ex : préparer votre retraite, valoriser votre capital, générer des revenus complémentaires).
Exemple : Pour un contribuable avec une TMI de 30 %, verser 5 000 € sur un PER génère 1 500 € d'économie d'impôt immédiate. La hausse de CSG, elle, ne s'applique qu'aux plus-values générées à la sortie, pas au capital versé : elle réduit légèrement le gain potentiel final, mais ne remet absolument pas en cause l'intérêt de la déduction obtenue dès aujourd'hui (sous réserve que le PER soit toujours adapté à votre situation).
Cet exemple est fourni à titre purement illustratif et simplifié. L'économie d'impôt réelle dépend de votre situation.
Lire aussi : Simulateur PER, calculez votre économie d’impôt
Avec des règles qui évoluent d'une loi de financement à l'autre, mieux vaut faire un point régulier sur votre stratégie patrimoniale plutôt qu'une décision prise dans l'urgence.
C'est précisément le rôle de nos conseillers Goodvest : vous aider à comprendre l'impact de la fiscalité sur votre situation afin d’ajuster, si besoin, votre allocation. Prenez rendez-vous avec un conseiller.
Investir comporte un risque de perte en capital. Ces informations ont une vocation informative et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé.
Questions fréquentes en Actualités
Qui est concerné par la hausse de la CSG ?
Toute personne détenant des placements financiers (CTO, PEA, PER, dividendes, plus-values) ou des revenus LMNP est concernée. Les salaires et les pensions de retraite ne sont, eux, pas touchés par cette réforme.
Comment la CSG est-elle calculée ?
La CSG s'applique en pourcentage sur le revenu brut (activité, remplacement) ou sur le gain net (placements, patrimoine), selon des taux qui varient par catégorie de revenu.
Comment les prélèvements sociaux sont-ils calculés ?
Les prélèvements sociaux regroupent trois contributions : la CSG (9,2 % ou 10,6 % selon le revenu), la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %), soit un total de 17,2 % ou 18,6 % selon les cas.
Est-ce que la CSG va augmenter pour les retraités ?
Non, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 n'augmente pas la CSG sur les pensions de retraite. Cette hausse ne concerne, pour le moment, que certains revenus du capital et placements.
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