PER vs PERCO : Comparatif détaillé ! (différences, fiscalité, déduction)

Depuis la loi Pacte de 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a conquis les français : plus de 11 millions de titulaires à la fin du 3ᵉ trimestre 2024, selon le Ministère de l’Economie (rapport du 18/02/2025) pour un encours total d’environ 118,9 milliards d’euros.

Parallèlement, les dispositifs d’épargne salariale d’entreprise, qui englobent les anciens PERCO et les nouveaux PER collectifs, représentent une part importante de l’épargne retraite : selon l’AFG, les encours de PERCO et PER collectifs atteignaient 34,1 milliards d’euros fin 2024, en croissance de près de 15 % en un an.
Tous les anciens dispositifs comme le PERP, le PERCO, le Madelin ou l’Article 83 sont désormais rejoints par la “nouvelle” enveloppe PER, ce qui permet de centraliser votre épargne retraite.
Dans cet article, nous allons comparer le PER et le PERCO. L’objectif est de vous fournir une vision claire pour décider, selon votre situation, s’il est plus avantageux de conserver un PERCO, de l’alimenter, ou de transférer vos fonds vers un PER.
PER vs PERCO : les principales différences
Avant d’aborder la fiscalité et les stratégies d’optimisation, retenez l’essentiel : le PER (PERIN) est un plan individuel, libre et ouvert à tous (sauf mineurs), permettant des versements déductibles du revenu imposable, avec une sortie en capital ou en rente.
Il permet également d’obtenir des avantages successoraux et une exonération d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) sur certains supports, conformément à l’article 972 du code général des impôts (CGI).
À l’inverse, le PERCO est un plan d’entreprise, réservé aux salariés, avec une alimentation possible via l’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur.
Voici un tableau récapitulatif des principales différences à retenir :
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PER vs PERCO en 2026 : définitions et fonctionnement
Avant d’entrer dans la fiscalité et les stratégies d’optimisation, commençons par comparer clairement la mécanique du PER et celle du PERCO.
Qu’est-ce que le PERCO ?
Le PERCO, ou Plan d’Épargne pour la Retraite Collectif, était le principal produit d’épargne retraite d’entreprise avant la loi Pacte.
Il n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais les détenteurs existants peuvent continuer à l’alimenter. Les sommes peuvent aussi être transférées vers un PER individuel (PERIN) ou un PER collectif (PERCOL).
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Le PERCO se finance par la participation, l’intéressement, l’abondement employeur et les versements volontaires du salarié.
L’abondement de l’entreprise est fiscalement intéressant : il peut aller jusqu’à 3 fois le versement du salarié, avec un plafond annuel de 7 689,60 € en 2026. Les fonds sont investis via des supports sécurisés ou en Fonds Communs de Placement en Entreprise (FCPE).
Qu’est-ce que le PER ? (PERIN, PERCOL, PERO)
Le PER a été créé par la loi Pacte du 22 mai 2019 pour remplacer le PERP, Madelin, Corem, Préfon et PERCO. Il se décline en trois formes : PERIN (individuel), PERCOL (collectif) et PERO (obligatoire).
Le PERIN est accessible à tous les majeurs et offre une grande flexibilité : la sortie peut se faire en capital à 100 %, en rente ou en sortie mixte, et l’épargne peut être utilisée notamment pour l’achat de la résidence principale.
Lire aussi : Comment et pourquoi faire un déblocage anticipé du PER ?
La gestion d’un PER peut être libre ou pilotée. En gestion libre, vous choisissez vous-même vos supports (fonds euros, ETF, obligations, actions) et gérez votre allocation selon vos convictions. Cela demande du temps et un suivi régulier pour ajuster votre portefeuille.
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Toujours dans la catégorie “PER”, le PERCOL succède au PERCO. Il est mis en place par l’entreprise et est généralement volontaire, mais l’adhésion peut être automatique avec possibilité de renonciation.
L’épargne provient de l’intéressement, de la participation, de l’abondement employeur et des versements volontaires. Contrairement au PERCO, certains versements sur le PERCOL peuvent être déductibles du revenu imposable.
Enfin, il existe le PERO qui est un plan obligatoire pour certaines catégories de salariés. Les cotisations sont principalement financées par l’employeur, parfois complétées par le salarié.
Fiscalité du PER vs PERCO : déduction, sortie, IFI
La fiscalité est bien différente entre un PER et un PERCO. Voici les règles applicables en 2026.
Fiscalité du PERCO
Les primes issues de la participation et de l’intéressement sont exonérées d’impôt sur le revenu lorsqu’elles sont investies dans le PERCO, conformément à l’article L3332-27 du Code du travail.
L’abondement employeur est exonéré d’IR dans la limite de 7 689,60 € en 2026 (16 % du PASS).
Concernant la sortie, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu lorsque le capital est converti en rente ou réinvesti dans un cadre retraite.
En cas de sortie en capital, le capital et les plus-values sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux (18,6 %) restent dus sur les gains. La rente, quant à elle, est taxée sous le régime des rentes viagères à titre onéreux, avec abattement de 30 à 70 % selon l’âge (art. 158.6 du CGI).
Fiscalité du PER (déductible ou non déductible)
Le PER permet au choix d’effectuer des versements déductibles ou non déductibles.
Lire aussi : Tout savoir sur fiscalité du PER : versement, rachats, sortie, succession
Lorsque vous optez pour la déduction fiscale, votre versement est retranché de votre revenu imposable dans la limite du plafond retraite (art. 163 quatervicies du CGI). Ainsi, pour un contribuable avec une TMI de 30 %, 41 % ou 45 %, l’économie d’impôt devient significative.
À savoir : Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles.
Si vous optez pour un versement déductible, le capital sera imposé en deux blocs distincts :
- La part correspondant aux versements déduits, soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu ;
- Les intérêts et plus-values, taxés au PFU (31,4 %) ou au barème progressif sur option.
En cas de sortie en rente, l’imposition suit le régime des pensions avec abattement de 10 % (article 158 du CGI).
Si vous réalisez un versement non déductible, l’avantage s’inverse :
- Le capital ressort totalement exonéré ;
- Seules les plus-values sont taxées au PFU.
La rente, elle, relève également du régime des pensions (abattement 10 %).
Le PER est donc un produit flexible et personnalisable (versements, montant, choix entre déductible ou non, type de sortie). Cette souplesse vous permet d’adapter votre stratégie à vos besoins tout au long de la vie du contrat.
IFI : avantage pour le PER
Le PER n'entre pas dans le champ de l'IFI pendant la phase d'épargne, car ses fonds ne sont pas censés être rachetables avant la retraite, et l'article 972 du CGI ne vise que les contrats rachetables.
Cette disposition, codifiée à l'article 972 du CGI, soumet à l'IFI les actifs immobiliers tels que les SCI, SCPI ou OPCI détenus dans votre PER dès lors que les conditions de rachat sont réunies.
Cependant, cette exonération dépend du type de PER et des actifs détenus.
Le PER assurantiel n’est assujetti à l’IFI que s’il est considéré comme rachetable. On considère un PER rachetable dans les situations suivantes :
- Vous atteignez l'âge légal de départ à la retraite, compris entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre année de naissance ;
- Vous avez liquidé vos droits dans un régime obligatoire d’assurance-vieillesse ;
- Vous êtes éligible à un déblocage anticipé pour motifs spécifiques (accidents de la vie, acquisition de la résidence principale).
Même sans demande de retrait, les actifs immobiliers inclus dans le PER doivent être déclarés si l’événement permettant un rachat existe.
Pour un PER bancaire (ou PER compte-titre), le concept de rachetable ou non n’a pas d’impact sur l’IFI. Si le contrat contient des actifs immobiliers, ils sont généralement intégrés à l’assiette de l’IFI.
Néanmoins, l’administration fiscale autorise certaines exemptions partielles pour des organismes de placement collectif lorsque les conditions suivantes sont respectées :
- Vous détenez moins de 10 % des droits dans l’organisme, seul ou avec votre foyer fiscal ;
- Moins de 20 % des actifs de l’organisme sont immobiliers ;
- L’organisme est explicitement mentionné par l’article 972 bis du CGI.
Enfin, le PERCO n’a aucune exonération spécifique. Les supports immobiliers détenus dans le plan restent intégrés dans l’assiette IFI.
Peut-on cumuler PER et PERCO ?
Oui, le cumul est parfaitement autorisé. Dans ce schéma, le PERCO continue d’être alimenté par la participation, l’intéressement et l’abondement de l’employeur, tandis que le PER individuel (PERIN) permet d’effectuer des versements déductibles du revenu imposable.
Lire aussi : Comment capitaliser pour sa retraite ?
Conclusion : faut-il préférer le PER au PERCO ?
Transférer votre PERCO vers un PER vous offre plusieurs avantages : sur le plan fiscal, le PER permet de déduire de vos revenus les versements volontaires et d’optimiser votre transmission (non intégré à l’actif successoral), contrairement au PERCO.
De plus, le nombre de supports (unités de compte) est généralement plus important dans le PER Individuel, notamment avec des fonds euros, ETF et fonds clean shares.
Lire aussi : Transfert PERCO vers PER : Quels avantages ?
Modalités de transfert
Le transfert dépend des conditions de votre employeur mais il est généralement gratuit après 5 ans, avec des frais pouvant atteindre 1 % avant cette échéance. Les délais varient de 4 à 12 semaines, selon la complexité du compte.
Le transfert du PERCO vers le deuxième compartiment du PER n’est possible que dans le cadre d’une mobilité professionnelle, telle qu’une démission, un licenciement ou la fin de votre contrat de travail.
Contenu à vocation informative et pédagogique. Ceci ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.
Questions fréquentes en Plan Épargne Retraites
Quelle différence entre PER et PERCO ?
Le PER est un plan individuel flexible et déductible, tandis que le PERCO est un produit d’entreprise réservé aux salariés, souvent alimenté par intéressement et abondement.
Pourquoi transformer un PERCO en PER ?
Pour bénéficier d’une plus grande flexibilité, de la déduction fiscale sur les versements, de l’avantage successoral, et d’un choix plus large de supports d’investissement (UC).
Quelle rente pour un PER avec 100 000 euros ?
Cela dépend de votre âge à la liquidation et du tarif de conversion de votre assureur, qui repose sur les tables de mortalité. À titre indicatif, 100 000 € convertis à 60 ans produisent généralement une rente sensiblement inférieure à celle obtenue à 70 ans. Demandez une simulation à votre assureur.
Est-ce que le PERCO est déductible des impôts ?
Non, les versements du PERCO ne sont pas déductibles de votre revenu. Néanmoins, les abondements et l’intéressement ne sont pas imposables.
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